Automation - Trucs et astuces

Le guide du mixage — 114e partie

Dans l’épisode précédent, nous avons vu comment nous pouvions, en théorie, exploiter nos instincts ancestraux pour maintenir l’attention de l’auditeur tout au long d’un titre, aussi basique soit-il. Cette semaine, je vous propose de voir quelques astuces qui permettent de mettre en pratique cette jolie théorie.

Usual Suspects

Commençons par les éléments vedettes de votre mix. Qu’ils s’agissent de voix et/ou d’instruments, il est important de comprendre qu’en règle générale, il ne peut y avoir au maximum que trois éléments au-devant de votre scène sonore en même temps, sous peine de brouiller votre propos. Ces éléments se répartissent l’espace stéréo de façon basique : droite, centre, gauche. Notez bien ceci : trois éléments maximum en même temps. Cela ne veut donc pas dire qu’il ne peut y en avoir plus sur toute la longueur du titre, ou qu’il ne peut y en avoir moins au même moment.

Cependant, si le morceau présente plus de trois éléments « stars », il conviendra de mettre en place un jeu de chaises musicales de façon à ce qu’il n’y en ait que trois maximum au même instant. Et pour gérer le passement de relais d’un instrument à l’autre, l’automation est bien sûr un outil de choix. Volumes, panoramiques, mutes, EQs, réverbes, etc. serviront à orchestrer ce jeu de chaises musicales qui contribuera grandement à conserver l’attention de l’auditeur puisqu’ils engendreront, de fait, du mouvement.

Automation Faders

À l’inverse, lorsqu’il n’y a qu’un ou deux éléments vedettes, impossible de compter sur la stratégie des chaises musicales pour maintenir l’intérêt du public. Heureusement, il existe d’autres subterfuges tout aussi efficaces. Par exemple, les variations de réverbération et/ou delay d’une section du morceau à l’autre sont diablement efficaces pour suggérer, de façon subtile ou non, une sensation de vie/changement/mouvement (rayer la mention inutile…). Autre parangon du genre, le jeu avec les panoramiques des bus d’effets, toujours d’une section à l’autre. Il est évident que l’élément star est indéboulonnable du centre de l’espace stéréo, mais ce n’est pas le cas des bus d’effets lui étant dédiés. Ainsi, il est tout à fait envisageable de caler par exemple son delay d’un côté du champ stéréo sur un couplet et de faire l’inverse sur un autre passage. Cette astuce ajoutant une sensation de vie est particulièrement prisée par certains producteurs/ingénieurs du son tel que Nigel Godrich, pour ne citer que lui.

Dernier exemple de technique reposant sur notre animalité auditive et facilement applicable aux acteurs principaux de votre film musical : l’emploi d’effets ponctuels. Un delay, une réverbération, un chorus, une distorsion, ou tout autre effet du genre suffisamment marqué et employé sur un seul mot ou une seule note judicieusement choisis attirera forcément l’oreille. Attention toutefois, afin d’exploiter la chose à son maximum, il faut absolument que cet usage soit ponctuel puisque cette astuce repose avant toute chose sur la sensation de surprise pour accrocher l’auditoire.

La prochaine fois, nous verrons comment jouer avec les éléments constituant le « décor » de votre mix afin de les rendre plus attrayants via l’automation.