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Behringer Tube Ultra-Q T1951
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Behringer Tube Ultra-Q T1951
melodeast melodeast

« à recommander »

Publié le 02/04/20 à 12:03
Rapport qualité/prix : Excellent
Cible : Tout public
Utilisé en mixage essentiellement, pistes séparées ou bus, et testé en mastering amateur
Je l'utilise depuis un petit peu plus de 3 ans

Le T1951 appartient à la série Vintager de chez Behringer produite à la fin des années 90. Cette série comporte un enhanceur 8 canaux, un compresseur, un exciter et un preampli, respectivement T1950, T1952, T1954 et T1953
Les possèdant tous, à part le préampli, je vais commencer par reprendre les points qu'ont ces différentes machines en commun. A noter qu'à part le T1950, toutes ces machines ont deux canaux, utilisables en stéréo ou double mono.

Les racks de la série Vintager ont tous le même package: format 2u en aluminium brossé du plus bel effet, des boutons en plastique typés vintage, des switch en fer argenté, des vu mètres typés rétro super classes, une jolie sérigraphie, des ampoules qui éclairent les tubes ainsi mis en valeurs, que l'on contemplera derrière un petit carré de PVC transparent…. en bref, de TRES jolies machines, qui malgré le logo en triangle :), font super classe dans votre pièce.

Pour ce qui est de la qualité générale et de la qualité des composants: on est vraiment en demi-teinte. Le meilleur comme le pire: en façade, des switchs et potentiomètres (crantés) tout à fait satisfaisants, qualité de fabrication impeccable. La grande majorité des composants sont en SMD (composants de surface), ce qui permet d'avoir une bonne vision de l'ensemble du circuit, de permettre une meilleure ventilation. Par contre, sur les cartes (relativement fragiles), tout est dense et petit. D'excellents composants tels que les That 2159 pour le T1952, contrebalancés par des opamp plus que moyens, des électrolytiques chinois en découplage (en plein sur le trajet du signal), des Vumètres et des connecteurs premiers prix qui n'inspirent pas du tout confiance.

Ces machines ont la même topologie: à l'arrière, une carte d'entrées / sorties bien complète, puisque pour les deux canaux, on entre et on sort soit en XLR soit en jack TRS, on sélectionne aussi 4dBu / -10dBV. Cette carte désymétrise et symétrise le signal par le biais d'opamp intégrés: des JRC4580. En sortie, il y a une option transfo. Cet emplacement est destiné à accueillir les transfos de sortie OT1 de la même marque, que l'on retrouve dans les boites de direct DI1000 et DI4000. Notons qu'il s'agit juste de transfo 1:1 très transparents, qui sont placés en sortie, après symétrisation, juste avant les fiches jack et XLR. Au vu d'une telle configuration, on peut très bien insérer le transfo de notre choix, tant qu'il est 1:1. Le transfo ne se substitue pas aux opamp pour la symétrisation et l'adaptation en tension et en impédance. Donc outre l'isolation galvanique, le transfo n'est là que pour ajouter de la distorsion (ce que d'autres appelleront du caractère, de la couleur, de la chaleur etc...)

La carte principale se trouve à l'avant, encastrée entre le panneau frontal et un socle en fer, permettant un très bon confinement du circuit, mais entravant totalement l'accès. Un bon point malgré tout car le signal est desymétrisé et le transfo torique d'alim n'est absolument pas isolé. L'alimentation au centre, linéaire symétrique et régulée; assez classique. Le circuit à lampe, l'UTC "ultra tube circuit" se trouve entre la carte principale et la carte d'entrée sortie. Une lampe 12AX7 chinoise par canal,alimentée à 48v (mais en réalité, 23Vdc après les résistances de 220K) soit deux étages de triode par canal. Comment ce circuit fonctionne-t-il? Mystère. J'ai eu beau lire et relire le schéma, c'est tellement peu conventionnel! En gros, et d'après Behringer, le signal est divisé en deux. La première partie traverse la première triode de façon plutôt transparente. La seconde section, elle, est nettement plus chargée d'harmoniques après son passage dans la deuxième triode. Ces deux signaux sont en suite comparés (par un quad-opamp TL074 monté en différentiel) pour n'extraire que les harmos, qui sont enfin ajoutés au signal.

Alors verdict… A l'écoute, les 4580 soufflent très peu, mais ont tendance à sonner médiums. Ils sonnent un peu confus et nuisent à la transparence. On s'en rend compte facilement. Tous les modèles sont équipés d'un bypass par relai (très pratique). Tous paramètres à plat, on entend immédiatement la coloration et la perte de détails dès que les machines sont activées. Les transitoires sont plutôt préservées et les basses sont profondes. On a malgré tout, une sensation de détail et de relief. Enormément de fonctions, de paramètres, d'efficacités relatives notamment à cause de la perte de définition. Une fois TOUS les opamp changés (LME49860), c'est nettement mieux.
Quant à l'option transfo, j'ai mis un commutateur permettant de choisir entre rien, transfo de qualité (relativement transparent) et transfo pourri à 8 euros (qui distord clairement en dessous de 300hz). C'est assez sympa à l'usage. A noter que vous n'êtes pas du tout obligés de prendre l'OT1. Tout transfo de type 1:1 fera l'affaire

La sortie lampe… Cette section anecdotique, sur tous les modèles, va augmenter les sibliances (comme un phénomène de phaseshift se produisant au delà de 3Khz), creuser les médiums (ce qui peut contrebalancer l'effet JRC4580) et brouiller les basses. Un gros potar d'ajustement, finalement peu utile car entre 0 et 100%, il ne se passe pas grand chose. Il faut tendre l'oreille pour entendre le circuit, un traitement assez radical, masqué par le signal non traité, un peu comme un dry/wet à 20%. On se rend alors compte que ça sonne brouillon en bas, creusé au centre et sifflant en haut. Alors on fait marche arrière. Curieux comme je suis, je tourne toujours le bouton, mais il est très rare que je m'en serve. Remplacer la lampe n'a pas changé grand chose. Il faudrait à mon sens, soit enlever cette section, soit complètement la revoir pour quelque chose de beaucoup plus conventionnel (ce que je ferai peut-être par la suite). En revanche, je ne suis pas opposé à ce "starved plate voltage" de 23Vdc; bien au contraire, dans ce cas de figure, je n'aurais pas vu l'intérêt d'une alimentation HT (>150Vdc). C'est justement la distorsion que l'on recherche ici (les harmos paires générés par ces lampes). Cette disto est nettement plus audible en augmentant les valeurs des condensateurs de bypass de cathode (2.2uF).

Pour finir, je dirais malgré tout que se servir des lampes conjointement avec les 4580 marche plutôt bien. Ainsi, je me suis amusé à masteriser avec les machines d'origines pour le fun. Le son obtenu est "analo à mort". Un peu trop d'ailleurs. Avec l'exciter et l'equalizer en chaine, cela a accumulé la distorsion et cela a abouti à quelque chose d'assez vintage. Très réussi sur un morceau de RAP typé "à l'ancienne". Mais à part cet effet old school, ne comptez pas l'utiliser dans le cadre d'un vrai mastering.


Pour en revenir à l'equalizer T1951
Il est intéressant de noter que les filtres sont montés en parallèle. Par rapport à des filtres en série, cela va permettre de minimiser les problèmes de phase et également d'obtenir des courbes intéressantes (overlapping frequencies). En revanche l'efficacité des filtres est moindre dans cette configuration. Intéressez-vous au GML 8200, la topologie est la même. Carte d'e/s sur opamp discrets, filtrage en parallèles sur opamp discrets biasés (pas de condensateurs de couplage) et sortie. Alors bien sur, loin de moi l'idée de comparer notre T1951 au GML, mais notons que le design est ressemblant.

On a quatre banques full paramétriques (fréquence, largeur de bande et volume), filtrage par condensateurs plastiques et amplification par opamp 4580, condensateur de couplage chimique. Chaque filtre est désactivable, plateau ou cloche au choix dans les deux extrêmes. Ces filtres, d'origine, sont plutôt neutres. Le "Q" (= quality = largeur de bande) est peu précis. A l'usage, ça se résume à choisir entre très large, moyen, ou étroi. Comparativement à un filtre digital, ça n'a rien à voir. C'est malgré tout parfaitement utilisable en mix. Pour preuve, j'ai mixé plusieurs titres avec les machines d'origines (non modifiées), et j'ai obtenu d'excellents résultats. Modifier les opamp, les condensateurs de filtrage et de couplage s'est avéré très efficace. Les filtres sonnent mieux et la machine est totalement transparente.

Chose bête mais ô combien importante: d'une tous les boutons sont petits et de même couleur. D'autre part; la sérigraphie est petite. A l'usage, mixer la nuit s'avère une vraie galère. J'ai par la suite repeint les boutons, ce qui a nettement amélioré l'ergonomie.
Autre chose bête: remplacer les ampoules à incandescence par des led permettra de varier les couleurs, mais aussi de réduire la consommation et la chaleur
Dernier petit truc: pensez à ajuster les "trims pots" de niveau de sortie pour chaque canal. Il s'agit de résistances ajustables à l'aide d'un petit cruciforme. Elles se trouvent sur la carte principale pour les T1951 et 54, et sur la carte d'E/S pour le T1952. Faire passer un signal similaire sur les deux canaux tous paramètres à plat et ajuster
Trois modifications ultra simples mais très efficaces


Conclusion:


Ce T1951 se trouve d'occasion aux alentours de 100 euros. Outre son aspect très séduisant, il regorge de fonctions activables ou non, qui sculpteront votre source à souhait, sans trop vous en éloigner. Une machine robuste, belle, bien conçue, agrémentée d'une section lampe très moyenne, qui pourra tout de même s'avérer utile dans de rares cas.


Concernant la série ULTRA TUBE, on sent bien que Behringer a fait de son mieux pour proposer le meilleur rapport performance prix. Pari parfaitement réussi, seulement tellement réussi que l'on se met à regretter tous les petits sacrifices tirant le prix vers le bas, mais également la qualité générale de ces machines.
Pour avoir grandement modifié ces machines, j'ai essayé de corriger leurs défaut, ce qui n'a pas toujours été facile car la musicalité n'est pas toujours au RDV; or c'est un aspect primordial de la conception. De même, jamais je ne dépenserai des sommes faramineuses, pour les lampes ou transfo par exemple, car en calibrant le tout, on s'aperçoit que tout est globalement aproximatif et que bien que toutes les fonctions soient présentes, passer ces machines au niveau mastering est juste impossible. Comme quoi, les miracles n'existent pas. Par contre, réviser la section lampe, ajouter des transfos, revoir le trajet du signal dans sa globalité permet d'aboutir à d'excellents outils polyvalents en mix / sound design, le tout pour moins de 200 euros!

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