Les pièges de l’automation : le routing

Le guide du mixage — 117e partie

Comme nous l’avons vu ces dernières semaines, les tenants et aboutissants de l’automation n’ont, en soi, vraiment rien de sorcier. Cependant, à l’heure de la mise en œuvre, il y a tout de même quelques écueils à éviter. Voici donc une petite compilation des erreurs et problèmes les plus fréquemment rencontrés.

Sur la route

Bon nombre de désagréments en matière d’automation sont liés au routing au sein de votre STAN. Prenons un exemple concret pour illustrer la chose. Imaginez un instant que vous ayez envie de marquer l’alternance couplet/refrain par, entre autres choses, une augmentation du volume de la grosse caisse de votre batterie. Pour ce faire, vous vous jetez logiquement sur le fader de volume de la piste idoine afin d’automatiser ces variations de niveaux. Et là, paf ! Le résultat n’est pas au rendez-vous… Que se passe-t-il ? Ce grand classique du genre est dû au routing de votre piste de grosse caisse qui passe sans doute par un bus dédié à la batterie et sur lequel vous avez certainement inséré un compresseur afin de contrôler la dynamique globale de votre kit. Moralité, en poussant le niveau du kick, le compresseur du bus travaille un peu plus mais maintient tout de même fermement le signal de la batterie par la bride, d’où le rendu peu satisfaisant. Cette stratégie contre-productive au possible n’est donc pas la bonne. Pour obtenir le changement souhaité, vous pouvez par exemple automatiser les réglages du compresseur de bus en sus du volume du kick pour que la compression ne vienne plus contrecarrer l’automation de la grosse caisse. Une autre solution pourrait être d’insérer un égaliseur sur le bus batterie, juste après le compresseur, et d’automatiser un filtre en cloche dans le grave, voire un second dans le haut-médium pour la frappe, afin d’obtenir un résultat satisfaisant sur les refrains.

Automation 116

Autre cas fréquemment problématique lors des automations de volume, la gestion de l’équilibre avec les bus auxiliaires. En effet, si un envoi vers un circuit auxiliaire se fait pré-fader, l’ajustement du volume de la piste source changera immanquablement la balance entre signal sec et signal traité par les effets présents sur le bus. À l’inverse, avec un envoi post-fader, la balance restera identique, ce qui n’est pas forcément ce que vous souhaitez. Pour être plus clair, dans le cas d’un envoi vers un bus de réverbération ayant pour vocation de placer dans l’espace un instrument, faites attention au routing pré- ou post-fader lors de l’automation du volume dudit instrument, car cela peut venir tout chambouler.

Vous l’aurez sans doute compris, le but de l’article du jour est de vous mettre en garde contre les interactions indésirables entre vos choix de routing et vos envies d’automation. Avant tout changement, réfléchissez toujours à l’impact possible sur les traitements qui suivent dans le circuit du signal jusqu’au bus master, sans oublier les éventuels effets placés en parallèle. Je sais qu’au début cela ressemble à une histoire de dingue, mais avec un peu plus de métier, vous constaterez vite qu’il n’y a pas de quoi se faire de cheveux, il suffit juste d’un peu de clairvoyance et d’organisation.

Sur ce, rendez-vous la semaine prochaine pour la deuxième partie de ce chapitre consacré aux pièges à éviter lors de cette délicate étape qu’est l’automation.