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Test du kit de micro DM8 de Prodipe

Batterie de micros
Un kit de 8 micros dédié à l’enregistrement de la batterie et des percussions, conçu en collaboration avec Claude Salmieri en personne et le tout pour l’effrayante somme de 299€, c’est ce qu’a l’audace de nous proposer aujourd’hui la marque française Prodipe…

Un kit de 8 micros dédié à l’enregistrement de la batterie et des percussions, conçu en collaboration avec Claude Salmieri en personne et le tout pour l’effrayante somme de 299€, c’est ce qu’a l’audace de nous proposer aujourd’hui la marque française Prodipe…

Canular ou pas de lézard ? Les hommes de mains de l’abominable Los Teignos sont sur la piste : ça va tracker du drum saignant, ça j’ vous l’dis…

Malette DM8


Non, parce qu’y faut plus rigoler, là. Déjà quand on nous avait dit le prix, on trouvait ça un peu louche, mais en voyant débarquer dans les bras de la postière cette chouette mallette noire avec sa somptueuse poignée en acier, (non, en fait, elle est en plastique, mais avec une finition peinture inox qui fait le bluff au poil) et ses cornières en aluminium (ce coup-ci c’en est vraiment à 100%) de type flightcase indestructible, on a bien cru à la grosse farce. En fait, on s’était planté, c’est juste le flight qui coûte 299 euros. Après, il faut acheter les micros ! Bon, trêve de plaisanterie, on retire la protection cartonnée qui entoure l’objet et qui arbore une belle photo du maître, notre grooveman national, le CloClo des batteurs, monsieur Salmieri en personne. Ensuite, on fait sauter les deux fermoirs solides qui ne nous lâcheront pas à la première séance venue, ça c’est sûr, on ouvre, et, surprise, contemplation béate, tout le monde est au rendez-vous. C'est-à-dire, les 8 micros promis par le nom même du kit (DM8), mais aussi 3 pinces et 3 bonnettes destinées aux 3 micros overheads, les 5 dynamiques ayant leur propre système de fixation intégré à la coque.

 

Fabrication soignée

Malette ouverte DM8

Dès la première manipulation de ces précieux objets, on est tout de suite rassuré, côté look, ça le fait vraiment, avec des finitions qui, bien que chinoises, n’ont rien des tragiques chinoiseries que l’on se coltine parfois avec les produits venus du Royaume du Milieu. Ici, classe et discrétion, avec une grosse tendance noire pour tous les micros, simplement rehaussés de la blanche sérigraphie apposant sur chaque pièce la signature de Claude.

Côté fabrication, pas de lésine non plus : les grilles de protection des capsules des dynamiques sont en acier laqué noir, avec une trame compacte et solidement renforcée par une bague médiane. Elles sont de plus recouvertes à l’intérieur d’un film de mousse isolant parfaitement la membrane du micro, elle-même protégée par un autre film de mousse et un filtre en plastique. La bague de fixation du micro au pied est également de bonne facture, avec un pas de vis en laiton traditionnel, offrant un vissage souple. Cela devrait tenir le coup même si l’on démonte souvent.

De plus, une rotule, qui permet d’orienter le micro verticalement, est fort bienvenue pour faciliter le placement précis sur une batterie chargée d’accessoires, évitant d’avoir à bouger la perche du pied pour régler l’angle de projection du son par rapport au micro. Toujours pratique ! Seul petit détail, qui peut éventuellement s’avérer pénible à la longue, c’est que cette rotule est munie d’une simple vis de serrage, et non pas d’un papillon. Bon, pour le moment, la tension est correcte et la bonne tenue de l’angle des micros une fois placés ne pose pas de souci, sauf peut-être pour celui de grosse caisse, qui, bien évidemment plus lourd, a une plus grande tendance à céder aux terribles lois de la gravitation. Il faudra donc prévoir un tournevis, surtout si l’on change constamment de réglages, pour parer à un intempestif petit coup de mou, car rien de pire qu’un micro qui pique du nez alors que l’on est en train de faire la prise du siècle. Bon rien de bien méchant donc, mais quand même attention, hein, monsieur Prodipe.

DM8-C

Ça m’étonne d’ailleurs que monsieur Salmieri n’ait pas œuvré pour le papillon (bon, je sais, je commence à vous courir avec mon papillon, mais qu’est-ce que vous voulez, j’adore Brassens, on se refait pas…), lui qui s’y connaît quand même une botte en microtage, avec son studio d’enregistrement, où il nous a même fait l’honneur de nous recevoir, pour nous montrer un peu comment on s’en sert, d’un micro de batterie. Et donc, nous y sommes allés, pas peu fiers. Eh oui, kessvoucroyez, à AudioFanzine, on n’est pas là juste les yeux rouges dégoulinant sur l’écran plat, on est des vrais journalistes, on se déplace, quoi, pour saisir au vol la vraie info quand elle passe, fébrile et discrète, et pas simplement vous balancer un résumé d’Internet, bon, zut !

Pro deep !

DM8-SD1

Et donc nous voilà chez monsieur Claude, madame n’était pas là, et l’on s’aperçoit bien vite, d’après l’œil enjoué du batteur et le set DM8 dûment installé sur un magnifique kit Mapex Sparkle, qu’ici, sponsoring n’est pas simplement synonyme de gros sous, mais que, comme va d’ailleurs nous le confirmer l’intéressé, il y a eu un petit quelque chose en plus, pour aboutir à un produit tenant vraiment compte de ses besoins. Mais avant de le laisser parler, voyons voir un peu, c’est qui au juste Prodipe ? C’est vrai qu’au départ, surtout si on a pas lu le nom et que l’on a entendu Pro Deep, ça peut plutôt faire penser à une marque de palmes, de tuba, ou bien de préservatifs, pour ceux qui n’ont pas le pied marin tout en appréciant la plongée. Mais que nenni, Prodipe est en fait la contraction de « Production IPE », le commanditaire de cette opération coup de son n’étant autre que le célèbre distributeur français IPE, qui soutient de nombreux softs musicaux (Band in a Box, Guitar Pro, Finale…) et qui se lance maintenant dans le matos home-studio, avec déjà à son actif d’excellentes enceintes (les Pro5 et les Pro8) dont nous avons fait l’éloge il y a peu dans nos colonnes (non, non je vous assure que je ne touche rien !), mais aussi un micro voix signé Ludovic Lanen, et divers modèles de casques de monitoring. Bon, pour une fois qu’on a du hardware cocorico, on a le droit de se laisser un peu aller côté story telling, non ?

 

Conception et tarif

DM8-SD

Enfin, revenons au  DM8, de la conception duquel Claude Salmieri nous parle en des termes assez inhabituels. En effet, loin de nous vaporiser d’emblée l’éternel narcotique « ce sont les meilleurs micros, tous les autres sont pourris », il commence par préciser que depuis le temps qu’il enregistre des batteries et produit des albums, il a toujours travaillé avec d’excellents micros, dont il a été et reste très content. « Ce qui m’a tout de suite intéressé, lorsque j’ai été contacté par Prodipe pour participer à la conception des DM8, c’était bien sûr de pouvoir réunir en un seul set homogène les principales qualités que j’obtiens d’habitude avec plusieurs marques de micros, mais surtout, de pouvoir proposer ce set à un prix n’atteignant même pas celui d’un seul micro traditionnel. »

Mais avant de parler de coût de production, il faut chercher, et trouver, et c’est ici que se met en place un véritable processus d’élaboration. « Nous avons commencé un long travail de concertation avec les ingénieurs qui bossaient sur ce projet, afin de réaliser les premiers prototypes... Au début, je n’arrivais pas trouver la couleur dont je rêvais, c'est-à-dire une présence dynamique indispensable à l’enregistrement numérique, mais aussi une bonne chaleur, surtout au niveau des basses. Nous avons donc fait une recherche approfondie sur les fréquences, et nous avons revu notre copie plusieurs fois, après avoir fait des tests chez moi avec Ludo (Ludovic Lanen), pour finalement mettre au point ces modèles. » Et c’est au bout du processus que Claude Salmieri , emballé,  accepte de signer les micros, à condition toutefois que ceux-ci soient proposés à un prix accessible à la plupart des batteurs. Et grâce à l’infrastructure chinoise, c’est effectivement possible. Nous voici donc avec le set DM8, à moins de 300 euros !

 

Quoi dans la caisse

DM8-KD

Le set DM8 comprend donc 5 micros dynamiques, et 3 micros à condensateur. Si ces 3 derniers sont identiques (DM8-C), dédiés à un overhead stéréo et au charley, on trouve parmi les dynamiques 3 modèles différents, dédiés respectivement à la grosse caisse (DM8-KD), à la caisse claire (DM8-SD1) et aux toms (DM8-SD).
Commençons donc par les basses avec le KD, qui offre une courbe de réponse couvrant la plage de fréquence 20HZ-10kHz, avec une pointe d’environ 5dB autour des 100 Hz, qui donne une bonne présence des deep ends, très chaleureuses sans pourtant être floues, et une seconde pointe vers les 5k, qui permet de bien faire ressortir le kick sans avoir besoin de recourir à un second micro plus généraliste si l’on veut un peu de pointe de ce côté-là. La sensitivité de -58dB donne une bonne résistance aux boulets et les cogneurs pourront y aller sans problème, le KD saura les suivre dans leurs sauvages séances de double pédale.

Les SD, destinés aux toms, vont de 80 Hz à 13 kHz. Sans colorer les attaques, ils offrent une très bonne homogénéité d’ensemble, avec là encore une chaleur et une netteté qui ne surprend pas lorsque l’on connaît le jeu tout en nuances de Salmieri. Le rendu de la projection est correct, et la précision dans les hauts mediums permettra de les utiliser sans problème pour des percussions plus agressives et plus brillantes que les toms, comme des bongos, des congas, des timbales. Un très bon compromis.

DM8-SC

Le SD1, monsieur caisse claire, ressemble beaucoup à son copain des toms, et si ce n’était sa grille de protection sphérique (elle est tubulaire pour le SD), on pourrait presque les confondre. Côté caractéristiques, ils sont en tout cas identiques, avec une réponse s’étendant de 80 Hz à 13 kHz. Cependant, avec une légère pointe dynamique entre 5 et 6 kHz, le SD1 offre une meilleure précision pour la captation du timbre, tout en encaissant en même temps parfaitement la projection d’un rim shot, aussi bien sur une caisse en métal très pointue (j’ai tenté la free-floatting avec tambour laiton Pearl 6.5’’) que sur une bois très ronde (Une DW 5.5’’). Et pour être tout à fait honnête avec vous, je n’ai pas constaté une énorme différence de rendu avec le SD, mais enfin bon, je suis batteur, hein, faut pas trop m’en demander.

Quoi qu’il en soit, la couleur est naturelle, pas trop flashy et l’ensemble de ces 5 micros rapprochés sonne assez cristallin, sans toutefois perdre le petit côté crémeux vintage indispensable à un bon traitement au moment du mix.

Enfin, on termine en beauté avec les 3 Électrets, statiques à condensateur, les C, qui, en offrant une couverture de 50 Hz à 18 kHz, permettent un excellent travail sur les cymbales, le charley et les ambiances naturelles de la cabine, là encore s’avérant assez fidèles à la couleur naturelle de la batterie. Attention toutefois, ne pouvant pas être alimentés par des piles, ils nécessitent une alimentation fantôme. Vous devrez donc posséder une table ou une carte munie de cette fonction sur au moins 3 entrées si vous voulez profiter entièrement de votre kit. Voici des exemples audio enregistrés avec une console Yamaha O2R : Extrait 1 Mix 1, Extrait 1 Mix 2, Extrait 1 Mix 3, Extrait 2 Mix 1, Extrait 2 Mix 2 et Extrait 2 Mix 3.

 

Conclusion

Sans aucun doute, le DM8 est un kit réussi, particulièrement pour ceux qui aiment les sons veloutés, tout en restant pêchus, c'est-à-dire 99% des batteurs, corrigez-moi si j’exagère. Ils offrent en effet un bon compromis entre les grands classiques de la chaleur torride, prestigieux, mais hors de prix, et la minutie dynamique, souvent accompagnée d’une coloration très froide, des modèles plus modernes. C’est cet entre-deux qui leur donne ce caractère particulier, cher à Claude Salmieri, en offrant à la fois l’agressivité et la précision de l’attaque ainsi qu’un certain embonpoint dans les bas medium, indispensable pour restituer l’effet bois et la résonnance naturelle d’un set acoustique. Vous pourrez d’ailleurs vérifier cette équation grâce aux prises de batterie effectuées par Claude en personne, sans aucun effet, et qu’il a eu la gentillesse de nous passer pour illustrer ce test. Alors, à vos samplers, hein, les coquins !

Bon, soyons clairs, il existe aujourd’hui plusieurs marques qui proposent des kits de micros batterie bon marché, et pour faire dans le fairplay salmieriste, disons tout à fait corrects. Cependant, le gros plus du DM8, c’est justement le 8 ! Parce qu’un micro de charley en rab, tous ceux qui ont mixé un jour un set acoustique savent que c’est bien fort utile, surtout pour ne pas être obligé, par exemple, de baisser la caisse claire ou de la mouliner aux EQ quand on a trop de charley, ou inversement.

De surcroît, on nous gratifie ici de quelques bonus, comme la mallette vraiment sympa, ou les bonnettes des Électrets, qui donnent vraiment une longueur d’avance à Prodipe, en tout cas au niveau du rapport qualité/prix. Un excellent investissement donc, si l’on veut se lancer dans la production de drumtracks vivantes et pêchues, sans se ruiner.

[+] La mallette, le look, le son, le huitième larron, les bonnettes, le prix, on s’arrête plus…


[-] Pas de papillon (arrêtez-le !) pour le serrage des rotules des dynamique.

 

Points forts

  • La mallette, le look, le son, le huitième larron, les bonnettes, le prix, on s’arrête plus…

Points faibles

  • Pas de papillon (arrêtez-le !) pour le serrage des rotules des dynamique.