Comment utiliser les simulateurs de bande/console ?

Le guide du mixage — 97e partie

Comme promis, cette semaine nous allons voir comment utiliser au mieux les plug-ins simulant des enregistreurs à bande et des consoles analogiques.

C'est une question récurrente sur la toile : dans quel ordre doit-on utiliser les plug-ins de ce type ? La réponse à cette question n'est pourtant pas très compliquée si l'on prend la peine d'analyser un peu la situation. Que cherche-t-on à faire avec ces outils ? Reproduire la chaîne de traitement du signal qui était la norme avant l'avènement du tout numérique, non ? Du coup, il suffit de répliquer cette chaîne à l'identique. En situation de mixage, cette dernière se résumait aux enregistrements provenant d'un magnéto multipiste dont chacune des pistes était envoyée dans une tranche de la console. Là, il y avait égalisation et/ou compression via les modules internes ou externes à la console, envoi éventuel vers les bus auxiliaires, puis sommation du tout via le bus master qui nourrissait l'enregistreur à bande stéréo chargé de recueillir le rendu final.

Moralité, en suivant ce raisonnement, la chaîne de traitement virtuelle devrait être comme suit :

  • Simulation d'enregistreur à bande multipiste en premier insert de chaque piste 
  • Émulation d'une tranche de console analogique placée juste après 
  • Vos traitements habituels (EQ, compresseur, etc. ) 
  • Simulation du bus master de la console analogique choisi auparavant placée en premier insert de votre bus master virtuel 
  • Les éventuels traitements sur le bus master 
  • Et enfin, une modélisation d'un enregistreur à bande stéréo en dernier insert du bus master
Universal Audio Oxide Tape Recorder : oxide gui sq

Attention ! Comme vous naviguez ici dans le monde de la simulation analogique, il est impératif de respecter les niveaux de fonctionnement optimums recommandés pour les émulations choisies. Par conséquent, l'étape de Gain Staging est plus que jamais capitale et doit bien entendu avoir lieu avant que vos signaux n'attaquent cette chaîne. De plus, il vous faudra également veiller à respecter la structure de gain entre chaque plug-in si vous ne voulez pas vous retrouver avec un surplus de coloration/distorsion qui peut s'avérer plus destructeur qu'autre chose. N'oubliez pas que les bienfaits de la distorsion harmonique proviennent essentiellement de la superposition de plusieurs petites couches successives, et non pas d'un seul plug-in poussé à bloc…

Pour finir, sachez qu'il est possible de pousser le mimétisme un cran au-dessus lors de l'utilisation de ce genre de plug-ins. En effet, dans le monde analogique, le nombre de pistes disponibles est limité par les entrées/sorties physiquement présentes. Évidemment, il existe des "combines" afin de palier à ce problème, comme la synchronisation de plusieurs multipistes à bande ou bien encore la réalisation de sous-mixes stéréo de certains groupes de pistes. Du coup, suivant l'époque de la production que vous cherchez à reproduire, il conviendra de respecter les règles suivantes :

  • Plus la production est vintage, moins il y a de pistes et plus les émulations choisies sont colorées 
  • Plus la production se rapproche des années 90, plus il y a de pistes et moins les émulations sont colorées 
  • Au-delà de 24 pistes, vous pouvez faire des sous-mixes de groupes de pistes (batterie, guitares, etc. ), ou combiner plusieurs types d'enregistreurs multipistes pour simuler la synchro

Voilà, avec tout ceci, vous devriez être en mesure de mettre à profit toute la palette sonore offerte par les plug-ins modélisant les appareils analogiques de légende.

Sur ce, rendez-vous dans le prochain épisode pour un bref tour d'horizon des joujoux produisant de la distorsion harmonique qui trouvent grâce à mes yeux.