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Test de la DigiTech Polara

Dépêche Modes
Après avoir vendu des dizaines de milliers de pédales malgré un design pas toujours affriolant, Digitech a décidé de mettre les bouchées doubles en termes d’esthétique et propose une nouvelle pédale de reverb qui ne passera pas inaperçue dans les vitrines et sur les pedalboards. Mais la Polara flatte-t-elle aussi bien les yeux que les oreilles ?

New Look

Ceux qui ont connu la RV-7 (dont la Polara semble être une évolution naturelle) peuvent mesurer le chemin parcouru par Digitech en termes de design. En effet, « l’indien venu du froid » qui orne la stompbox fait son petit effet auprès des musiciens de tous poils et il est probable que les collectionneurs veuillent exposer le carton d’emballage sur leurs étagères. Mais s’il y a eu changement graphique, tout n’est pas neuf car la marque américaine appartient toujours au groupe Harman, qui détient également Lexicon. La pédale a donc logiquement été conçue en partenariat avec le célèbre fabricant d’effets en rack, comme ce fut déjà le cas pour la Supernatural ou la RV-7

Taille mannequin

Telle Kate Moss et ses besoins caloriques insatisfaits, la Polara doit manger 675 mW de 9 V DC pour fonctionner, mais l’adaptateur secteur n’est pas fourni et l’alimentation par piles est exclue. Il sera donc nécessaire de prévoir quelques dizaines d’euros supplémentaires si vous n’êtes pas équipé.

DigiTech Polara

On continue le contrat minceur avec le solide boitier entièrement métallique dont les mensurations (environ 11 x 7 x 5 cm) font plutôt penser à ce qui se fait du côté du Danemark qu’au pays de l’oncle Sam, le tout étant fabriqué en République Populaire de Chine... 

Le comble, c’est que malgré tous ces efforts internationaux, la pédale pèse tout de même pas loin d’une livre (453 g) ! Mais on ne s’en plaindra pas car cela lui permet de rester en place en cas d’Ura Mawachi Geri ou autre coup de pied circulaire impromptu. Et pour parfaire la protection contre les pieds baladeurs et les êtres malveillants du type bassiste envieux ou enfant en bas âge, Digitech fournit un gros morceau de plastique noir baptisé StompLock ainsi qu’un velcro pour pedalboard afin de remplacer le « Hook & Loop » Pad déjà peu glissant quelle que soit la surface. 

Nonobstant ces indéniables avantages, l’esthète ne pourra s’empêcher de retirer le StompLock ipso facto et manu militari pour pouvoir profiter de sa belle gueule.

Digitech Polara
Digitech Polara
Digitech Polara 

Sous les spots

Digitech Polara

La pédale étant stéréo compatible mono tant en entrée qu’en sortie, 4 jacks 6,35 mm sont de la partie, en plus du connecteur pour adaptateur secteur. Le gros footswtich inspire confiance et le système Soft Click, fort agréable à utiliser tranquillement chez soi, sera peut être un peu léger pour ceux qui aiment avoir du « répondant sous le pied ». Dans la même veine, les petites écritures autour des jolis boutons seront littéralement impossibles à lire dans la pénombre d’une petite scène à moins de 20 cm (si ce n’est 10 pour ceux qui, comme moi, ne portent pas leurs lunettes on stage). C’est donc avec une bonne luminosité (ou à l’aide du manuel disponible ici, en Anglais uniquement) que nous allons voir ce que nous réserve la Polara.

La collection

Outre les indispensables réglages de volume (Level, pour la quantité de reverb), de tonalité (ici baptisé Liveliness, pour la quantité d’aigus injectés dans la reverb) et de longueur (Decay, pour définir la « taille » d’une Room par exemple), on trouve un switch « Tails » qui permet de passer de true à buffered bypass. Autrement dit, vous pouvez faire en sorte (ou pas !) que la queue de reverb continue après avoir désenclenché l’effet, ce qui est bienvenu lorsque, par exemple, vous voulez faire durer une note en fin de solo tout en reprenant la rythmique. 

Enfin, le dernier bouton permet de sélectionner le type de reverb souhaité avec les classiques Room, Plate, Hall & Spring et les plus exotiques Modulated, Reverse et surtout Halo, une Shimmer inédite travaillant avec une cascade d’octaves. 

Le défilé de modes

Technique d’enregistrement 

Trois guitares Fender ont été utilisées pour ce test : deux Telecaster (une signature Jim Adkins Indonésienne et une Deluxe 72 Mexicaine) et une Stratocaster (signature Gilmour NOS Américaine).
La pédale a été branchée dans la boucle d’effets d’un Hugues & Kettner Triamp MKII raccordé à un Marshall 1960 Vintage, auquel s’est ajouté un Fender Super Sonic Combo pour les extraits stéréo.
Le son est capté par un Shure SM57 à gauche et un Sennheiser E609 à droite, en direct dans une 01-V qui renvoie le signal dans une ProFire LightBridge sur un iMac sous Pro Tools M-Powered.

Rien de tel qu’un crunch bien gras délivré par un Triamp MkII pour se faire un idée de la Room et de la Spring, avec une Telecaster Jim Adkins et ses P90 Seymour Duncan.

Polara Room TeleAdkins
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  • Polara Room TeleAdkins 00:41
  • Polara Spring TeleAdkins 00:29

La Room fait correctement son office tandis que la Spring montre, s’il était encore nécessaire de le prouver, qu’un algorithme peut être aussi performant qu’un ressort, les désagréments en moins. Je n’ai pas fait de reprise de Know Your Rights de Clash car un extrait avec un seul accord vous aurait sans doute lassé, mais la tentation était grande tant le son délivré par la pédale peut s’en rapprocher.

Passons maintenant aux modes Modulated et Reverse, avec une Stratocaster Gilmour tout en baissant le gain.

Polara Mod Strat
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  • Polara Mod Strat 00:39
  • Polara Reverse Strat 00:32

N’ayant jamais été particulièrement attiré par les reverb reverse, je n’ai pas été transporté par ce mode et ses possibilités. Quant au mode Modulated, il apporte une discrète touche de chorus qui pourra convenir à de nombreuses occasions, en particulier aux amateurs de musiques progressives.

L’envie d’en « faire trop » se faisant ressentir, je passe alors en mode Plate, avec une Telecaster équipée de humbuckers sur le canal saturé de l’ampli.

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Sa brillance potentiellement excessive nécessitera de rester raisonnable au niveau du potard « liveliness », mais son grain typique Lexicon ravira ceux qui aiment mettre leur effet en avant.

Pour finir, j’ai enregistré les mêmes extraits en mono, puis en stéréo en branchant un Fender Super Sonic sur la seconde sortie de la pédale. Vous allez ainsi pouvoir entendre, en mono puis en stéréo, le mode Hall en son saturé ainsi que le mode Halo en son clair.

Polara Hall Tele72
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  • Polara Hall Tele72 00:42
  • Polara Hall Tele72 Stereo 00:46
  • Polara Halo Tele72 00:39
  • Polara Halo Tele72 Stereo 00:44

La Hall est magnifique et pourra être utilisée comme une « Big Room » en baissant le Decay, tandis que la Halo est certes très typée, mais tout à fait adaptée aux musiques éthérées, en prenant garde à ne pas abuser des fréquences graves. 

Oui ! mais... 

Face à une concurrence bien installée, Digitech tente de reprendre le train en marche et leurs efforts s’avèrent payants car, outre sa plastique (en métal !) avantageuse, la Polara est bourrée de qualités. On pourra même délivrer une mention spéciale aux délicieuses Spring et Hall ainsi qu’au nouvel algorithme Halo qui s’avère tout à fait exploitable et inspirant.

Mais ce ne sera sans doute pas suffisant pour venir chatouiller la Hall Of Fame, la Trinity, la Cathedral et les autres best sellers au même tarif (environ 150 €), en l’absence de présets programmables et/ou téléchargeables.

  • Digitech Polara
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  • Digitech Polara
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  • Digitech Polara
  • Digitech Polara
  • Digitech Polara

 

Notre avis :

Points forts

  • Le nouveau mode Halo fun et inspirant
  • L’esthétique
  • Le StompLock
  • Le boitier compact et solide
  • Le switch Tails

Points faibles

  • L’absence de présets programmables et/ou téléchargeables
  • Les inscriptions difficiles à lire
  • L’alimentation non fournie