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Test des réverbes logicielles Arturia Rev Spring-636, Intensity & Plate-140

Rev-olution ?
Award Valeur sûre 2020Fin 2019, Arturia faisait un beau cadeau à tout le monde en offrant jusqu’à Noël un nouveau plug-in : une modélisation de la fameuse réverbération à plaque EMT 140. Cela laissait bien entendu supposer l’arrivée imminente d’autres joujoux au sein de leur série d’effets « You'll Actually Use ». L’attente n’a pas été bien longue, puisqu’en février 2020 les Grenoblois annonçaient la sortie de trois nouvelles réverbes et profitaient de cette occasion pour regrouper tous les plug-ins de la gamme au sein d’un seul et même bundle baptisé FX Collection.

Ayant déjà pu témoigner de la qualité des préamplis et compresseurs virtuels de la marque, c’est avec un plaisir non feint que j’ai accepté de passer sur le grill ces nouveautés. Voici donc mon « petit » compte-rendu…

Rev-ision

Disponibles aux formats VST (2 & 3), AAX et AU en 64 bits pour Mac et PC, les derniers nés respectent la logique de la gamme avec une émulation d’une machine iconique, la Rev Plate-140, une modélisation d’un appareil vintage moins connu, la Rev Spring-636, et une création originale (comme pour les récents délais), la Rev Intensity. Comme d’habitude, l’installation/autorisation se déroule le plus simplement du monde grâce au logiciel maison Arturia Software Center et un petit tutoriel se lance à l’ouverture de chaque plug-in histoire de faire rapidement connaissance avec l’engin.

Au rayon des points communs aux trois réverbes, nous avons le sympathique gestionnaire de presets bien connu des amateurs des produits de la marque française, la possibilité de redimensionner l’interface (de 50 % à 200 % via un menu ou des raccourcis clavier), une fonction Undo/Redo (avec historique d’annulation, s’il vous plaît !) ainsi que le désormais habituel panneau de réglages avancés accessible d’un clic sur la double flèche située en haut à droite du plug-in. Il n’y a malheureusement pas de fonction de comparaison A/B, ce qui est assez surprenant étant donné qu’elle était apparue sur la série des trois compresseurs…

3 Rev

Bref, niveau technico-technique, sachez que l’utilisation d’une instance sur ma machine de guerre (Mac Pro fin 2013 Hexacoeur Xeon 3,5 GHz - 32 Go DDR3) consomme les ressources suivantes :

  • 0,5 % de CPU et 54 samples de latence pour la Rev Plate-140 ;
  • 1,4 % de CPU et 54 samples de latence pour la Rev Spring-636 ;
  • 0,4 % de CPU et 48 samples de latence pour la Rev Intensity.

C’est somme toute raisonnable, surtout pour des réverbérations.

Bien, nous allons à présent voir ce que chacune de ces bestioles a dans le ventre. Notez que je m’attarderai essentiellement sur les détails qui les démarquent de la concurrence sans faire une revue exhaustive de l’ensemble des réglages disponibles. Cela me semble beaucoup plus intéressant, d’autant que les manuels dans la langue de Molière sont librement disponibles sur le site de l’éditeur.

Rev Plate-140

Commençons avec cette modélisation de la mythique réverbération à plaque EMT 140. Arturia a eu la bonne idée d’intégrer l’étage de préamplification à lampe en entrée (potard Drive), permettant ainsi de « réchauffer » le son réverbéré, voire également le son source lors d’une utilisation en insert de piste. Petit raffinement, une lampe virtuelle placée derrière une grille s’illumine sur l’interface graphique en fonction de l’ajout de distorsion harmonique. Voici ce que cela donne sur un son de caisse claire provenant de ma LinnDrum :

01_Linn_dry
00:0000:05
  • 01_Linn_dry00:05
  • 02_Linn_140_Drive00:05

PlateLe premier extrait sert de référence. Sur le second, une instance de la Plate-140 est utilisée en guise de préampli, c’est-à-dire sans ajout de réverbe, en poussant petit à petit le Drive histoire de mettre en avant la coloration du signal. Intéressant, n’est-ce pas ?

Comme d’habitude, l’éditeur grenoblois ne s’est pas contenté d’une émulation bête et méchante. Ainsi, le plug-in propose trois modes de fonctionnement :

  • Punchy - particulièrement à l’aise avec les sons percussifs ;
  • Classic EMT - émulation du modèle original ;
  • Modern - réverbération à plaque plus « clinquante » avec un déclin des hautes fréquences plus prononcé.

Pour mieux appréhender ces trois algorithmes, voici uniquement le son « wet » obtenu avec la même caisse claire que précédemment :

03_Linn_140_wet_Mono-1
00:0000:08
  • 03_Linn_140_wet_Mono-100:08
  • 04_Linn_140_wet_Mono-200:08
  • 05_Linn_140_wet_Mono-300:08
  • 06_Linn_140_wet_Stereo-100:08
  • 07_Linn_140_wet_Stereo-200:08
  • 08_Linn_140_wet_Stereo-300:08

Le paramètre « Width » permettant de gérer la largeur stéréo du résultat, j’ai effectué des rendus monophoniques et « full stereo ». Vous remarquerez que non seulement les différences entre les algorithmes sont loin d’être anodines tant au niveau spectral qu’au niveau des transitoires, mais également que l’impact sur les sensations de largeur et de profondeur de champ en conjonction avec le réglage « Width » est assez bluffant.

Passons à présent à quelques extraits plus complexes et musicaux :

09_Drums_dry
00:0000:13
  • 09_Drums_dry00:13
  • 10_Drums_140_wet00:13
  • 11_Drums_140_Tube_wet00:13

Comme toujours, le premier sample fait office de référence. Pour le deuxième, une instance du plug-in est placée sur le bus de batterie avec le modèle Punchy. J’ai mis à profit les réglages avancés avec un léger prédélai pour ne pas noyer la source et un filtre passe-haut histoire de ne pas engluer le bas du spectre. Le troisième exemple reprend exactement les mêmes réglages avec en sus le Drive poussé à fond de façon à faire subtilement « cruncher » le son. 

Écoutons maintenant la bête sur une guitare jazzy :

12_Gtr_dry
00:0000:18
  • 12_Gtr_dry00:18
  • 13_Gtr_140_Mono00:18
  • 14_Gtr_140_Mono PostMod00:18
  • 15_Gtr_140_Stereo00:18
  • 16_Gtr_140_Stereo PostMod00:18
  • 17_Gtr_140_HardPan00:18

Vous connaissez la chanson, le premier extrait se résume au signal source. Pour le deuxième, j’ai utilisé le mode Classic EMT en mono pour un rendu rétro à souhait. Ensuite, la section modulation réglée de façon à opérer après traitement est mise à profit afin de tout de même obtenir un rendu stéréo sauce chorus. J’ai réitéré l’opération avec le paramètre Width 100 % stéréo. Enfin, j’ai utilisé la Rev Plate-140 sur un bus auxiliaire afin de pouvoir envoyer le signal source complètement à droite alors que le signal réverbéré est complètement à gauche – tactique classique pour obtenir un rendu stéréo d’une source mono.

Pour en finir avec cette Plate, la voici à l'oeuvre sur un duo trombone/saxophone :

18_Sax_dry
00:0000:48
  • 18_Sax_dry00:48
  • 19_Sax_140_Light00:48
  • 20_Sax_140_Hard00:48
  • 21_Sax_140_Hard Wide00:48

Deux instances du plug-in ont été utilisées ici, une pour chaque instrument. Comme vous pourrez le constater, j’ai d’abord été relativement raisonnable avant d’avoir la main plus leste, jusqu’à l’extrait « Hard Wide » qui emploie la même tactique de panoramique que précédemment pour chacun des instruments. Je ne sais pas vous, mais personnellement, je trouve le résultat diablement plaisant.

Sur ce, enchainons avec la deuxième réverbération !

Rev Spring-636

SpringComme son nom l’indique, ce plug-in est une modélisation de la réverbération à ressorts Grampian 636. Pour être tout à fait honnête, je n’avais jusqu’à présent jamais entendu parler de cet engin sorti à la fin des 60's. Après quelques recherches, il se trouve que de grands noms ayant largement contribué à l’Histoire de la musique (Pete Townshend, Lee "Scratch" Perry", etc.) ont usé et abusé du joujou original à une certaine époque. Avouez qu’il y a de quoi attiser la curiosité, d’autant que les réverbérations de type Spring ne sont pas légion dans le monde virtuel.

Comme pour la Plate-140, Arturia a modélisé l’étage d’entrée et propose même deux modèles, « Mic » et « Aux 1 MΩ », offrant ainsi une plus large palette de coloration à la sauce transistor au germanium. Ici aussi, une LED virtuelle s’illumine en fonction de l’ajout de distorsion harmonique. Voici ce que cela donne sur le même son de caisse claire que précédemment lorsque cette Rev Spring-636 est utilisée uniquement en guise de préampli :

22_Linn_Spring_Drive-Aux
00:0000:08
  • 22_Linn_Spring_Drive-Aux00:08
  • 23_Linn_Spring_Drive-Mic00:08

Les résultats beaucoup plus violents qu’avec la Plate sont loin d’être inintéressants.

Dans une réverbération à ressorts, il faut savoir que le réservoir (Tank en anglais) abritant les ressorts joue énormément sur la texture sonore du rendu. Or, ce plug-in propose pas moins de 8 réservoirs différents accessibles depuis le panneau des réglages avancés. Afin d’illustrer ces différents grains, voici uniquement le son « wet » obtenu avec toujours la même caisse claire :

24_Linn_Spring_wet_Gibbs Orig
00:0000:07
  • 24_Linn_Spring_wet_Gibbs Orig00:07
  • 25_Linn_Spring_wet_Gibbs Alt00:07
  • 26_Linn_Spring_wet_Accu Vintage00:07
  • 27_Linn_Spring_wet_Space Echo00:07
  • 28_Linn_Spring_wet_Accu Type400:07
  • 29_Linn_Spring_wet_Accu Type800:07
  • 30_Linn_Spring_wet_Accu Type900:07
  • 31_Linn_Spring_wet_Synthi00:07

Comme vous pouvez le constater, il y a largement de quoi faire.

Les réverbes de type Spring sont beaucoup utilisées sur les guitares électriques, voyons donc ce que la bestiole peut donner sur notre guitare jazzy :

32_Gtr_Spring_Gibbs Orig
00:0000:18
  • 32_Gtr_Spring_Gibbs Orig00:18
  • 33_Gtr_Spring_Gibbs Alt00:18
  • 34_Gtr_Spring_Accu Vintage Wide_Aux00:18
  • 35_Gtr_Spring_Accu Vintage Wide_Mic00:18

Nous retrouvons bien la pâte sonore caractéristique des réverbérations à ressorts qui fait directement voyager dans le temps l’auditeur.

Ne croyez cependant pas que la Rev Spring-636 se limite à cela ! 

36_Drums_Sping_Space Echo Amb
00:0000:13
  • 36_Drums_Sping_Space Echo Amb00:13
  • 37_Drums_Sping_Snare00:13
  • 38_Drums_Sping_Snare_Space Echo Amb00:13
  • 39_Drums_Sping_Sonar_Space Echo Amb00:13

Sur le premier extrait, une instance est insérée sur le bus de batterie afin de créer une certaine sensation d’espace. Pour le deuxième, la Spring-636 sert à donner une patine « Dub » à la caisse claire. Le troisième est un mélange des exemples précédents. Enfin, le dernier extrait met à profit la section Pre Filter située dans le panneau des réglages avancés avec un filtre passe-haut doté d’une résonance prononcée et une bonne dose de prédélai de façon à créer cette espèce de sonar. À l’usage, le Pre Filter, les 8 réservoirs et l’égaliseur en fin de chaîne se révèlent être des outils de design sonore diablement puissants ! C’est un véritable régal de s’amuser avec tout ça et cela ouvre des perspectives bien au-delà de la simple réverbération à ressorts « à papa ».

Pour finir ce rapide aperçu, voici la Rev Spring-636 en action sur notre duo trombone/saxophone :

40_Sax_Spring_Hard Wide
00:0000:48
  • 40_Sax_Spring_Hard Wide00:48
  • 41_Sax_Spring_Hard Wide_Intensity Glue00:48

Sur le premier extrait, l’instance employée pour le saxophone utilise le Tank Gibbs Alt de façon à bien mettre la ligne mélodique en avant alors que l’instance du trombone est réglée sur le Tank beaucoup plus « sombre » Accu Type9 histoire de tapisser le fond du spectre. Pour le second exemple, j’ai utilisé en sus une instance de la Rev Intensity sur le bus principal de façon à imprimer une plus grande cohésion sonore à l’ensemble. Voilà qui m’amène tout naturellement à la dernière création des Grenoblois !

Rev Intensity

Comme je vous l’ai déjà dit, cette troisième réverbération n’est pas une émulation d’un modèle hardware en particulier, mais bel et bien une création originale de l’éditeur. Toutefois, les développeurs se sont inspirés des premières réverbes numériques qui ont marqué pour le meilleur comme pour le pire les années 80.

Ne vous attendez cependant pas à retrouver un sélecteur d’algorithmes Hall, Room et consort. Ici, tout est géré via l’interaction entre les paramètres « Size » et « Decay ». Ainsi, un Decay élevé avec un Size au plus bas donnera une réverbe de type « salle de bain », une valeur moyenne pour les deux produit une ambiance façon Hall, etc. À l’usage, l’utilisateur retrouve très rapidement ses petits, ce qui permet d’obtenir des rendus variés en un tournemain.

42_Gtr_Intensity_Room
00:0000:18
  • 42_Gtr_Intensity_Room00:18
  • 43_Gtr_Intensity_Distant00:18

Bien entendu, l’obtention de tels résultats dépend également des autres réglages disponibles, mais cela illustre bien la capacité de ce plug-in à « générer de l’espace ».

Et ce n’est pas tout ! Le panneau des réglages avancés permet beaucoup d’autres joyeusetés :

45_Gtr_Intensity_Ducked_Off
00:0000:18
  • 45_Gtr_Intensity_Ducked_Off00:18
  • 46_Gtr_Intensity_Ducked_On00:18

Sur le premier extrait, la réverbération outrancière vient passablement polluer le propos musical. Qu’à cela ne tienne ! Le génial Envelope Follower permet de moduler jusqu’à quatre paramètres de la réverbération en fonction du signal de détection qui peut être au choix le signal source, mais également un signal externe. En l’occurrence pour le second exemple, cela permet de faire très rapidement un effet de « ducking » sur la réverbération en baissant le niveau de la réverbe lorsqu’un signal est présent en entrée de façon à mieux mettre en avant la source. Et ce n’est là qu’une utilisation basique de cette fonction, vous verrez par la suite que ce suiveur d’enveloppe a beaucoup plus à offrir…

Passons à présent à une batterie :

47_Drums_Intensity_Live
00:0000:13
  • 47_Drums_Intensity_Live00:13
  • 48_Drums_Intensity_Reverse Live00:13

Pour le premier sample, une instance du plug-in travaille sur le bus de façon à obtenir un son tendance « Live ». Pour le second, une autre instance est utilisée sur la caisse claire et la tout aussi géniale section « Function » – que les utilisateurs du synthé virtuel Pigments de la marque reconnaitront – permet de créer un effet rythmique fort intéressant.

Pour finir, voici quelques exemples de rendus atypiques obtenus grâce à ces deux sections :

49_Synth_dry
00:0000:24
  • 49_Synth_dry00:24
  • 50_Synth_Intensity_Strange Chorus00:27
  • 51_Synth_Intensity_Dynamic Pitch00:27
  • 52_Synth_Intensity_Fall00:27
  • 53_Synth_Intensity_Step Gated00:27

Comme vous pouvez le constater, les possibilités créatives de cette Rev Intensity sont assez hors du commun, et je ne vous ai même pas parlé des filtres pré et post-traitement ou de la fonction « Freeze ». En vérité, pour être totalement exhaustif, il aurait fallu un test complet rien que pour ce seul engin démoniaque. Nous n’avons malheureusement pas la place pour cela et maintenant que nous avons entraperçu les qualités indéniables des derniers joujoux d’Arturia, il convient à présent de jeter un œil du côté obscur de la Force, car même si le temps presse, même s’il est un peu court…

J’irai au bout de mes Rev

À tout seigneur tout honneur, commençons par la Rev Plate-140 qui, de base, ajoute un léger gain d’environ 0,5 dB au signal traité, et ce, même avec le réglage de Drive au minimum. Rien de rédhibitoire, mais comme il n’y a pas possibilité d’ajuster le niveau à la sortie du plug-in, mieux vaut en avoir conscience.

En parlant du Drive, il est à noter que sa manipulation est annoncée comme automatiquement compensée, mais il ne s’agit pas ici d’une compensation de la sensation de volume perçu (Loudness), juste d’un processus évitant de vous exploser les oreilles lorsque vous poussez le gain. C’est déjà ça, mais ça aurait pu être mieux.

Autre détail fâcheux, le prédélai ne dispose pas d’une option de synchronisation au tempo, c’est d’ailleurs également le cas pour la Spring-636, alors que cette option est disponible pour la Rev Intensity… Étant donné que l’éditeur ne se gêne pas pour ajouter des fonctions à ses modélisations afin de les rendre plus pertinentes et que l’option est présente sur l’Intensity, j’avoue ne pas comprendre cette absence, d’autant qu’il s’agit là d’une fonctionnalité diablement utile.

IntensityJetons à présent un œil à la Rev Spring-636. Comme la Plate, même avec le niveau d’entrée au minimum, il y a un petit ajout de gain. Ici, un potard permet toutefois de régler le niveau global en sortie, c’est donc moindre mal.

D’ailleurs, ce réglage « Output » dispose d’une option de chainage avec le potentiomètre « Input » de façon à compenser automatiquement l’ajout de gain par l’utilisateur… Mais ici encore, pas de compensation de « Loudness » et surtout, cette compensation en sortie se limite à -30 dB alors qu’il est possible d’ajouter jusqu’à 60 dB en entrée. C’est d’autant plus incompréhensible que la course du potard « Output » permet de descendre jusqu’à -60 dB. Aurais-je loupé quelque chose ?

Passons sur l’absence de synchronisation au tempo du prédélai déjà évoqué pour aborder un autre détail curieux : certains paramètres de cette Spring ne sont pas accessibles via l’automation et donc pas contrôlables non plus via MIDI, notamment le type de réservoir et le temps de Decay. Bien sûr, ça n’est pas utile à tout le monde tous les jours. Cependant, il n’est tout de même pas si rare que ça d’automatiser un temps de réverbe. De plus, la manœuvre est possible avec les deux autres plug-ins. Serait-ce un oubli qu’une prochaine mise à jour viendra corriger ?

Dernier « souci » avec cette Rev Spring-636 qui n’aura certainement pas échappé aux oreilles les plus attentives : si vous faites bien attention, certains exemples de la Spring présents dans ce banc d’essai ont une sorte de « résidu fantôme de queue de réverbe » à leur début. Ces défauts sont dans un sens de mon fait, mais j’ai décidé de les laisser pour illustrer le phénomène… Il se trouve qu’en arrêtant la lecture de votre DAW en plein milieu d’un passage où la réverbe est en action et en lançant aussitôt l’export, la queue de réverbe finale du point où la lecture s’est arrêtée vient polluer le début de l’export. Je ne pense pas qu’il s’agisse réellement d’un bug, mais c’est la première fois que je remarque ce genre de phénomène. Moralité, mieux vaut attendre que le silence soit total au sein de votre DAW avant de lancer un rendu afin de ne pas avoir de mauvaise surprise.

Finissons ce tour d’horizon des points noirs avec la Rev Intensity. Je n’ai pas trouvé grand-chose à reprocher à la belle, mais certaines fonctions supplémentaires auraient été les bienvenues. Les sections « Envelope Follower » et « Function », au demeurant fort sympathiques, ne disposent pas de switches de bypass. Cela aurait été pourtant bien utile pour mieux juger de la pertinence de leurs interventions.

Toujours pour la section « Function », il est dommage de ne pas proposer plusieurs modes de lecture comme c’est le cas au sein de Pigments.

Enfin, et cette remarque est valable pour les trois plug-ins, une option « Lock » bloquant le réglage de mélange « Dry/Wet » lors de la navigation entre les presets aurait été un plus non négligeable.

Rev Party

Malgré les problèmes présentés ci-dessus, force est de constater qu’une fois de plus, Arturia nous livre trois plug-ins de haut vol. Bien sûr, comme pour les autres produits estampillés « You'll Actually Use », il y a ici un parti pris esthétique tranché qui ne conviendra pas à tout le monde. Si vous êtes à la recherche de réverbérations chirurgicales délivrant un son « clean » plus blanc que blanc, passez donc votre chemin. En revanche, si vous adhérez à la « direction artistique » des Grenoblois de manière générale, courez donc essayer ces trois nouveaux joujoux ! Il s’agit d’outils dotés d’un caractère sonore bien trempé, la qualité de grain est au rendez-vous, les possibilités créatives itou et l’utilisation reste d’une simplicité enfantine. Bref, ces trois réverbérations sont tout à fait cohérentes avec le reste de la gamme et c’est tant mieux !

P.-S. : Mon petit doigt m’a dit deux choses : tout d’abord qu’un « Easter Egg » sonore se cache au sein de la Rev Spring-636, mais il ne veut pas en dire plus pour ne pas gâcher la surprise ; ensuite, que l’offre de lancement pour ces réverbérations prend fin mercredi 4 mars alors si vous êtes intéressé, ne tardez pas trop…

Addendum

Sauf erreur de ma part, il me semble que la naissance de la « FX Collection » signe l’arrêt de la commercialisation des bundles regroupant les plug-ins par famille. Si tel est le cas, je ne peux m’empêcher de trouver cela dommage. Certes, le tarif demandé pour les 15 produits est très attractif. Cependant, tout le monde n’a pas forcément envie ou même besoin de l’ensemble de la gamme. Cette considération n’ayant pas réellement un rapport direct avec les plug-ins testés dans cet article, elle n’entre donc bien évidemment pas en considération pour l’attribution de la note finale.

Extraits FLAC Test Arturia 3 Rev Extraits FLAC Test Arturia 3 Rev

 

  • 3 Rev
  • Plate
  • Spring
  • Intensity

 

Award Valeur sûre 2020

Notre avis :

Points forts

  • Qualité sonore
  • Simplicité d’utilisation
  • Beaucoup plus polyvalentes qu’on ne pourrait le croire
  • Utilisable en guise de préampli (Plate-140 & Spring-636)
  • 3 modes (Plate-140)
  • 8 Tanks (Spring-636)
  • Easter Egg fort sympathique (Spring-636)
  • Possibilités de filtrage jubilatoires (Spring-636 & Intensity)
  • « Envelope Follower » et « Function » surpuissants (Intensity)
  • Cohérence avec le reste de la gamme
  • Tutoriel à la première ouverture
  • Undo/redo avec historique
  • Interface redimensionnable
  • Gestionnaire de presets
  • Manuels disponibles en français
  • Installation et autorisation via le logiciel maison Arturia Software Center
  • Consommation raisonnable
  • Ça sonne ! (déjà dit, mais vraiment, ça sonne)

Points faibles

  • Pas de comparaison A/B
  • Pas de synchronisation au tempo du prédélai (Plate-140 & Spring-636)
  • Pas de réglage du niveau de sortie (Plate-140)
  • Ajout de gain par défaut (Plate-140 & Spring-636)
  • Pas de compensation de Loudness (Plate-140 & Spring-636)
  • Chainage Input/Output déroutant (Spring-636)
  • Gare à la queue de réverbe lors de l’export (Spring-636)
  • Implémentation MIDI incomplète (Spring-636)
  • « Envelope Follower » et « Function » sans bouton de bypass (Intensity)
  • Pas de fonction « Lock » pour le mélange « dry/wet)