Mini Mini Mini...

Test de la TC Electronic Hall of Fame Mini

...isn't funny... in a midget's woooorld. C’est sûrement ce qu’aurait chanté ABBA s’ils avaient débuté leur carrière en 2013. En effet, cette année a vu fleurir bon nombre de pédales taillées façon bonsaï, avec plus ou moins de réussite.

Et dans les vrais succès justement, TC Electronic a connu une année prolifique en sortant consécutivement le Ditto Looper puis la Polytune Mini et la Spark Mini Booster, ces dernières étant, comme leur nom l’indique, les déclinaisons miniaturisées de deux best-sellers de la marque, la Polytune et la Spark. Les danois, tels les plus expérimentés des Indiens Jivaros, continuent donc à réduire les têtes de leurs stompboxes de référence en présentant la petite dernière de la famille Toneprint, la HOF Mini, déclinaison microscopique de leur fameuse pédale de réverb Hall of Fame

Red is Led

TC Electronic HOF Mini

À peine sortie du carton, on remarque tout de suite que le boîtier et donc le format (51mm x 45mm x 93mm) de la pédale sont identiques à ceux de la Spark Mini, à ceci près qu’il est pourvu d’une prise mini USB située juste au-dessus de celle d’alimentation. Je me trouve donc dans l’obligation de rappeler les petites critiques que j’avais déjà formulées à l’encontre du booster à cause des défauts inhérents à ce format:

- Les prises jacks ne sont pas alignées. Oubliez les adaptateurs jack mâle-mâle souvent utilisés pour rapprocher le plus possible les pédales et économiser de la place, il faudra obligatoirement utiliser des câbles patchs (ou des adaptateurs non alignés comme sur la photo).

- De plus, le boulon qui maintient la prise jack a peu de tours pour se visser, il faudra le resserrer de temps en temps afin de ne pas le perdre et vous retrouver avec une prise jack perdue dans le Hole Of Shame.

- Enfin, et c’est le seul vrai inconvénient des boîtiers miniatures, fini les piles. Si vous avez déjà un pedalboard avec une alimentation, ça ne devrait poser aucun problème. Pour les autres, celle-ci représentera un achat indispensable et un encombrement de plus dans votre gigbag. L’autre solution aurait été de proposer un modèle avec batterie rechargeable comme certains concurrents le font, mais c’est un pari osé quand on sait qu’elles finissent par s’user et mourir un jour.

Toutes ces contraintes ont quand même leur grosse contrepartie : avec des effets de cette taille, nos planches à pédales seront très légères et pourront tenir dans un sac à dos, une petite sacoche ou même la housse de notre guitare.

Et pour revenir aux possesseurs de pedalboard, ils n’auront pas à arracher les patins antidérapants afin de coller l’usuel velcro. Ils sont en effet présentés séparément dans le carton, bonne idée que d’autres constructeurs feraient bien de suivre.

TC Electronic HOF Mini

En ce qui concerne l’apparence de la pédale, elle est moins baroque et plus discrète que la Spark mini (dont le design particulièrement classieux avait été il est vrai tout spécialement conçu par un artiste tatoueur). Habillée de la même robe rouge que le modèle dont elle est issue, elle en conserve aussi la typographie et la petite LED rouge pas trop éblouissante.

Parce qu’il était sans doute impossible d’inscrire un « Hall Of Fame Mini » lisible sur un aussi petit format, ses concepteurs n’en ont gardé que les initiales, H.O.F (à moins que ce ne soit un retentissant hommage à l’excellent groupe de metal/sludge High On Fire mais j’en doute).

Le footswitch est, à l’inverse, le même que la Spark Mini et donc différent de son aînée. Il est moins résistant quand on appuie dessus et de ce fait plus doux à l’activation mais aussi moins bruyant. Le système PRIMETIME (activation/désactivation de l’effet suivant que l’on garde le pied appuyé sur le switch ou non) dont l’intérêt est nettement plus réduit ici que pour un booster, n’a en revanche pas été conservé.

Juste au-dessus, on peut noter le désormais classique « True Bypass » (le signal n’est pas altéré quand la pédale n’est pas activée) commun à toutes les pédales de la série Toneprint.

Les comparaisons s’arrêtent là : le circuit, dans une version dorénavant plus rapide que celui de la Hall Of Fame, a été remplacé et tous les potards TONE et DECAY ainsi que les mini-switchs PRE DELAY et le sélecteur de type de reverb ont été bazardés. Quant au FX LEVEL, il a été substitué par un potentiomètre sobrement et logiquement intitulé REVERB.

Un seul commutateur et un seul bouton, un peu chiche non ? 

Tons of prints

TC Electronic HOF Mini

Eh bien en fait pas du tout, bien au contraire même. Si un unique potard peut paraitre frugal pour un guitariste boulimique d’effets, il sera vite repu et même gavé (le gavage de guitariste est légalement interdit depuis 2004 en Californie) par l’étendue des possibilités sonores qui s’offrent à lui. En effet, il ne faut pas perdre de vue que notre appareil fait bien partie de la série Toneprint : bien que la pédale soit montée d’usine avec l’exact même algorithme de reverb HALL que sa grande sœur, elle pourra donc aussi charger n’importe quel Artist Toneprint (en gros, des presets de reverb conçus par des stars de la six cordes, et même de la quatre, comme Steve Morse, Steve Vai ou Steve Ettehorner, le frère de la célèbre accordéoniste). Il est prévu une édition spécifique à la HOF Mini de ces Toneprints, ceux de la Hall Of Fame originale lui étant incompatibles. Notre pédale bénéficiera en outre des différentes reverbs de cette dernière, à savoir les ROOM, SPRING, PLATE, CHURCH, MOD, LOFI, TILE, AMB, et GATE. Pas mal hein ?

Mais, comme le rappaient Les Inconnus, « attends attends attends, c’est pas finiiii ». À l’instar des autres pédales de la série, nous pourrons créer nos propres presets, en ajoutant par exemple de la modulation à notre reverb ou en lui donnant plus de profondeur, à l’aide d’un éditeur, le Toneprint Editor (sur Mac, PC et iPad, mais pas sur iPhone, sans doute à cause de la taille de l’écran, bien que c’eût été fort pratique). Celui-ci est très complet, voire très complexe, mais l’interface est claire et agréable. Il ne reconnait pas encore la HOF mini à l’heure où j’écris ces lignes mais gageons que ça sera le cas après sa sortie officielle (la capture d’écran jointe au test a été possible grâce à une vraie Hall Of Fame connectée à l’ordinateur). On pourra aussi s’en servir pour charger les Toneprints via la prise USB. Malheureusement le câble mini USB n’est pas fourni, à vous de vous débrouiller pour en trouver un.

TC Electronic HOF Mini

Ceux qui n’en ont pas pourront tout de même les charger à l’aide de leur smartphone et de la Toneprint App (gratuite, sur iOS et Android). Celle ci nous laissera choisir parmi une belle collection de Toneprints celui à « beamer » (terme choisi par TC, « Beam » signifiant « Faisceau » en anglais. Après avoir cherché, je n’ai pas trouvé de verbe issu de ce mot en français. En revanche, j’ai appris que son synonyme est « gerbe ». Intéressant non ?). Il s’agira de mettre votre appareil, volume au maximum, face à un micro de votre guitare dont le potard est lui aussi à fond et de lui laisser jouer un son, au format MP3, assez étrange dont voici un exemple (il est conseillé de baisser le volume de vos haut-parleurs, c’est un peu strident) :

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La LED de la mini HOF se mettra alors à clignoter en vert plus ou moins rapidement puis elle reviendra à sa lumière rouge classique. Cela signifiera que le Toneprint choisi est bien la nouvelle reverb de la pédale.

Cette méthode assez simple peut paraitre amusante mais elle le sera beaucoup moins pour ceux qui ne sont pas équipés de smartphones.

En revanche, si j’avais de sérieux doutes concernant la manipulation sur scène (pour passer par exemple d’une reverb avec modulation sur des morceaux très années 80 comme « Personal Jesus » à une reverb à ressorts pour des morceaux plus surf guitar ou à l’ambiance 50's comme « Wicked Game »), ils ont vite été dissipés tant elle est rapide et efficace, même avec un gros bruit de fond ou votre groupe qui joue derrière, et bien que j’entende déjà les sarcasmes: « mec, c’est pas avec un iPhone qu’on joue de la gratte mais avec ses doigts ! ». Il sera aussi vivement conseillé d’avoir vos Toneprints préférés déjà prêts (dans une liste que l’ont peut heureusement dresser sur la Toneprint App).

Enfin, attention à ne pas vous tromper de micro et de mettre votre smartphone bien en face de celui que vous aurez choisi avec votre sélecteur sur la guitare sous peine de chercher ailleurs des problèmes qui n’existent pas, de stresser méchamment devant votre audience pour rien, de vous taper la grosse honte publique, puis, ignoré par vos collègues, rejeté par votre femme, vos enfants et même par votre chien, lassé, dépressif et alcoolique, de mettre fin à vos jours. Attention donc au sélecteur de micro.

Finalement, toutes ces options sonores rendent notre mini HOF quand même terriblement plus sexy et extrêmement plus puissante que les apparences, comme sa taille ridicule le laissaient supposer de prime abord. C’est en quelque sorte un maître Yoda en rouge à lèvre et bas résille.

« Size matters not. Look at me. Judge me by my size, do you ? Hmm ? Hmm. And well you should not » Maître Yoda.

Afin de vous présenter le pouvoir de la Force de la mini HOF, le Jedi que je suis a choisi comme sabre laser une Fender Telecaster Deluxe. Pour le X-Wing, ça sera un ampli en rack dépourvu de reverb: un Mesa Boogie Triaxis avec son Simul-Class 2:90. Ceux-ci sont branchés dans un Two Notes Torpedo Live lui-même connecté à une carte son Apogee Duet. La pédale est placée dans la boucle d’effet. 

A tout seigneur tout honneur, nous débuterons notre démonstration avec la reverb d’usine, la fameuse Hall, au 1/4 de la course, au 1/3, aux 2/3 puis à fond.

1 hall un quart
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  • 1 hall un quart 00:12
  • 2 hall un tiers 00:27
  • 3 hall deux tiers 00:15
  • 4 in the hall of the mountain king full 00:17

Nous noterons qu’au 1/4, c’est le hall d’entrée, l’effet est à peine audible. Pour vraiment l’entendre, il faut plaquer des accords secs. Au tiers c’est très bien, mesuré mais effectif. Aux deux tiers, nous voilà propulsés à Bercy. Avec le bouton à fond, tels l’audacieux Peer Gynt, nous nous perdrons dans l’antre du roi de la montagne.

L’action du potard est vraiment progressive et la palette des nuances est plutôt large, il y a assurément de quoi trouver son bonheur.

Maintenant, permettez-moi de vous présenter le reste des reverbs déjà présentes sur la Hall Of Fame originale.

5 room un tiers
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  • 5 room un tiers 00:18
  • 6 spring deux tiers 00:22
  • 7 plate deux tiers 00:22
  • 8 church deux tiers 00:23
  • 9 mod deux tiers 00:30
  • 10 lofi deux tiers 00:19
  • 11 tile deux tiers 00:25
  • 12 ambdeuxtiers 00:12
  • 13 gate full 00:16
TC Electronic HOF Mini

Certaines reverbs, surtout les plus profondes (ROOM, PLATE et CHURCH), semblent assez proches, presque un peu trop à mon goût. J’ai beaucoup aimé la MOD, certes facile et caricaturale avec son chorus envahissant, mais qui peut servir à imiter des nappes de synthé, surtout si on coupe l’attaque avec son volume. La GATE nous aidera à gonfler notre son sans traîner après les attaques sèches. La LOFI joue fidèlement son rôle en salissant notre son et en boostant clairement les fréquences aigües, elle pourra nous être utile pour obtenir facilement des harmoniques artificielles sans trop pousser le gain de l’ampli. La TILE, quant à elle, me parait surtout intéressante et efficace pour le strumming. La SPRING est, comme son nom l’indique, une imitation plus que correcte d’une reverb à ressorts. Pour finir, l’AMB sera particulièrement efficace pour le rockabilly et la country avec sa durée très courte.

La transparence d’un effet est souvent un critère décisif pour l’achat d’une pédale. Concernant la reverb, il est même primordial. Ici, et comme souvent avec les produits TC Electronic, le pari me semble gagné.

Voici en conclusion trois Artist Toneprints spécialement édités par Steve Vai et Steve Morse.

14 steve vai ocean machine deux tiers
00:0000:26
  • 14 steve vai ocean machine deux tiers 00:26
  • 15 steve morse spring deux tiers 00:17
  • 16 steve morse beautiful reverb deux tiers 00:23

Honte Ou Fortune ?

C’est presque un sans faute. Après tout, avoir accès à une quantité phénoménale de reverbs de qualité, transparentes, dans un format minuscule avec la simplicité d’un seul bouton, on est clairement du côté lumineux de la Force... avec malgré tout quelques petites zones d’ombres. Notre appareil est quand même très dépendant d’outils tiers comme le smartphone et l’ordinateur. Sans eux, il perdra grandement de son intérêt. D’autant plus qu’au prix public constaté de 109 euros, il n’est qu’à environ 20 euros de moins que la Hall Of Fame originale et 20 euros de plus que certaines pédales au même format, de transparence et de polyvalence sans doute moindre, mais avec des effets déjà embarqués qu’on peut tweaker à la volée. Il semblerait que votre décision d’acquérir la HOF Mini ne se fasse pas en fonction de ses capacités, très sûres, mais plutôt en fonction de votre personnalité, selon que vous serez férus de gadgets et de nouvelles technologies ou plutôt vieux de la vieille qui aimez les méthodes classiques et directes. Quoi qu’il en soit, dans votre choix, que la Force soit avec vous !

Points forts

  • Simplicité
  • Taille
  • Polyvalence (avec outils tiers)
  • Toneprint Editor/ Toneprint App
  • Transparence
  • Qualité des effets

Points faibles

  • Câble USB non fourni
  • Un seul réglage à la volée
  • Un poil chère
  • Très limitée (sans outils tiers)