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Test de l'Akai Tom Cat

Toutes griffes dehors
Après le cri du loup, c’est au tour du chat de pousser son miaulement dans la cour des BAR analogiques. Voyons ce que nous réserve le Tom Cat, un nouvel animal signé Akai.

L’année dernière à Francfort, nous avions découvert sur le stand Akai le Rhythm Wolf, une BAR à génération sonore analogique. Le modèle présenté était alors encore muet mais en fin d’année, un exemplaire nous était prêté, au moment où les loups entraient dans les bergeries… la machine avait reçu un accueil mitigé des musiciens ; certes elle nous avait séduits par sa qualité de fabrication et son ergonomie exemplaires (le workflow en particulier), mais sa qualité sonore hétérogène nous avait laissés sur notre faim (de loup) : une grosse caisse somme toute mollassonne, une percussion assez exsangue et un son de basse plutôt quelconque. Akai a donc remis son ouvrage sur l’établi et nous propose aujourd’hui une version revisitée : le Tom Cat, nom déjà emprunté par le célèbre avion de chasse américain à géométrie variable (l’origine du nom viendrait d’un roman du milieu du XVIIIe siècle qui met en scène un chat nommé Tom). Avec un prix au niveau du plancher des vaches, va-t-il nous emmener au septième ciel, tel le F-14 d’un autre Tom, pas Cat mais Cruise ?

Tous les chats sont gris…

Le Tom Cat reprend la conception et les dimensions du Rhythm Wolf, avec une taille généreuse de 32 x 22 cm et un poids significatif supérieur à 2 kg. La construction est tout aussi sérieuse, avec un dessus tout en métal, se rabattant sur les 4 côtés, venant sécuriser l’ensemble. En matière de couleurs de fond, c’est le gris et le jaune qui dominent cette fois, avec une sérigraphie noire parfaitement lisible. Les côtés sont recouverts d’une plaque de plastique moulé imitation bois, vissée sur les rabats métalliques : il sera donc facile aux amateurs de tuning d’y fixer des flancs maison. La plaque de dessous est en plastique, tout gris aussi.

Akai Tom Cat

Les potentiomètres sont à axe métallique et même s’ils ne sont pas vissés sur la façade, ils présentent un jeu très réduit. Leur bonne résistance et leur espacement apportent un confort d’utilisation très satisfaisant. Sous le capot, on découvre des cartes électroniques fixées sur des entretoises métalliques, là aussi ça inspire confiance. On se demande ainsi comment Akai atteint ce niveau de qualité de construction à ce prix, donc pourquoi des synthés bien plus chers proposés par d’autres marques ne peuvent pas avoir ce niveau d’attention…

Les commandes sont bien étalées : écran 3 caractères jaunes, encodeur (tempo/valeur), 23 potentiomètres (paramètres de synthèse, volume, distorsion), 6 pads dynamiques rétro-éclairés jaune (un par instrument), rangée inférieure de 16 boutons avec diodes tricolores (pour la programmation des pas et les fonctions secondaires) et 9 boutons divers (Tap tempo à 3 coups, sélection de motif, coupure/solo de parties, liaison de notes, touche Shift, vélocité, variation de motif, Fill, transport du séquenceur…).

Akai Tom Cat

Toute la connectique est située à l’arrière ; elle diffère un poil de celle du Rhythm Wolf. On commence par les sorties audio, vissées au panneau, avec une sortie globale monophonique niveau ligne (jack 6,35 TRS/compatible TS vissée) et une sortie casque (jack 6,35 TRS vissé). La communauté DIY pourrait être tentée d’ajouter des sorties séparées pour chaque son de percussion, ce qui semble possible si l’on s’en réfère au connecteur multibroches qui relie la carte principale à la petite carte des sorties audio (cf. photos). On trouve également 2 prises MIDI (In/Out commutable en Thru) et 2 prises mini-jack (entrée/sortie Gate Trigger). Puis la prise USB (uniquement pour les données MIDI), la borne pour alimentation externe fournie (12V/2A de type bloc à l’extrémité) et l’interrupteur secteur poussoir. On aurait aimé une alimentation par piles pour le côté nomade, mais ce n’est pas prévu car l’analo, ça consomme !

Griffe sonore

Tout comme le Rhythm Wolf, le Tom Cat est une BAR analogique capable de délivrer simultanément cinq sons : Kick, Snare, Clap, Hi-hat (ouvert/fermé) et Tom. La basse-synthé est donc passée à la trappe, tout comme le son de percussion, tant mieux ! Après allumage, le chat doit un peu chauffer pour se stabiliser, circuits analogiques obligent…

Akai Tom Cat

Sur le Kick, on peut régler le Volume, le Tune (accord d’une onde sinus grave), l’enveloppe de Pitch (descente de Pitch, une nouvelle fonctionnalité par rapport au Rhythm Wolf) et le Decay de volume (en fait, le Release de l’onde sinus). Le Kick descendant bas, il faut un bon système d’écoute pour s’en rendre compte, sinon on risque de le sur-mixer ; bien plus présent que sur le Rhythm Wolf, on constate que ce nouveau Kick a repris du poil de la bête, tout en conservant un son rond ; inutile de le compresser. La Snare offre les réglages de Volume, de Tune (accord de la partie harmonique), de Filtre (passe-haut, jouant sur le timbre) et de Decay de volume (Release du bruit blanc). Elle est tout aussi intéressante en version courte et que longue, lorsqu’on monte le Decay et qu’on ouvre le filtre (effet « push » garanti, voire caricatural quand on exagère le réglage). Un clap a fait son entrée, avec les réglages de Volume, de Tune (accord + tonalité), de Spread et de Decay. Il est excellent, avec une grosse pêche et des réglages utiles. Notamment, le Spread permet d’allonger la durée entre le premier et le dernier claquement de main de la foule, alors que le Decay ajoute un Release sur le bruit (comparable à l’effet obtenu sur la Snare). C’est vraiment le type de son qui manquait au Rhythm Wolf !

Miaou…

Le Tom Cat est équipé d’une distorsion analogique située après mélange des sons, en amont de la sortie audio finale. Baptisée Maul (par analogie à la fonction Howl du Rhythm Wolf), elle sature le signal tout en boostant les hautes fréquences ; idéal pour satelliser la Snare, le Clap et le Hi-hat. Quand on dépasse la moitié du réglage, l’effet devient plus agressif et un peu granuleux. L’action est toutefois plus maîtrisée et plus jouable que le Howl, mais il n’y a toujours pas de compensation de niveau. Si on pousse encore le niveau, on entend un bruit de fond, mais c’est beaucoup moins excessif que sur le Rhythm Wolf. Cette fois cependant, il n’y a pas de sortie séparée pour récupérer un son non traité.

Pour sa part, le Hi-hat est décliné en versions ouverte et fermée exclusives ; la différence entre les deux, ce sont les durées du Decay, que nous aurions souhaitées plus espacées. Il offre les paramètres de Volume, Tune et Decay ; plutôt qu’un véritable accordage, le Tune modifie le timbre en le rendant plus ou moins métallique ; on aurait aimé une plage de réglages plus marquée ; toutefois, ce Hi-hat coupe parfaitement dans le mix et diffère de l’offre habituelle, surtout quand on le pousse avec la distorsion (voir encadré). Enfin, un Disco Tom finalise ce petit set, prenant la place de la basse-synthé. Non content d’inspirer le nom de la machine, Il offre plus de réglages que les autres percussions : Volume, Tune (accordage un peu trop léger), Attaque de volume, Decay de volume, quantité d’enveloppe de Pitch, Decay d’enveloppe de Pitch et polarité de l’enveloppe de Pitch (vers le haut ou vers le bas). Tout comme la basse du Rhythm Wolf, le Disco Tom peut-être joué et programmé sur une tessiture de 3 octaves, en conjonction avec les boutons de pas. À nous les Tom pitchés à la sauce 70’s ! Cet ensemble de percussions est au global très homogène et s’en sort bien sans traitement externe.

1 Kick Snare
00:0000:35
  • 1 Kick Snare 00:35
  • 2 Hi hats 00:35
  • 3 Claps 00:39
  • 4 All 00:27
  • 5 All Again 00:38
  • 6 All Live Toms 00:44

Les souris dansent

De conception identique au Rhythm Wolf, le Tom Cat est un plaisir à manipuler. Toutes les commandes sont accessibles en façade : on lance un motif, on enchaîne les variations en direct ou avec la fonction Fill, on passe de la programmation temps réel avec les pads à la programmation pas à pas avec la rangée de 16 boutons, on change de signature, on modifie la longueur de motif, on coupe un instrument (ou on l’isole), on tripote les potentiomètres, tout ça sans interrompre le flux créatif. Le recours au mode d’emploi, fourni en 5 langues, sera rare.

Akai Tom Cat

La mémoire interne renferme 16 motifs composés chacun de 4 séquences de 16 pas : variation A, variation B, Fill A, Fill B. On peut chaîner les variations A et B pour obtenir un motif de 32 pas. La fonction Last Step permet de définir à la volée la longueur du motif (de 1 à 16 ou de 17 à 32 pas). La touche Fill fonctionne comme sur un arrangeur, en restant sur la variation en cours ou en basculant vers la variation alternative suivant la durée pendant laquelle elle est maintenue. On mute ou on isole les instruments en temps réel avec la touche Mute/Solo et les 6 pads.

La machine fonctionne selon 3 modes : Record Off (lecture simple + jeu sur les pads sans enregistrement), enregistrement pas à pas (avec les 16 touches de pas) ou enregistrement temps réel (avec les pads). La division temporelle des motifs varie de 1/4 à 1/32, avec les valeurs ternaires intermédiaires.

Chiens et chats

Il est possible d’interfacer le Tom Cat de différentes manières. Au plan MIDI/USB, seules les notes, le transport (Start / Stop / Continue, Song Position Pointer) et l’horloge peuvent être transmis/reçus. Donc pas de CC ni Sysex au programme pour les paramètres de synthèse (comme déjà dit, on reste dans le monde analogique pur). Il est toujours impossible de dumper les mémoires, ce qui est un comble vu leur nombre restreint. Pour s’interfacer avec le monde des modulaires analogiques, nous avons aussi les prises Gate Trigger (entrée et sortie) permettant de faire avancer les pas du séquenceur un par un, par impulsions de tension.

Chaque instrument peut être accentué suivant 3 niveaux de vélocité sur chaque pas ; lorsqu’on maintient la touche Velocity, les LED des 16 boutons de pas prennent une couleur différente suivant le niveau d’accent (vert, orange, rouge), ce qui permet de visualiser et changer la valeur. On peut aussi entrer le niveau directement avec les 6 pads dynamiques, en enregistrement temps réel. Nous avons trouvé leur réponse un peu dure (il faut taper fort pour atteindre le 3e niveau d’accent). L’effet de l’accentuation varie suivant l’instrument, sans se limiter au volume : attaque du Kick, déclin du bruit de la Snare, déclin sur le Clap, déclin sur le Hi-hat ou encore action de l’enveloppe de Pitch sur le Disco Tom. Cela rend les motifs très expressifs.

Un facteur de Swing permet de secouer le rythme. Pour entrer des Disco Toms à différentes hauteurs, on utilise les 16 boutons de pas, qui forment alors un mini-clavier, en conjonction avec les 2 touches de transposition d’octave ; ces boutons étant statiques, il faut repasser en mode pas à pas pour modifier les niveaux de vélocité. On peut alternativement changer la note de référence du pad avec l’encodeur, ou utiliser un clavier de commande externe, les notes reçues par MIDI étant enregistrées en temps réel avec leur vélocité recalibrée sur 3 niveaux.

Au niveau édition globale, on peut copier/coller/effacer un motif. Quelques points viennent toutefois gâcher cette belle fête : on ne peut enregistrer le mouvement des potards par CC ou Sysex MIDI, le sens de lecture se fait uniquement à l’endroit, il n’y a pas de fonctions Flam / Roll et il est impossible d’enchaîner plusieurs motifs (pas de mode Song). Tout cela confine le Tom Cat à une utilisation temps réel si on veut rendre vivantes les séquences. Plus une machine pour performeurs que pour programmeurs.

À bon chat…

Tout comme le Rhythm Wolf à l’époque, le Tom Cat nous a séduits par sa qualité de fabrication et son ergonomie exemplaires. Il permet en quelques instants de créer des rythmiques sympathiques et de les enchaîner sans interruption. Faute d’automation des commandes et de mode Song, il conserve toutefois une orientation performance scénique plutôt que studio. Sa facture analogique limite quant à elle logiquement le nombre d’instruments disponibles. Pour ce qui est du son, le Tom Cat s’en sort mieux que son prédécesseur : un Kick plus présent, un nouveau Clap très réussi et un Dico Tom bien daté. Dommage que certains réglages ne soit pas plus décisifs. Bref, on reste dans l’originalité, avec une qualité sonore homogène, qui pourra se passer de traitements externes. Mieux réussie que le Wolf, le Tom Cat est une BAR simple, abordable financièrement, à considérer pour débuter ou compléter sa palette sonore…

Téléchargez les extraits sonores (format FLAC)

  • Akai Tom Cat
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Notre avis :

Points forts

  • Sonorités revues avec un beau clap
  • Qualité de construction
  • Dimensions généreuses
  • Workflow bien pensé
  • Modes temps réel/pas à pas
  • Pads dynamiques et touches de pas
  • Accent produisant des effets variés
  • Distorsion analogique intégrée
  • Connectique MIDI et USB
  • Prix très abordable

Points faibles

  • Mémoire de motifs insuffisante
  • Impossible de mémoriser les sons
  • Pas de dump externe des motifs
  • Le son toujours monophonique
  • Absence de sorties séparées
  • Pas de roulements ou Flam
  • Lecture des séquences uniquement à l’endroit
  • Pas d’automation des commandes (CC/Sysex)
  • Pas de mode Song