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Avis utilisateur

Too mid or not too mid - Avis Earsonics S-EM6 V2

Rapport qualité/prix : Excellent Cible : Les utilisateurs avertis
J'ai débuté avec les intras en me tournant vers la marque américaine Westone et en jetant mon dévolu sur le modèle UM PRO 20, alternative de choix face aux classiques Shure SE dont le modèle 535, utilisé quelques temps, ne m'avait pas séduit. Très content de mon Westone mais curieux de voir si je pouvais obtenir mieux, quitte à mettre le prix, je me suis intéressé aux grands noms de la chose et parmi eux... La marque française Earsonics (roulement de tambours)! Après m'être documenté sur leurs produits, j'ai plongé sur le S-EM6 v2 qui est un des derniers fleurons de leur collection.

A la réception, je n'ai pu résister à l'envie de me lancer dans un petit comparatif, me disant "ha c'est plié d'avance vu qu'ils ne jouent pas du tout dans la même cours"! Mais ce test n'a pu être réalisé dans la foulée pour certaines raisons inhérentes au Earsonics et qui feront l'objet de cet avis. Mais avant toutes choses, je me dois de préciser qu'un casque reste un choix très personnel qui implique beaucoup de facteurs. Donc ce billet est valable pour moi et peut en éclairer plus d'un mais il est impératif de tester par soi-même et de satisfaire ses propres critères de choix. C'est valable pour tout le matos en général mais d'autant plus pour les intras. Fin de parenthèse et retour sur ce modèle, fait main, qui de prime abord présente bien! Entièrement couvert d'un noir satiné au milieu duquel ressort élégamment son logo jaune, la coque a des courbes lisses qui lui donne un air soyeux.

Ma première réaction, en le plaçant dans mes oreilles, est qu'il est gros, enfin... plus gros que mon modèle précédent (qui lui était plutôt petit :-D). A titre de comparaison, au niveau dimensions, la coque fait environ 2 x 1,5 cm vs 1,8 x 1,2 cm pour l'autre. L'avantage est qu'il obstrue bien mieux le conduit auditif. En résulte une agréable sensation d'isolation accrue. Mais, revers de médaille, il a un plus de mal à se faire oublier et ce ressenti est d'autant plus vrai pour un chanteur dont les mouvements de la mâchoire font travailler la zone occupée par l'intra... A voir à l'usage si il s'avère fatigant à porter. Verdict dans les semaines à venir...

Au niveau volume de la coque, il n'est pas en restes non plus. Du coup, il a plus de mal à passer inaperçu. C'est bien simple, chez moi, il ressort légèrement de l'oreille. Si si, en me regardant, face miroir, je le vois qui bombe le torse! :oops2: Allez, pas grave, la plupart des utilisateurs seront certainement ravis de mettre en avant ce casque hors de prix. En ce qui me concerne, je dois admettre que j'aimais assez la discrétion du Westone qui en plus d'être petit était transparent. Etant chanteur et adepte du bain de foule, j'ai l'impression que le public ne se rendait pas vraiment compte que j'étais en réalité immergé dans ma "bulle de son". Pas sûr qu'un simple casque puisse à lui seul briser la magie du spectacle donc ce n'est sans doutes pas si handicapant que ça...

Bref, ça c'est pour la partie "taille de l'engin" (du casque hein!) et "confort d'utilisation". Ha oui, dernière chose qui tient également du détail : côté écouteur, le câble est recouvert d'une petite gaine assez rigide. Probablement qu'elle joue son rôle protecteur à un endroit qui subit pas mal de torsions mais elle l'empêche de venir épouser le contour de l'oreille (voir photo jointe). Bon, ce n'est pas si dérangeant et le temps nous dira si cette précaution s'avère utile... En tous cas, la forme en U dessinée par la coque et le câble ne rend pas la pose du casque plus difficile. Peut-être même qu'elle facilite un peu les choses.

Ok, très bien... Mais il sonne comment ce casque qui embarque 6 drivers et qui coûte plus de 3x le prix du Westone? Tout d'abord, il procure un niveau de détail qui surpasse largement un intra moyen de gamme. C'est même épatant de vérité. Sur certains morceaux que je connais plutôt bien, j'entends clairement des backing tracks dont j'ignorais toute la beauté! Des harmonies de voix, par exemple, qui se détachent de l'ensemble et que l'on peut... plus que discerner... carrément entendre distinctement. Ca j'avoue, ça le fait! Même si ça peut être déroutant de découvrir des imperfections d'enregistrement ou des détails qui trainent sur les pistes de certains titres (pas mes démos, là c'est évident! :-D) comme des respirations, des bruits parasites, du souffle, ce genre de choses... Il suffit d’écouter la reprise du morceau des Blue Nile par Curtis Stigers, « Let’s go out tonight », pour voir de quoi on parle...

Ensuite, l'espace de la scène sonore est assez large, sans tomber dans cette sensation de son "surround" ou rien n'est au centre. Non. Large mais précise. On sent que ça voyage et qu'on a du détail. En réalité, on se sent immergé dans ce que l'on écoute avec un très bon ressenti de la provenance des sons.

Enfin venons-en au point crucial qui peut être l'élément déterminant dans le choix d'un casque : sa réponse en fréquences, son équilibre tonal, bref sa signature sonore ou celle de la marque. J'avais lu pas mal de choses sur Earsonics, des bancs de tests, des avis d'utilisateurs et il y a des choses auxquelles je m'attendais. Comme par exemple d'avoir un aigu et un grave en retrait. Ca, j'y étais plus ou moins préparé. Mais ce qui m'a intrigué le plus se situe ailleurs... C'est c’est cette bosse vers 1 KHz, qui ouvre les mediums de façon... aventureuse!

1 KHz, c'est une zone sensible, trèèès sensible. C'est la zone où transitent pas mal d'informations, une charnière pivot pour les voix et les harmoniques de beaucoup d'instruments qui composent la balance tonale d'un morceau, bref, la clé de voute d'un mix. Ce choix s’inscrit dans un souhait évident du constructeur de corriger les défauts de son prédécesseur (S-EM6 v1) en apportant de la précision aux sources et en permettant aux harmoniques de s’exprimer d’avantage. Avec les extrémités du spectre en retrait, on sent très bien cette volonté de produire un intra qui mette en avant les transitoires sans effet de masque. Il est un fait certain que les amateurs de précision vont se régaler. Mais la poussée en avant dans cette zone de fréquences est quand même significative, un poil trop pour moi qui aime avoir un medium plus contenu et des sensations proches de l'écoute hi-fi.

Personnellement, flat, je l'ai trouvé un peu « perçant » sur les instruments au registre médium comme les snares, les voix, les cordes ou encore les cuivres... En l'état, il m'était d'ailleurs impossible de le comparer au Westone, moins détaillé, sans caractère particulier mais diablement plus équilibré. Certains pourront sans doutes l'apprécier au naturel parce qu'il a clairement de la personnalité mais ce n'est pas mon cas. Pour moi, un traitement me semblait obligatoire pour savoir si nous allions voyager ensemble. J'ai donc tout naturellement utilisé un EQ. Pour les modifs, rien de plus simple : un creux de 2 dB du côté des 1 KHz (Q de 0,5) pour adoucir les médiums sans effacer la précision. Puis deux boosts aux extrémités : de 3 à 6 dB à 100 Hz selon qu'on veuille un bas +/- prononcé et de 4 à 6 dB à 5 KHz (Q de 1) pour ouvrir le haut. Ces ajustements permettent d'obtenir rapidement quelque chose de très savoureux (voir capture d'écran jointe). A ce stade, le match pouvait commencer. Et il ne fût pas bien long on s'en doute...

Bien enfoncé dans les oreilles (indispensable où tout une partie du bas s'effondre), le casque commence par se révéler et là, c'est la grosse claque phonique! Les choses prennent d'un coup tout leur sens et le plaisir d'écoute s'installe. Là où avec le Westone, certains éléments du mix semblent occultés, voilés, relégués au second plan, rappelant à l'auditeur qu'il est en train d'écouter de la musique enregistrée, le Earsonics a ce pouvoir de les ramener vers l'avant sans que ça soit boueux a aucun moment. L'arrière-plan est ainsi mis en valeur avec beaucoup de relief et des sensations proches de celles que l'on ressent en assistant à un live sont clairement ressenties. Le rendu est si vrai qu'il est capable de littéralement plonger l'auditeur dans la scène sonore. C'est assez hallucinant! Ainsi corrigé, le S-EM6 v2 montre toute la largeur de sa bande passante (10 Hz - 22 Khz contre 20 Hz - 18 KHz pour le Westone) et ce, sans agressivité aucune pour, au final, enterrer assez facilement un casque moyen de gamme aux capacités sommes toutes "limitées".

J'ai mis des guillemets parce que, niveau rendement, le Earsonics présente une sensibilité inférieure, avec un SPL de 112 dB contre 119 pour le Westone. L'impédance est assez similaire, quoi qu'un peu en deçà chez les français, (30 ohms contre 27). Ce qui, pour le coup, ne joue pas en faveur du Earsonics... En passant de l'un à l'autre, on sent que « l’outsider » délivre spontanément plus de signal et que cette différence est significative. Mais, un petit ajustement sur le potard de volume et tout rentre dans l’ordre.

Conclusion : si on a le matériel pour corriger la réponse de ce casque aux allures soignées, il peut s'avérer très plaisant à l'écoute mais à nu, il est un poil trop analytique à mon goût. Je lui mets quand même une bonne cote parce qu'avec un traitement adapté, il s’exprime admirablement bien et procure des sensations trèèèès addictives! Avec sa largeur stéréo et son niveau de détail, on sent qu'on se trouve face à un intra très haut de gamme. Seul bémol : son prix qui avoisine les 1000€. Mais ne dit-on pas "le prix s'oublie, la qualité reste"?
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