37 chandelles !

Test du Moog Sub 37

Lors du test du Sub Phatty, nous nous étions demandé « à quand une version XL avec toutes les commandes en prise directe et un clavier plus grand ? » : c’est chose faite avec le Sub 37 !

Ces dernières années voient le retour en force du synthé analogique monodique. Les offres se multiplient, laissant au musicien pas mal d’alternatives. C’est tant mieux, d’autant que certaines marques comme Arturia ont largement contribué et contribuent encore à une démocratisation du son qui chauffe et graisse comme on aime. Il y a donc aujourd’hui une gamme complète de machines commandées en tension, allant d’à peine plus de cent à plusieurs milliers d’euros. Les Phatty sont à peu près au milieu de cette offre, avec des tarifs tournant désormais largement sous la barre des mille euros.

Début 2013, soit 7 ans environ après le Little Phatty, le Sub Phatty est venu renforcer une ligne d’instruments qui commençait un peu à stagner, reposant sur le même type d’oscillateurs et de filtre que le Voyager de 2002. Lors de notre test du Sub Phatty paru en avril 2013, nous avions pu apprécier le son Moog revisité et la générosité des commandes. En revanche, la petite taille du clavier et l’accès aux fonctions cachées nous avaient un peu laissés sur notre faim. Si l’on s’en tient stricto sensu à ce verdict, le Sub 37 vient corriger l’ensemble de ces reproches. Mais qu’a-t-il de plus qu’un Sub Phatty agrandi ?

Guerre des boutons

Pas facile de trouver un Sub 37 en cette période de rentrée, merci à MESI de nous avoir prêté un exemplaire de tournée. Le Sub 37 est pour le moment uniquement disponible en version Tribute, une série limitée avec flancs en bois. Gageons que de nombreuses déclinaisons suivront, comme Moog Music sait très bien le faire. D’ailleurs le manuel ne fait aucune référence à la version Tribute, si ce n’est le logo sur la perspective de la machine en 1re de couverture.

Moog Sub 37

Autant le Sub Phatty était trapu et ramassé, autant le Sub 37 est très bien proportionné avec son octave supplémentaire. Le profil spécifique à la ligne Phatty est bien évidemment toujours là, avec un angle parfait pour la manipulation des commandes, mais un encombrement conséquent. La présentation et la construction sont de haut niveau, comme toujours chez Moog : bois, alu et acier sont parfaitement usinés et assemblés. La face avant est recouverte d’un Lexan structuré imprimé du plus bel effet. La machine est intimidante, avec pas moins de 35 potards, 5 sélecteurs rotatifs, 74 poussoirs avec rétro-éclairage ambre et 35 diodes. Tourner un potard est un vrai régal, avec un ancrage nickel propre et une résistance parfaite.

L’espacement des commandes est suffisant pour manipuler sans se planter et leur disposition limpide. À gauche, la section Programming représente une très nette amélioration par rapport au Sub Phatty : on y trouve en effet un tout petit — mais très utile — écran rétro-éclairé de 128 x 64 points permettant de visualiser le nom des programmes et les différentes pages de menus, mais pas (encore ?) la valeur des paramètres édités depuis la façade ; on trouve également des touches de sauvegarde, comparaison, initialisation, mode manuel (Panel), si pratiques pour celui qui aime programmer ou modifier le son en live. Viennent ensuite les sections Arpégiateur, Glide, Modulations (x2 bus), Oscillateurs (x2), Filtre, Enveloppes (x2) et Volume final. À noter que les sorties audio et casque ont chacune leur potard dédié, qu’il y a une touche Mute et une sortie casque vissée en façade (jack 6,35). Sur le bas du panneau avant, on trouve 2 touches de transposition (+/ - 2 octaves) et une rangée de 16 touches lumineuses, servant à appeler 16 banques de 16 programmes ; la sérigraphie comprend une commande Step encore inactive, qui permettra d’activer/éditer les pas du séquenceur dans un futur OS (version 1.0.3 testée), à suivre… 

À gauche rien de nouveau

Moog Sub 37

Non seulement le Sub 37 bénéficie d’un panneau avant étendu, mais il propose un clavier 37 touches semi-lestées, sensibles à la vélocité et à la pression. La taille est standard (14 cm x 51 cm pour 3 octaves), mais la course est un peu plus courte et l’enfoncement plus dur qu’à l’accoutumée, une affaire de goût. Les 2 molettes de pitch et modulation sont rétro-éclairées ambre, en parfaite harmonie avec le design global. Comme sur la gamme de claviers Phatty, la connectique est essentiellement regroupée dans une découpe du panneau gauche : prise secteur 3 broches (alimentation interne universelle) avec interrupteur, sortie audio mono, entrée audio mono (pour injecter un signal externe dans le mixeur, sous réserve de déclencher les enveloppes), 4 entrées CV-Gate (vers pitch/filtre/volume — clavier), entrée/sortie MIDI et prise USB (MIDI over USB uniquement, « Class Compliant » comme ils disent aux Zétats-Zunis, ce qui veut dire pas besoin d’installer de driver sur l’ordi). Toutes les prises audio/CV-Gate sont au format jack 6,35. Dommage que Moog n’ait toujours pas prévu des sorties CV/Gate ni de prises pour pédale, la concurrence fait maintenant nettement mieux à ce niveau ! 

Moog Sub 37

Un mot sur l’ergonomie : le Sub Phatty était bien plus généreux que le Little Phatty en termes de commandes directes ; seul hic, certaines fonctions (et pas toujours des moindres) étaient cachées et uniquement accessibles par combinaison de touches, parfois ésotériques. Sur le Sub 37, tout cela est bien fini : non seulement il y a beaucoup plus de commandes directes (près de l’intégralité des paramètres de synthèse), mais en plus les fonctions complémentaires (plus nombreuses également) sont accessibles via des menus : MIDI (canaux, filtrage, dump, résolution des CC/NRPN…), Preset (arpèges, volume programmable, priorité de note…), Global (tempérament clavier parmi 32 choix programmables, mode de réponse des potards saut/seuil/relatif, priorité de note globale, calibrage des contrôleurs, contraste, spectacle lumineux — eh oui !), et Controllers (modulations additionnelles). Tout cela est accessible avec quelques touches, les flèches et le potard Fine Tune, bien vu ! 

On dirait le Sub

Le Sub 37 est annoncé stable en moins de 60 secondes, parfait pour un synthé à VCO ! La machine est livrée avec 256 programmes réinscriptibles et directement sélectionnables en façade, une nette amélioration par rapport au Sub Phatty. Notons qu’on peut aussi classer les sons par catégorie et les faire défiler avec les 2 flèches d’édition ou le potard Fine Tune. L’édition peut se faire en repartant d’un son en mémoire, en partant de la position physique des potards ou en initialisant tous les paramètres. Cela devrait satisfaire tout le monde ! La résolution est telle qu’on n’entend aucun effet de quantification, que ce soit dans l’accordage du pitch, le balayage des formes d’onde ou le filtrage. Travailler – s’amuser devrait-on dire – avec les Sub 37 est un vrai régal : tout tombe sous la main, les commandes sont agréables à manier, peu de paramètres sont planqués, aucune combinaison de touches n’est nécessaire comme on l’a vu, si bien qu’on arrive très rapidement à se faire une petite série de programmes bien trempés sans transpirer.

Moog Sub 37

Passons maintenant au test d’écoute. Les programmes d’usine, très orientés séquences/arpèges et sons saturés, ne nous ont pas spécialement fait sauter par terre ni assis en l’air, question de goût là encore. Mais l’instrument est fait pour tripoter, donc ça tombe bien !

D’emblée, on apprécie le gras et la présence. Les VCO sont hyper stables, voire bien droits ; avec un LFO, on peut simuler un drift, mais cela consomme l’un des 2 bus de modulation ; il se dit que Moog Music pourrait un jour proposer une fonction drift simulée, un comble sur un synthé à VCO ! Les basses sont le domaine de prédilection des instruments signés Moog et le Sub 37 ne déroge pas à la règle. Avec son filtre à nombre de pôles variable, la panoplie va bien au-delà des classiques, avec ici un peu d’acidité, là une pointe d’agressivité. La nouvelle boucle de feedback dans le mixeur permet de sursaturer le son en entrée de filtre, histoire d’arracher les gamelles des HP. C’est d’ailleurs l’une des petites additions que nous découvrirons au fur et à mesure du test, permettant une panoplie sonore élargie par rapport au Sub Phatty.

Moog Sub 37

Côté leads, on retrouve cette belle musicalité des premiers Moog, avec beaucoup plus de brillance que sur le Voyager du studio. Coté punch, le Sub 37 se pose bien là, il n’y a qu’à mettre les temps d’enveloppes à zéro pour entendre un beau clic. Les percussions analogiques ont une patate incroyable. L’ajout d’un arpégiateur/séquenceur permet de créer des… arpèges et séquences (tiens donc !), on apprécie. Ce tableau idyllique est toutefois entaché par quelques points d’interrogation côté VCO : à commencer par un buzz vers 80 Hz qui apparait lorsque la forme d’onde des VCO est comprise entre le triangle (à gauche) et le trapèze (à MIDI) ; bruit qui disparait dès que le potard passe sur la partie droite de sa course. Moog Music est au courant grâce à l’acharnement de notre ami et membre Gencom (bravo à lui !) et vient de nous annoncer la sortie imminente de l’OS 1.0.4 où le buzz sera ramené au niveau du bruit de fond résiduel (donc visible sur une analyse FFT, mais inaudible). Par contre, il ne semble pas prévu de régler le bruit parasite qui apparait quand on modifie la forme d’onde des VCO, soi-disant lié au caractère plus brillant des VCO, demandé par les musiciens. Là, c’est plus gênant… 

Sub37 Bass acid12db
00:0000:17
  • Sub37 Bass acid12db 00:17
  • Sub37 Bass feedmix 00:17
  • Sub37 Bass funk 00:20
  • Sub37 Bass pulse 00:41
  • Sub37 Bass rez 00:21
  • Sub37 Bass seq 00:41
  • Sub37 Brass sub 00:18
  • Sub37 Duo arp 00:19
  • Sub37 Duo disto 00:33
  • Sub37 Lead saw 00:28
  • Sub37 Mod filter poles 00:40
  • Sub37 Synched 00:32
  • Sub37 Teremvoice 00:31
  • Sub37 Zebuzandzenoise 00:20

Dans le lard

Paraphonie en Duo

Contrairement aux précédents Phatty, le Sub 37 est capable de jouer ses 2 oscillateurs en mode paraphonique. Dans ce mode Duo, chaque VCO a un pitch indépendant, ce qui permet des mélodies ou des accords à 2 notes, à l’instar du Pro 2 de DSI. Qui dit paraphonie dit aussi mise en commun : dans le Sub 37, les 2 notes distinctes partagent le reste des modules (filtre, enveloppes, modulations), contrairement au Pro 2 qui conserve des enveloppes indépendantes pour ses 4 oscillateurs (dommage, car les enveloppes du Sub 37 sont numériques tout comme celles du Pro 2,donc faciles à cloner d’un coup de DSP magique). On peut décider quelle note suit le VCO2 : la plus basse ou la plus haute ; ou encore fixer la fréquence du VCO2 sur +/ - 3 octaves, avec le potard Frequency dont la plage d’action est pour l’occasion considérablement étendue. Bonjour les drones !

La section oscillateurs du Sub 37 a un petit peu évolué par rapport à celle de son prédécesseur. Déjà les commandes directes sont plus nombreuses. On retrouve les 2 VCO (2 à 16 pieds avec une calibration parfaite entre 22 Hz et 6,8 kHz) à formes d’onde continuellement variables, passant par les étapes dent de scie, carré, impulsion à différentes largeurs. La position d’onde est évidemment modulable. Le VCO2 peut être désaccordé du VCO1, soit en fréquence relative (Detune traditionnel sur +/- 7 demi-tons), soit en fréquence fixe (Beat sur +/- 3,5 Hz qui conserve l’écart entre les 2 VCO quel que soit le pitch). Une fonction Reset force les VCO à redémarrer leur phase à chaque nouvel enfoncement de touche, ce qui renforce leur impact (effet clic). Nouveauté par rapport au Sub Phatty, les 2 VCO peuvent être joués en paraphonie, suivant différents modes (voir encadré).

Les 2 VCO passent ensuite par la section mixeur, où ils rejoignent un sub-oscillateur, un générateur de bruit et un signal audio externe. Chaque source dispose d’un potard de volume et un interrupteur marche/arrêt, bien pratique sur scène. Le sub-oscillateur est toujours aussi simpliste, puisqu’il se contente de générer une onde carrée à l’octave sous le VCO1. Le générateur de bruit est peint en rose, on ne peut en changer la couleur. Au-delà d’un niveau de 5 sur 10, on dépasse le gain unitaire, ce qui permet de saturer le filtre de manière très musicale, ce avec chaque source. Si aucune source n’est reliée à l’entrée audio, une insertion permet de créer une boucle de feedback entre la sortie et l’entrée du mixeur ; les développeurs de chez Moog ont en fait intégré l’astuce employée par les utilisateurs de Voyager, consistant à réinjecter la sortie de mixeur (insert avant filtre) dans l’entrée audio externe au moyen d’un petit cordon spécial (jack stéréo – câble stéréo – jack mono avec TR pontés). Cela apporte du gain et du grain avant le filtre, sachant qu’il ne s’agit pas d’un feedback après VCA final, mais bien d’une boucle dans le mixeur avant filtrage.

Échelle traditionnelle

Le signal mixé attaque ensuite un VCF identique à celui du Sub Phatty. Il s’agit d’une échelle de transistors passe-bas 4 pôles, LE grand classique Moog depuis des décennies, qui a tout de même connu quelques variantes à travers le temps. Le nombre de pôles est commutable de 1 à 4, permettant une atténuation des hautes fréquences plus ou moins douce (6 à 24 dB/octave) ; cette fonction est modulable. La fréquence de coupure travaille sur l’ensemble du spectre audio (20 Hz où rien ne passe à 20 kHz où tout passe). La résonance exagère les fréquences proches de la fréquence de coupure et pousse le filtre à l’auto-oscillation au-delà de 7/10. 

Moog Sub 37

Ce filtre est en grande partie responsable du son Moog, lassant pour certains, insurpassé pour d’autres. C’est pour les premiers que les concepteurs du Sub Phatty avaient introduit le Multidrive, un circuit audio permettant de saturer le filtre et d’apporter de la couleur et des harmoniques, en chargeant plus ou moins fort des OTA et des FET. En début de course, on a une saturation asymétrique et chaude, proche de ce qu’on peut obtenir à partir de lampes ; en bout de course, le signal sature de manière agressive. Un potard dédié en façade permet de passer progressivement d’un extrême à l’autre. Le résultat dépend des formes d’ondes choisies, de leur niveau de mixage et des réglages du filtre. En tout cas de quoi satisfaire les musiciens de différentes époques. La fréquence du filtre peur être directement modulée par une enveloppe dédiée (avec action bipolaire) et le suivi de clavier (0 à 200 %). Au fur et à mesure que le temps passe, on se demande tout de même quand le constructeur va se décider à proposer d’autres filtrages additionnels, même si ce n’est pas une spécialité maison, à l’instar de DSI qui a complètement revu ses filtres sur le Pro 2. 

Paire d’enveloppes

Moog Sub 37

Le Sub 37 dispose d’un certain nombre de modules analogiques bien pensés pour moduler le son. C’est même le mieux fourni des Phatty. La section Glide permet de créer un portamento entre 2 notes ; une section complète lui est dédiée en façade, avec bouton d’activation, potard de temps, assignation (VCO1, VCO2, 1+2), type (linéaire à temps constant, linéaire à vitesse constante ou exponentielle), mode Gate et mode Legato. On aurait apprécié un mode glissando (avec des marches plutôt qu’une liaison continue), ça se perd un peu de nos jours ce genre de modulation…

Les 2 enveloppes disponibles sont de type DAHDSR, pré-assignées au VCF et au VCA. Les temps varient de 1 ms à 10 secondes. Les attaques peuvent être linéaires ou exponentielles. Certains paramètres (tels que Delay, Hold, réponse en vélocité et suivi de clavier) sont accessibles via les potards ADSR en maintenant la touche Shift, évitant de passer par le menu. Lorsqu’on joue legato, on peut décider de laisser la courbe d’enveloppe se poursuivre, comme sur le Minimoog, ou de la redéclencher à chaque note (mode Multi Trig). On peut aussi forcer le segment d’attaque à repartir de zéro, même si le niveau en cours est au-dessus (mode Reset). Enfin, on peut boucler les enveloppes et les faire battre en synchronisation de l’horloge interne/MIDI. Les enveloppes sont extrêmement rapides, ce qui permet au Sub 37 de générer des sons particulièrement percutants, nous l’avons déjà dit. 

Paire de bus

Enfin, on trouve 2 bus de modulation indépendants, le premier étant lié à la molette de modulation. Dans chaque section, on choisit la source parmi 5 formes d’onde de LFO (triangle, carrée, dent de scie, rampe, Sample & Hold) et une sixième source programmable : enveloppe de filtre par défaut ou paramètre à définir via le menu Controllers (9 sources additionnelles telles qu’enveloppe de volume, LFO sinus, LFO noise, pitch des VCO, notes/vélocité/molette des pas du séquenceur…).

Moog Sub 37

La fréquence des LFO varie de 0,1 à 100 Hz ou 1 à 1.000 Hz via la touche HI qui multiplie la fréquence par 10 (ce qui signifierait que l’on a perdu la position 0,01 à 10 Hz du Sub Phatty). Elle peut aussi être synchronisée à l’horloge interne/MIDI. Le cycle peut osciller librement ou être recommencé à chaque note enfoncée.

Directement à partir du panneau, on peut régler finement l’effet de la source de modulation sur le pitch (VCO1, VCO2 ou 1+2) et le filtre. Un appui sur la touche Controllers permet de régler l’effet de la molette de modulation, la vélocité, l’aftertouch et un 4e contrôleur assignable (CC) sur la destination. Enfin, on peut assigner au bus une destination supplémentaire avec quantité de modulation bipolaire, telle que la vitesse de l’autre LFO, le VCA, la forme d’onde du VCO1, la forme d’onde du VCO2, la forme d’onde des 2 VCO, le niveau de bruit, les temps des enveloppes et plus de 80 destinations assignables via le menu Controllers. Bref, une section boostée par rapport au Sub Phatty qui pêchait un peu dans ce domaine !

Arpège ou séquence

Moog Sub 37

Il manquait au Sub Phatty un arpégiateur, brèche dans laquelle la concurrence récente s’est vite engouffrée. Le Sub 37 comble cet écueil de plutôt belle manière, avec un arpégiateur/séquenceur programmable à pas. La façade possède une section dédiée avec toutes les commandes utiles directes : tempo (de 2 à 280 BPM) ou synchro (interne/MIDI) par division temporelle, touche TAP, mode LATCH avec possibilité d’ajouter des notes à l’arpège en cours, étendue des arpèges sur + ou – 2 octaves, motif de lecture (haut, bas, ordre joué, ordre aléatoire, SEQ, REC), sens de lecture (direct ou alterné) et répétition de note avec transposition d’octave(s) suivant l’étendue choisie (fonction INVERT). Dans le menu, on peut même décider de répéter ou non la dernière note d’un motif dont la lecture est alternée.

Communications limpides

Comme son aîné, le Sub 37 possède des entrées/sorties MIDI et USB. Toutes les commandes en façade émettent des CC/NRPN MIDI, avec au choix un codage sur 7 ou 14 bits. Ceci permet une automation parfaitement fluide des paramètres de synthèse. Le contenu de la mémoire peut également être envoyé/reçu via MIDI (1 programme, tous les programmes, tous les réglages internes).

Placer le sélecteur de motif sur REC permet d’enregistrer un motif utilisateur de 64 pas (maximum) pour le rejouer ensuite comme une séquence (position SEQ). On entre les notes en les jouant pas à pas, on peut même les lier (TIE) ou créer des pas silencieux (REST). La vélocité et la position de la molette de modulation sont enregistrées ; c’est bien, mais pas aussi souple qu’un séquenceur à pistes de modulation. En relecture (position SEQ), la séquence est jouée et transposée à la volée, suivant l’écart entre la note jouée et la note de référence programmée dans le Menu Global.

Comme le Sub 37 est paraphonique, on peut entrer 2 notes sur chaque pas en mode Duo. On a spécifié par ailleurs quelle note est prioritaire pour le suivi de pitch (note basse ou note haute). En relecture, si on joue 1 note, les pas de 2 notes suivront la note prioritaire ; si on joue 2 notes, les pas de 2 notes joueront comme programmé ; enfin, si on joue 2 notes sur les pas de 1 note, le pitch suivra chaque note. À la vingtième réécriture de cette explication, on se rend compte que c’est plus simple à faire qu’à dire ! Bonne nouvelle, les notes séquencées et arpégées sont transmises via MIDI. Voilà un arpégiateur/séquenceur bien utile à qui il ne manque que des pistes de modulation dédiées pour être complet… 

Conclusion

Le Sub 37 vient combler l’essentiel des reproches faits au Sub Phatty : plus de commandes directes, plus de modulations, plus de paramètres globaux, plus de mémoires, synonyme d’ergonomie parfaite et de puissance de feu accrue. La machine frise la perfection, au-delà de quelques fonctions manquantes et une fois les VCO remis sur les rails. Mais aussi classieuse soit-elle, elle aura fort à faire face à la concurrence actuelle (Pro 2, Dominion 1), qui certes n’a pas le son Moog, mais offre un grain alternatif tout aussi intéressant et des possibilités de modulation qui sortent des sentiers battus. De très bons compléments d’ailleurs, pour les plus fortunés ! Que les propriétaires de Sub Phatty ne mangent surtout pas leur chapeau, car à environ 1400 €, le Sub 37 est au moins une fois et demie plus cher, ce qui le place dans une catégorie supérieure. Un superbe instrument que les musiciens de studio ou de scène exigeants, amateurs de sensations fortes aux commandes d’objets racés, pourront sans hésiter ajouter à leur arsenal.

  • Moog Sub 37
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Notre avis :

Points forts

  • La qualité de construction irréprochable
  • Les commandes opulentes
  • Le son Moog revisité
  • Les oscillateurs à ondes continues
  • Le mode duo (paraphonique)
  • L’ajout d’un sub-oscillateur
  • La boucle de feedback dans le mixeur
  • Le filtre multipôles avec Multidrive
  • Les enveloppes très rapides
  • Les 2 bus de modulation
  • L’arpégiateur/séquenceur à pas
  • L’émission/réception de commandes MIDI
  • La section édition/mémorisation des programmes
  • Le clavier dynamique avec aftertouch

Points faibles

  • Les bruits de modulation et le buzz sur le VCO (OS 1.0.3)
  • Pas de modulation en anneau
  • Le sub-oscillateur trop basique
  • Un seul filtre limité au mode passe-bas
  • Pas de pistes de modulation dans le séquenceur
  • L’absence de prises pour pédales
  • L’absence de sorties CV/Gate