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Test des ATH-ANC7, ATH-M50 et ATH-M50x d'Audio-Technica

Les casques audio fleurissent sur le marché : il y a en pour tous les goûts et toutes les bourses. Audio Technica nous propose deux nouveautés plutôt haut de gamme, un casque studio et un casque à atténuation de bruit. Est-ce qu'on casque pour un bon investissement ?

Mise à jour du 23/07/14 : nous avons essayé le ATH-M50x !

 

Nous avons reçu la mise à jour du ATH-M50, à savoir le ATH-M50x, qui reste identique à son ancêtre côté son et look. La seule différence se situe au niveau du câble, et c’est une très bonne nouvelle. En effet, il est désormais détachable, et Audio-Technica a même le bon goût d'en fournir trois différents ! Le premier est torsadé et fait 1,2 mètre (extensible jusqu’à 3 mètres), le deuxième fait 3 mètres, mais reste droit et le dernier, parfait pour les nomades, est droit et ne fait que 1,2 mètre. Il y en a donc pour tous les goûts, autant en ballades qu’en home-studio. Un grand bravo à Audio-Technica qui corrige ainsi le seul véritable défaut du casque qui devient un incontournable.

Les casques audio fleurissent sur le marché : il y a en pour tous les goûts et toutes les bourses. Audio Technica nous propose deux nouveautés plutôt haut de gamme, un casque studio et un casque à atténuation de bruit. Est-ce qu'on casque pour un bon investissement ?

ATH-M50 : casque de studio

M50

À la prise de contact, la première chose qui frappe est la qualité de fabrication qui se dégage. Le casque pèse un certain poids et respire la qualité au toucher. Chaque pièce est très propre avec des assemblages parfaits. Les quelques puits de vis, placés à l'intérieur de l'arceau, sont plus que discrets. Bref, une belle pièce.

Côté mousses et coussinets, ceux des écouteurs sont plutôt moelleux tandis que celui de l'arceau est nettement plus ferme. Ils sont recouverts d'un tissu synthétique agréable au toucher. Ajoutons que les écouteurs pivotent latéralement et verticalement à 180 ° ce qui promet non seulement un bon appui sur toute forme de tête, mais également une utilisation type DJ en plaquant le casque sur une seule oreille.

Les côtés gauche et droit sont clairement identifiés par un L et un R très visibles, sérigraphiés en noir sur des pièces plastiques à l'aspect chromé (lui aussi très réussi). Pratique pour ceux qui n'ont pas l'habitude de la convention voulant que le câble du casque soit toujours à l'oreille gauche.

Câble et confort

À propos du câble, justement, on peut regretter que celui-ci ne soit pas détachable. On sait que le câble, souvent soumis à des tractions inopportunes, est la plupart du temps le point faible d'un casque et la première pièce qui lâche, la principale cause de panne. La sortie du câble de l'écouteur semble cependant particulièrement solide, propre à supporter sans broncher les mauvais traitements.

Ecouteurs

Le câble est droit sur une longueur de 80 cm et ensuite enroulé de type téléphone sur 35 cm. Cette section semble pouvoir s'étirer jusqu'à au moins 1,80 m sans générer de traction sur les prises. Certains n'aiment pas les câbles téléphone, entre autres à cause du poids, mais aussi parce qu'avec l'âge, ils ont une fâcheuse tendance à dégénérer en sac de nœuds. Pour d'autres, c'est la solution idéale puisqu'elle permet de disposer d'un câble à longueur variable et protège en plus les prises des tractions impromptues par son effet ressort. Sans compter qu'on risque moins de s'emmêler dedans que dans un câble droit plus long. Question de goût, donc. Ici, il faut préciser que le poids du câble reste raisonnable d'autant plus qu'il porte essentiellement côté jack et non sur le casque. Par ailleurs, la torsade a une élasticité parfaite et la qualité du câble semble à même d'éviter le risque de transformation en sac de nœuds avant bien des années. Ce qui ne pourra évidemment se vérifier que dans le temps. Terminons ce tour avec la prise jack. Quoi ? Pas de minijack ? Si. Comme toujours, c'est en dévissant la partie jack 6,35 qu'on accède à celui-ci. Mais là, on a une belle pièce dont la forme laisse penser à une simple prise gros jack. Très esthétique. Les connecteurs sont plaqués or et la sortie de câble est entourée d'un ressort, le tout respirant la solidité.

À l'enfilage, le casque s'avère facile à régler. Le coussinet supérieur est un peu ferme et on sent le poids du casque peser légèrement, mais peser tout de même sur le haut du crâne (enfin, sur le mien en tout cas), laissant craindre pour le confort en utilisation longue durée. Côté coussins d'oreilles, la première impression n'est pas non plus exceptionnelle. Pourtant, après deux heures d'affilée d'écoute de musique, aucune gêne n'apparaît. Comme toujours avec les casques fermés, il faut de temps en temps l'écarter un instant des oreilles pour permettre à celles-ci de respirer, mais ce casque, s'il ne risque pas de s'oublier, s'avère très confortable en utilisation prolongée. De plus, avec le temps, les mousses se tasseront légèrement et s'adapteront encore mieux à la morphologie de l'utilisateur. Par ailleurs, la tenue sur la tête est excellente, le rendant opportun pour un musicien ayant tendance à pas mal bouger en jouant.

Côté fabrication et ergonomie, ce casque fait donc un sans-faute et justifie largement son prix.

Côté son

Le test a porté en premier lieu sur une utilisation studio, lors de prises de son, de contrôles de pistes brutes et un peu de mixage (en complément et contrôle évidemment des enceintes de monitoring). Puis différents disques ont été écoutés pour affiner les impressions.

Ecouteurs

Dans les casques d'une certaine hauteur de gamme, les qualités sonores sont plus ou moins équivalentes et l'ATH-M50 rentre dans cette catégorie comme le laissait présager sa qualité de fabrication. L'ensemble du spectre est bien détaillé et on ne rencontre d'agressivité dans aucune plage de fréquences. Après, on entre dans des considérations de goût par rapport à un style de son. Certains aimeront avoir des basses très présentes, d'autres plus en retrait. Certains apprécieront des aigus très cristallins là où d'autres les préfèrent plus moelleux.

L'ATH-M50 ne se situe dans aucune de ces catégories. Il présente un son plutôt plat (neutre). Les basses sont un peu flatteuses, sans excès (loin d'un K240 Studio par exemple) et les aigus biens définis. Les voix sortent clairement et précisément, de même que les réverbes. Sur une écoute du Sacre du Printemps par le Philharmonique de Berlin, la merveilleuse acoustique et la réverbe naturelle et discrète de la Berliner Philharmonie sont parfaitement audibles. Côté médiums, l'ATH-M50 présente un paradoxe : certains sont parfaitement définis tandis que d'autres sont étrangement brouillons. Ainsi, toujours sur l'enregistrement du Philharmonique du Berlin, les timbres des cuivres et bois sont vraiment très beaux et respectés (comme pour tous les autres instruments de l'orchestre) tandis que les violons sont plus brouillons. La plupart des productions récentes ressortent extrêmement bien sur ce casque alors que l'écoute de rock 60's assez chargé en médiums se montre plus médiocre et assez fouillis. Enfin, l'ATH-M50 se montre particulièrement efficace côté dynamique : les transitoires sont bien rendues, l'amplitude dynamique est importante et il est très agréable et détaillé sur toutes les percussions.

D'une façon générale, le casque offre un très bon niveau de détail et de fidélité pour son prix. Ajoutons qu'il dispose d'une assez bonne puissance de sortie.

Isolation et conclusion

Détail de finition

De ce côté, l'ATH-M50 semble plutôt dans la moyenne, peut-être légèrement en dessous, en tout cas sans musique. Ceci s'avère plutôt agréable au final, car on n’a pas cette impression de "coupé du monde" dès qu'on le chausse. En revanche, dès qu'on appuie sur play, on est bien immergé dans le son, comme on peut l'attendre d'un casque fermé. Or, si le son entre, il sort également. Lorsqu'on positionne le casque sur la tête d'un artiste pour un enregistrement, pour peu que le volume d'écoute demandé soit un peu élevé, on a un risque de repisse du playback dans le ou les micros utilisés pour l'enregistrement.

A sont prix public (130 € HT soit 155,48 € TTC), le ATH-M50 est un très bon deal. Sa belle qualité de fabrication, l'intelligence de sa conception, sa qualité sonore et sa neutralité en font un bon casque qu'on préférera toutefois dédier à la control room qu'à la cabine d'enregistrement à cause de son isolation légèrement en retrait. Kravatorf, de passage à la maison, l'a préféré au HD280 Pro de Sennheiser, mais lui préfère son Sony MDR7509 (au tarif nettement plus élevé). Ce casque testé neuf devrait de plus s'améliorer après un certain rodage. Un choix à recommander, donc.

ATM-ANC7 : Casque à réduction de bruit

Ce casque n'est pas à priori destiné à une utilisation studio ou musicien, mais à l'écoute de musique dans des environnements bruyants. Le principe ? Annuler une partie du bruit ambiant pour permettre une écoute de la musique dans les meilleures conditions possible. Comment cela fonctionne-t-il ? Pour lutter contre un bruit, il y a trois solutions : isoler acoustiquement, émettre un bruit plus fort et annuler le bruit par opposition de phase. L'ATM-ANC7 cumule les trois méthodes.

Opposition de phase : qu'est-ce que c'est ?

Le son est une onde qui se propage dans l'air. On peut le simplifier en le représentant par des sinusoïdes. Si deux sources émettant un même son ont la même phase, les sons s'ajoutent. Si elles sont en opposition de phase, les signaux s'annulent et produisent... du silence. Comme on le voit sur le diagramme, les signaux A et B sont exactement opposés. Quel que soit le point de temps que vous prenez, si vous additionnez les deux, vous obtenez une valeur = 0.

Prenez deux haut-parleurs correctement branchés : vous les faites émettre tous les deux le même son. Les haut-parleurs vibrent et ainsi poussent et "tirent" l'air ambiant, ce qui crée et transporte le son. Mais si vous inversez les branchements d'un des deux haut-parleurs en mettant le ‘plus’ sur le ‘moins’ et vice versa, l'un des deux va pousser pendant que l'autre va tirer. Résultat ? Une annulation de la vibration de l'air, donc du son. Dans la réalité, les choses ne se passent pas si simplement. Le son émis par des haut-parleurs est rarement une simple sinusoïde et même deux haut-parleurs identiques ne produiront pas exactement les mêmes réactions. De plus, le son ne se propage pas en ligne droite, mais en arcs de cercle et les ondes sonores vont rebondir sur les murs de la pièce. Les deux signaux ne seront donc pas partout en opposition de phase. Par contre, si vous écoutez de la musique sur des enceintes en opposition de phase, vous ressentirez des "trous" dans certaines fréquences et il peut arriver que vous obteniez, à certains endroits de votre pièce, un quasi-silence.

Opposition de phase

On voit donc que l'opposition de phase peut servir à "annuler" du son. Cette technique a fait du bruit (oui, oui, je sais...) dans l'industrie automobile il y a quelques années : les constructeurs y voyaient un moyen de diminuer considérablement le bruit des moteurs. Hélas, sa mise en oeuvre n'est pas évidente dans une voiture qui fait caisse de résonance et où les bruits du moteur ne sont pas émis par une source ponctuelle, mais une vaste zone et transmis par vibrations à tout le véhicule. J'ignore si les études se poursuivent.

Mais le problème posé par les dimensions d'une voiture ne l’est plus au niveau d'un casque qui constitue une source ponctuelle au niveau de chaque oreille.

C'est donc sur ce principe que fonctionne l'ATH-ANC7. Celui-ci comporte une électronique intégrée. Chaque oreillette du casque est munie d'un micro qui capte le son ambiant et le restitue dans le casque en inversant la phase. Théoriquement, cela annule le bruit ambiant. Totalement ? Non. Car le corps humain comporte d'autres capteurs du bruit externe que le pavillon de l'oreille : entre autres les os du crâne qui sont mis en vibration. Mais Audio-Technica annonce tout de même jusqu'à 85 % d'annulation du bruit. Pas si mal. Pour le vérifier, il aurait fallu de complexes systèmes de mesures, mais quel intérêt ? Voyons plutôt l'efficacité à l'usage.

En condition

Diode

Le casque a été testé dans plusieurs conditions : marche en ville, trajet en métro et voyages en fourgon. Ce dernier est un Peugeot Boxer Diesel un peu ancien qui est très bruyant au-delà de 110 km/h. Un bruit peu gênant sur courtes distances, mais épuisant lors de longs trajets. Dans tous ces cas, le casque s'est montré plutôt efficace. En ville, il l'est même trop : l'isolation extrême des bruits ambiants représente un danger certain pour le piéton. C'est donc à éviter. D'autant que des casques bien moins coûteux pourront procurer de meilleures qualités sonores. Dans les environnements vraiment bruyants comme le métro ou mon vieux fourgon, le résultat est vraiment merveilleux. Le bruit ambiant est fortement atténué permettant d'écouter la musique à un niveau raisonnable. Le casque possède déjà une excellente isolation par rapport à sa taille. Dès qu'on le met, les bruits ambiants sont déjà pas mal atténués. Mais dès qu'on l'allume, on sent toute de suite le phénomène d'opposition de phase.

Le casque peut être utilisé en passif (non allumé) pour économiser la pile dans un environnement calme, mais le son est alors assez moyen, comme étouffé. La pile qui est une AAA (LR03) et assure une trentaine d'heures d'autonomie.

Dès qu'on allume le casque, le monde change ! Les bruits ambiants sont considérablement réduits (s'ils sont forts) et disparaissent presque totalement (s'ils sont faibles). Le volume sonore de la musique augmente considérablement et le son devient infiniment meilleur. En écoute dans un environnement calme, celui-ci présente alors une très bonne qualité. Tout de même moins précis que l'ATH-M50. Les basses sont bien présentes, mais les médiums sont un peu moins bien définis et les aigus peuvent devenir un peu agressifs. Tout ceci est à relativiser et l'ATH-ANC7 offre une très bonne qualité pour écouter de la musique, même si celle-ci n'est pas tout en fait en rapport avec son prix.

En condition, suite

Par contre, les choses changent lorsqu'on passe dans un environnement bruyant. On voit bien que c'est exactement là que le casque s'exprime au mieux et que ses concepteurs ont bien réussi leur contrat. Sachant qu'un bruit résiduel reste perceptible, les aigus qui pouvaient auparavant sembler agressifs deviennent simplement clairs et présents. Évidemment, ce casque ne transformera pas un train de banlieue, un métro, la cabine d'un vieux fourgon ou d'un avion en auditorium. Par exemple, le bruit résiduel va forcément masquer plus ou moins certaines fréquences, surtout dans le grave. J'ai noté aussi dans certains cas de légers et faibles grésillements dans l'écouteur droit. Ceux-ci ont été entendus dans des silences entre morceaux ou avec une musique à très bas volume avec le moteur de mon fourgon à bas régime (conflit du système d'opposition de phase avec certaines fréquences ?). Ces grésillements disparaissent totalement dès qu'on monte un peu le son.

Trappe ouverte

Mais l'ATH-ANC7 permet vraiment d'écouter de la musique avec des conditions de qualité et de conforts inespérées et exceptionnelles dans une ambiance sonore très bruyante. Ajoutons que la qualité de fabrication du casque est aussi propre que celle de l'ATH-M50 et que le confort est vraiment très bon. Le casque est livré avec de nombreux d'accessoires dont une housse semi-rigide de transport à même de protéger son investissement dans les voyages et outre la prise mini jack et 6,35 mm, un adaptateur pour les prises audio spéciales des avions. Le câble droit de 1m60 est détachable et le casque est un peu plus petit qu'un casque de studio, plutôt dans les dimensions d'un casque hi-fi, mais un peu plus lourd compte tenu de l'électronique embarquée.

La question d'une éventuelle utilisation studio s'est posée. Avec un casque à annulation de bruit, on peut espérer isoler le bruit d'un instrument pour effectuer un placement de micro en n'entendant que le monitoring. Hélas, cela ne fonctionne pas complètement : on l'a dit, le pavillon de l'oreille n'est pas le seul récepteur sonore du corps. Face à une batterie ou un ampli basse, du son passe toujours. De plus, on peut se poser la question de la résultante du mélange du son monitoré et de la source (quasi identique) envoyée en opposition de phase. Le son monitoré est parfaitement audible, mais les essais effectués laissent pour l'instant trop de doutes quant à la fidélité pour accorder sa pleine confiance à ce système en studio.

Conclusion

Les deux casques

 

Compte tenu de son tarif (199 € TTC), l'achat de l'ATH-ANC7 mérite réflexion. Il s'avère par contre un excellent investissement pour ceux qui sont souvent confrontés à des environnements bruyants. Car outre le fait qu'il permet d'écouter de la musique dans d'excellentes conditions pour ces milieux, l'efficacité de l'atténuation de bruit représente une véritable protection pour les oreilles et diminue considérablement la fatigue. On peut même se demander si ce casque ne peut avantageusement remplacer les casques de sécurité pour les gens travaillant en environnement bruyant. Avec en plus le plaisir de pouvoir écouter de la musique en bénéficiant d'un très bon son.