On en a UAC ?

Test de la Zoom UAC-8

Nous testions il y a un peu plus de six mois la première interface audio Thunderbolt de la marque japonaise Zoom, la TAC-2, qui à défaut d’être parfaite pouvait se targuer d’être la moins chère du marché. Depuis, le catalogue s’est étoffé, avec une version dotée de 8 préamplis en Thunderbolt, mais aussi en USB 3. C’est cette dernière qui nous intéresse aujourd’hui.

Ce test est donc doublement intéressant. Il va nous permettre de vérifier si les versions 8 préamplis ont les mêmes performances audio que la TAC-2 que nous avons déjà testée précédemment, et de pouvoir comparer aussi la latence de la version USB 3 par rapport au Thunderbolt.

Un rack de plus ?

Exit le format desktop de la TAC-2, l’UAC-8 se présente sous forme de rack 1 U. Car c’est bien joli tout ça, mais il faut les caser les 18 entrées et 20 sorties !

Sur la face avant de l’appareil, on aperçoit les huit entrées analogiques dotées de prises combo XLR/Jack TRS, pour les niveaux micro ou ligne. Elles disposent de potards de gain non crantés, et les deux premières entrées proposent un mode Hi-Z afin de brancher directement sa guitare ou basse. Les alimentation fantôme s’activent par groupe de 4 entrées (1-4 et 5-8), et sur la droite du rack sont regroupées les trois potards de volume : un gros pour les enceintes et deux petits pour les deux sorties casque indépendantes. On termine avec une série de 4 LEDs affichant la source de l’horloge (ADAT, S/PDIF, Word Clock ou interne).

 

À l’arrière, on retrouve les 10 sorties analogiques au format Jack TRS (8 plus une paire pour les enceintes), l’entrée/sortie ADAT au format TOSlink, l’entrée/sortie Word Clock au format BNC, l’entrée/sortie MIDI au format DIN 5 broches, et enfin l’entrée/sortie S/PDIF au format coaxial. On termine avec le connecteur USB 3 (le câble est livré, contrairement au modèle Thunderbolt), la prise pour l’adaptateur secteur et un petit switch permettant d’activer ou non le mode Class Compliant pour notamment une compatibilité iOS. Petit bémol : le switch de mise sous tension est à l’arrière. Super pratique une fois que l’UAC-8 est rackée….

Globalement, L’UAC-8 fait plutôt bonne impression, avec des potards offrant une bonne résistance, un gros potard de volume pratique et toutes les entrées disponibles à l’avant. Mais quelle idée d’aller mettre un switch à l’arrière sur un rack… Autant ne pas en mettre du tout.

UAC Slater

 

À l’instar de la TAC-2, il a deux petits bouts de logiciel à installer : le driver et le MixEfx. La console virtuelle ressemble d’ailleurs beaucoup à celle de la TAC-2, même si forcément, elle demeure plus complète. De base, elle affiche les huit entrées analogiques, avec le gain (avec des pas de 1 dB, réglable aussi dans l’interface, et donc contrôlé numériquement) disposant d’un mode de réglage automatique (le même que sur la TAC-2, avec le max réglé sur 0, -6 ou -12 dB), d’un inverseur de phase, d’un coupe-bas (80 Hz), et d’un éventuel mode Hi-Z haute impédance pour les entrées 1 et 2. On retrouve aussi un potard d’envoi vers la section d’effet (trois types de réverbe et un écho), un potard de panoramique, un mute, un solo et un fader linéaire. En bas de l’interface, on dispose des différents mix pour les sorties analogiques 1 à 8 et le casque sous forme d’onglet. On pourra donc faire un mixage différent pour chaque sortie physique, mais il faudra savoir que la sortie casque 1 aura forcément le même mixage que la sortie principale (reliée à vos enceintes). On choisira ensuite simplement quel mix envoyer vers la sortie casque 2 en cliquant sur le petit bouton idoine situé sur chaque onglet. C’est assez simple et bien vu.

Les entrées numériques pourront aussi être affichées (elles sont masquées par défaut) et le retour STAN dispose de sa tranche, avec un inverseur de phase, un envoi vers les effets ou encore un mode loop back (pour enregistrer ce qui sort de la console virtuelle, avec les traitements internes).

À noter qu’il sera simple de copier un mix vers un autre, ou encore de sauver la configuration vers un des trois emplacements disponibles. Pourquoi pas plus ? Nous ne savons pas. C’est dommage, car sauver vers un fichier permet d’avoir une multitude de configurations et de les renommer comme bon nous semble. Ici, il va falloir se souvenir à quoi correspondent les sauvegardes 1, 2 et 3…

L’interface de la console est donc plutôt bien faite dans l'ensemble et complète. Reste à voir les performances audio.

 

USB 3 ou Thunderbolt ?

Zoom propose deux interfaces jumelles dans leur catalogue, l’UAC-8, que nous testons ici, et la TAC-8 se démarquant par la présence d’un port Thunderbolt en lieu et place du port USB 3. Mais laquelle choisir ? Si vous êtes windowsien, vous devrez vous tourner obligatoirement vers la version USB, la version Thunderbolt étant seulement compatible Mac. Si vous avez un Mac, la tentation sera grande de prendre la version Thunderbolt qui offre une latence plus faible. Il faudra cependant prendre en compte le fait que la version Thunderbolt n’inclut pas de câble (et ça coûte cher, de 30 à 50 € suivant la longueur) et que votre Mac dispose généralement de plus de port USB que de Thunderbolt. La TAC-8 ne proposant qu’un seul port, il sera impossible de la chainer avec quoi que ce soit. Donc si votre Mac n’a qu’un seul port Thunderbolt, cela mérite réflexion.

 

Benchmark

Après avoir branché l’UAC-8 sur notre MacBook, nous avons réglé la mémoire tampon au minimum (32 échantillons), nous avons obtenu une latence d’entrée de 1,56 ms et une latence de sortie de 1,23 ms (en 96 kHz). Ces résultats se situent entre celles observées sur les dernières interfaces Thunderbolt testées (sous la barre des 1 ms) et les dernières USB 2 (plutôt entre 2 et 3 ms). Pour rappel, sur la TAC-2, nous avons obtenu 1,45 ms en entrée et 0,73 ms en sortie (en 44,1 kHz), il y a donc une différence notable entre la version Thunderbolt et USB 3, même si cette dernière est loin d’être ridicule, surtout face aux USB 2.

Afin de tester l’interface, nous avons fait des benchmarks avec notre APx515 d’Audio Precision, et nous allons pouvoir comparer les résultats à ceux obtenus avec les interfaces précédemment testées.

Voici les résultats avec les niveaux lignes, en 96 kHz :

Avec une déviation de ±0,574 dB, on reste sur quelque chose d’équivalent à la TAC-2 (±0,513 dB), avec la même bosse à 450 Hz (0,5 dB). Le résultat est du niveau des interfaces d’entrée de gamme (Steinberg UR22 : ±0,496 dB), c’est à dire pas fou-fou. Pour comparaison, les meilleures interfaces avoisinent les ±0,03/0,05 dB.

Si la distorsion était plutôt faible sur la TAC-2, elle reste plus élevée ici, avec un point culminant à 0,04 % dans le haut du spectre. Pour comparaison, une interface haut de gamme avoisine les 0,001 %. Le résultat reste honnête, mais ne crève pas le plafond, tout comme l’Audient iD14 testée récemment.

Avec le gain réglé sur 34 dB, la déviation en prend encore un coup, avec ±0,896 dB, ce qui est notamment dû à la belle atténuation dans le bas du spectre (-0,7 dB à 30 Hz). C’est à peu près équivalent au résultat obtenu avec la TAC-2. Pas fameux. La T4 de Resident Audio fait mieux (±0,186 dB), les C600 (±0,260 dB) et UR22 (±0,289 dB) aussi, pourtant située en entrée de gamme.

Tout comme les entrées ligne, les entrées micro ont pas mal de distorsion, allant jusqu’à 0,1 % à 15 kHz, ce qui est vraiment élevé. Dommage.

Si les préamplis proposent un gain allant jusqu’à 60 dB, ils ne sont pas très silencieux et offrent, avec le gain à 34 dB, un rapport signal/bruit de 90 dB. C’est aussi un résultat à la hauteur des interfaces d’entrée de gamme comme les UR22 et C600 (autour de 89 dB).

L’UAC-8 ne brille donc pas par ses performances audio, que ce soit au niveau de la déviation que de la distorsion. Les préamplis offrent une belle plage de gain, mais restent assez bruyants. On aurait pu s’attendre à un peu mieux vu le prix de la bête (700 € environ).

Conclusion

La Zoom UAC-8 est assez prometteuse sur le papier, avec ses 8 préamplis, sa compatibilité Windows/Mac/Linux/iOS/Android et ses traitements intégrés. L’interface jouit en plus d’une faible latence et dispose d’une console virtuelle simple, pratique et complète. On regrette que le switch de mise sous tension soit placé à l’arrière du rack (ce n’est pas sérieux !) et que les performances audio soient un peu décevantes pour une interface, certes USB 3, mais vendue quand même 700 € en magasin

 Téléchargez les rapports complets des benchmarks : niveau ligne et niveau micro

Notre avis :

Points forts

  • Look sympa
  • Simple et pratique à utiliser
  • Compatible Windows/Mac
  • Class compliant
  • Latence faible
  • 60 dB de gain sur les entrées micro
  • Gros potard de volume
  • Traitements intégrés

Points faibles

  • Performances audio très « entrée de gamme »
  • Plus chère qu’une interface USB 2 équivalente
  • Switch de mise sous tension à l’arrière