Comment apprendre à mixer ? (3e partie)

Le guide du mixage — 142e partie

Dernière partie de notre chapitre consacré à l’apprentissage. Certains d’entre vous trouveront peut-être que le thème du jour est un bel hommage à monsieur de La Palice, mais je m’en serais voulu de faire l’impasse tant cette notion est une pierre angulaire de la pédagogie…

À moins de tomber sur un fan de Radiohead ou une personne particulièrement contrariante, tout le monde répondra à cette question du tac au tac sans même réfléchir : 2 + 2 = 4. Cette évidence tient du réflexe, au même titre que le fait de respirer, sauf qu’il s’agit là d’un automatisme acquis et non pas d’un mécanisme inné. Vous n’êtes pas venu au monde en sachant que deux plus deux font quatre, vous l’avez appris, et cet apprentissage a été fait de façon à ce que cette association soit aujourd’hui instinctive. Ne serait-ce pas magnifique si vous pouviez rendre le processus de mixage aussi naturel que cela ? Eh bien figurez-vous que c’est possible, ce n’est même pas si compliqué que ça, à condition d’être un minimum patient et rigoureux…

Comment avez-vous appris que deux plus deux faisaient quatre ? Il y a de fortes chances pour que vous ne vous en souveniez même pas tant cela remonte ! Mais pensez-vous que vous avez seulement passé une matinée complète dessus en primaire pour enchainer directement sur la suite ? Et vous souvenez-vous aussi facilement de la primitive de 1/x que vous avez certainement dû voir lors de la préparation du Bac ? Bien sûr que non. Que pouvons-nous en conclure ? Tout simplement que pour retenir quelque chose sur la durée au point que cela devienne un réflexe, le bachotage n’est clairement pas une méthode à privilégier. Plutôt que de passer plusieurs heures d’un trait sur un sujet, mieux vaut répartir son effort dans le temps en répétant le travail à chaque fois. Pour prendre un exemple concret dans le cadre du mixage, au lieu de brûler cinq heures d’une journée à apprendre le fonctionnement d’un compresseur, préférez distribuer la charge en ne faisant qu’une session d’apprentissage d’une demi-heure pendant dix jours. Cette façon de procéder est effectivement plus longue et il est parfois difficile de s’y tenir, d’où la patience et la rigueur dont je parlais plus haut, mais à la longue, je vous assure que c’est on ne peut plus payant !

BIg

Afin d’enfoncer un peu plus le clou, laissez-moi terminer avec une métaphore qu’un ami féru de neurosciences m’a contée récemment. Le cerveau est en quelque sorte comme un champ de hautes herbes. Lorsque nous apprenons quelque chose, cette idée fait son chemin dans ce champ et couche l’herbe sur son passage. Mais avec le temps, les herbes se relèvent toujours… Quand bien même aurions-nous piétiné avec force pendant des heures lors de l’unique traversée, le chemin finira par disparaître. Alors que si nous arpentons régulièrement ce chemin, ne serait-ce qu’une seule fois par jour pendant à peine quelques minutes, non seulement les herbes n’ont plus l’occasion de remonter, mais à force, le chemin tracé deviendra plus large, donc plus facilement praticable, et les herbes finiront par tout bonnement disparaître. En bref, répétitions et régularité sont les clefs, en matière d’apprentissage du mixage comme ailleurs !

Sur ce, rendez-vous au prochain épisode !