Les déclinaisons de votre mix - 1re partie

Le guide du mixage — 133e partie

Maintenant que nous avons vu comment effectuer l’export final de notre mix de façon optimale, nous pouvons aborder un point souvent négligé par le néophyte : l’export de mix alternatifs.

Ici, l’expression « mixages alternatifs » ne désigne pas des remix complets de votre titre. Il s’agit plutôt de versions très légèrement différentes à vocation utilitaire. Ces dernières vous faciliteront grandement la vie au besoin, et mieux vaut les réaliser maintenant que vous avez encore bien l’esprit dans le projet. En effet, cela ne vous prendra que quelques minutes, alors que vous replonger dans une session de travail quelques mois, voire plusieurs années plus tard, sera une tout autre paire de manches. Attention toutefois, afin que la manœuvre soit pérenne, il est primordial de nommer les différents exports ainsi que les fichiers de projets relatifs propres à votre STAN de façon claire et évidente pour pouvoir vous y retrouver facilement.

Rosae - rosae - rosas - rosarum - rosis - rosis

3 1ere decl

Les premières déclinaisons de votre mix que je vous invite à réaliser sont courantes et diablement utiles lorsque votre titre se destine à être masterisé par un tiers. Il s’agit de versions communément appelées « Vocal Up », « Vocal Down », « Instrumental » et « A Cappella ». Comme son nom l’indique, « Vocal Up » est un mix dont le niveau de la piste de voix principale est sensiblement plus élevé. En règle générale, un à deux décibels de plus maximum feront la blague. Pour la version « Vocal Down », c’est bien entendu à peu près la même tisane avec, cette fois-ci, un à deux décibels en moins. La déclinaison « Instrumental » se résume logiquement au mix sans les pistes de chant, c’est à dire sans la voix principale, mais également sans les éventuels chœurs. Prenez garde lors de cet export à ne pas laisser trainer le fantôme de ces voix dans certains retours d’effets du type réverbération ou delay ! Enfin, la version « A Cappella » n’est ni plus ni moins qu’un export du chant et des chœurs seuls, mais avec l’ensemble de leurs traitements et effets, c’est à dire traitements en insert mais également les retours des éventuels bus auxiliaires de réverbes/delays. Une fois encore, méfiez-vous de ces fameux circuits auxiliaires ! Si d’aventure l’un d’entre eux était également utilisé pour d’autres instruments, il pourrait subsister une trace desdits instruments, ce qui n’est bien évidemment pas souhaitable. Notez qu’il peut être utile de segmenter cette déclinaison en deux exports distincts, l’un pour le chant principal et l’autre pour les chœurs.

Mais quel est l’intérêt de toutes ces manœuvres ? Eh bien tout simplement de faciliter la vie de l’ingénieur de mastering en amont. Dans le domaine des musiques actuelles, la piste de chant est dans la majorité des cas le centre névralgique de la composition. Avec ces différents exports, la personne chargée d’apporter la touche finale à votre chef-d'oeuvre aura donc une plus grande marge de manœuvre au regard de ce point crucial, ce qui facilitera l’obtention d’un résultat optimal. Bien entendu, pour que la mécanique fonctionne sans anicroche, il est absolument nécessaire que ces différentes versions soient toutes synchrones. Pour être plus clair, il faut que les bornes de début et de fin de chacun des exports soient scrupuleusement identiques afin qu’il n’y ait pas de problème en cas de recombinaison entre elles, par exemple entre les versions instrumentale et a cappella. Je sais bien que je vous ai déjà dit cela lors du précédent article, mais prudence est mère de sûreté…

C’est quatre déclinaisons accompagnées de l’export principal constituent le minimum vital a effectuer à la fin de chacun de vos mixages. Mais il est encore possible d’aller plus loin, comme nous le verrons dans notre prochain épisode…