La technique du Ducking

Le guide du mixage — 50e partie

Cette semaine, nous allons voir une dernière technique propre aux Noise Gates : le « Ducking ». À titre personnel, je ne porte pas vraiment cette technique dans mon cœur, mais il faut bien avouer que lorsque l’on n’a pas matériellement le temps de faire mieux, elle peut sauver la mise sans trop de casse, pour peu que l’on agisse avec parcimonie…

Oncle Donald

Commençons par définir ce qu’est le « Ducking ». Derrière ce nom canardesque se cache un phénomène qui vous est certainement familier tant il est utilisé dans le monde du Broadcast pour les applications de type Voiceover, c’est-à-dire lorsqu’une voix parlée est superposée à une ambiance sonore quelle qu’elle soit. En effet, vous avez sûrement déjà remarqué que dans certains spots publicitaires le volume de la musique diminue automatiquement lorsqu’une personne parle. Et bien le « Ducking » se résume tout simplement à ça : diminuer automatiquement le volume d’un élément lorsqu’un autre intervient. L’abus de cette technique donne des résultats pour le moins inesthétiques sauce DJ du dimanche qui hurle à plein poumon pour « ambiancer » une fosse septique. Cependant, utilisé avec un peu plus d’à propos, le « Ducking » est un moyen rapide de mettre en avant un élément du mix par rapport à un autre, qu’il s’agisse de la basse vis-à-vis de la grosse caisse, d’une guitare solo avec une guitare rythmique, ou bien carrément du chant en regard de tout le reste. Certes, ce n’est pas la façon de faire la plus élégante qui soit, mais lorsque le temps presse, pourquoi pas ?

Disney Channel

Pour mettre en œuvre cette technique, il y a deux possibilités. La plus simple consiste à utiliser l’option « Duck » de votre Gate s’il a la bonne idée d’en être équipé. Placez donc ce Noise Gate en mode « Duck » sur la piste dont le volume doit être atténué (A) et nourrissez le sidechain externe avec le signal de la piste censé engendrer l’atténuation (B). Réglez ensuite le niveau seuil de façon à ce que l’effet entre en scène aux moments souhaités, le paramètre « Range » déterminant alors la quantité de décibels retirée. Ainsi, vous devriez désormais avoir le volume de la piste A qui diminue dès qu’il y a du son sur la piste B. Attention cependant, afin d’obtenir une action relativement transparente, veillez à ne pas trop abuser du « Range » et surtout n’utilisez pas de constantes temporelles trop véloces sous peine de détériorer le signal de la piste B.

La deuxième façon de faire est un peu plus tarabiscotée, mais fonctionne tout aussi bien. Si votre plug-in de Gate ne dispose pas du mode « Duck », qu’à cela ne tienne ! Dupliquez donc la piste à « ducker » (A’), glissez-y un Gate et pilotez ce dernier via le signal de la piste censée déclencher le « Ducking » (B). Réglez alors le « Range » au maximum et le seuil de façon à ce que le Gate s’ouvre dès que la piste B entre en scène, mais toujours avec des temps d’attaque et de relâchement modérés. À ce stade, la piste A’ ne devrait se laisser entendre que lorsque la piste B joue. Maintenant, inversez la phase de A’ et sous-mixez cette dernière avec la piste A originelle. Vous devriez obtenir alors le fameux effet de « Ducking » souhaité, le fader de volume de la piste A’ déterminant alors le volume retiré. Plus vous pousserez ce fader, plus le volume de A diminuera lorsque B entre en scène, n’y allez donc pas trop fort. 

Une remarque avant de finir. Pour que cette deuxième façon de faire fonctionne, il est impératif que le signal de la piste A’ soit parfaitement identique à celui de la piste A. Moralité, si d’aventure vous étiez amené à égaliser ou compresser le signal A, il faudra automatiquement traiter A’ à l’identique pour que le « Ducking » fonctionne correctement.