Se connecter
Se connecter

ou
Créer un compte

ou
< Tous les avis Empirical Labs Distressor EL8X
blackle blackle

« DissSSstressSSiisSuussor... »

Publié le 01/11/13 à 13:22
Il est à la base un compresseur et un limiteur.. ça c'est vrai.. mais il est aussi et surtout un générateur de distorsion capable d'ajouter de manière dynamique et intelligente* des harmoniques paires ou impaires.
La bécane est pro, ça ne fait aucun doute. Lourde. Bien construite. La connectique est en XLR pour les entrées et les sorties et doublé en jack.

UTILISATION

Cet appareil est d'une commodité d'emploi exemplaire. Tout tombe immédiatement sous la main. Les huit grosses molettes : « Input », « Attack », « Release » et « Output » qui respectivement commandent les entrées, les temps d’attaques, les temps de relâchement et les sorties sont très agréables à utiliser. Les touches enclenchant séquentiellement des fonctions supplémentaires et complémentaires aux huit molettes, sont signalées par Led. Ce qui est rigoureusement obligatoire sur le Distressor.
Pour signaler la mise en service de chacune des options, une led de couleur renseigne sur le choix avec différentes couleurs. C'est simple et efficace.
Pour le signalement de la réduction de gain les échelles sont suffisamment dilatées pour pouvoir travailler de manière précise.

Il est également possible par exemple, en plus de générer de la distorsion, d'insérer dans les boucles de commande des VCA, par la touche idoine « Detector », plus de médium ou moins de grave, et ce, sans l'ajout d'une bécane externe. L’intérêt évident est de rendre le Distressor plus sensible ou moins sensible à une bande de fréquence, en évitant, par exemple un pompage déclenché par une grosse caisse à chaque coup de batte..

QUALITÉ SONORE

Une fois n'est pas coutume je vais commencer ce chapitre par un mise en garde : Le Distressor est capable de générer des harmoniques en très grand nombre sur les fréquences les plus hautes. Donc méfiance absolue si d'aventure vous insérez la bête dans une chaîne audio-numérique de second ordre.. certains convertisseurs numériques d'entrée de gamme n'aiment pas, mais alors n'aiment pas ça du tout, et peuvent se mettre littéralement à saturer sans crier gare.. vous voilà prévenu..

Pour en revenir au sujet, en mode de compression classique, le Distressor délivre quoi qu'il arrive ce qu'on a coutume d'appeler "un bon gros son propre". Le son n'est jamais tassé ou écrasé, y compris quand la réduction de gain est fortement sollicitée. Ça sonne vite et bien. À ce stade, sur certaines sources, il me fait penser immanquablement à ces illustres confrères les bien nommés dbx 160 L et Amek 9098 CL.. rien que ça.. étant évidemment entendu qu'il ne dispose toutefois pas de leurs puissances de réglages..

Quand les différentes fonctions de disSstorsSsion sont mises en route, là, les sonorités obtenues sont d'un tout autre registre. On aime ou on aime pas. Le Distressor se transforme alors en un compreSsSuSSiSSeur qui compresse tout aussi bien mais qui "distorssionne" (promis je ne le referai pas) tellement le signal que les applications sont déjà toutes trouvées. Par exemple sur une simple voix il épaissit avec une force peu commune le signal. Par contre le revers de la médaille c'est qu'il est souvent compliqué de rentrer le signal traité dans un mix devenu difficile par la multiplication de certaines sources aux contenus harmoniques complexes à gérer (cordes frottées ou cuivres par exemple).

Sur des sources autres que la voix, il est également capable de transfigurer par exemple une simple batterie et de "multiplier" les fûts.. de rendre un simple petit tambourin "gros et sale". Il est également possible de détruire un son de manière simple et efficace par l'ajout volontaire de la somme de moultes petits défauts, qui sont l’essence même du Distressor, et qui mis bout à bout, formeront la personnalité sonore de ce compresseur..

Je n'ai jamais eu véritablement l'occasion de le comparer directement et in situ à certains compresseurs à tubes hautement colorisant, mais je suis pratiquement persuadé que l'empreinte sonore reste tout de même moins coloré et peut-être moins repérable. Par contre il ne fait aucun doute que le Distressor sera beaucoup vivace à de forts taux de compression, puisque là ou le tube s’effondre, le VCA s'en sort irrémédiablement mieux de toutes façons..

AVIS GLOBAL

Ne comptez pas sur moi pour encenser plus que de raison la machine. Après tout, d'autres personnes le feront sans doute à ma place.. l'énorme défaut de cette bécane est ce qui en fait son point fort. À savoir son extrême polyvalence et sa créativité hors paire.. et que finalement, hélas, beaucoup d'utilisateurs en font/feront une utilisation plus qu'abusive et déraisonnée.

* Que ceux qui n'ont jamais entendu de SssSSiflantes trop mises en avant dans un mix lèvent la main. Que ceux qui n'ont jamais entendu des cymbales aiguisées comme des lames de rasoir lèvent la main également. Les utilisateurs de ce Distressor ont généralement la fâcheuse tendance à vouloir en mettre absolument partout, et c'est l'effet pervers de ce Distressor. L'oreille s'accoutume et gavée comme un palais par une pâtisserie orientale, demande de plus en plus de sucrerie pour finir immanquablement écœurée et par trouver tous les autres compresseurs fades voir pire sans intérêt.

Ceci posé, j'aime vraiment beaucoup le Distressor. Comme dit plus haut il est polyvalent, facile à utiliser à défaut d'être toujours simple à placer dans un mix. Il est également complet et surtout excellent d'un point de vue audio. Il peut évoluer et être tour à tour discret ou métamorphoser un signal en quelques secondes. Sachez simplement qu'avec lui il faudra absolument apprendre à se maitriser, sous peine de quelques sévères déconvenues..