close
subdirectory_arrow_left subdirectory_arrow_left Séquenceurs électro
Matériel Séquenceurs électro {{currentManName}}swap_horiz Cakewalkswap_horiz Rechercher une marquekeyboard_arrow_down

Test du Project5 2 de Cakewalk

Fruity Killer ?
Après avoir signé un excellent Sonar 4, Cakewalk entend bien imposer Project5 sur le marché des séquenceurs électro. Et force est de constater que la deuxième mouture de ce logiciel a de quoi faire trembler les ténors du genre.

Séquenceur électro,
quèsaco ?

Tout comme Reason, Storm, Fruity Loops ou Orion, Project5 est un "séquenceur électro". C'est-à-dire qu'il est plutôt orienté vers le travail avec des boucles ou patterns par rapport à un séquenceur généraliste. Mais comme certains logiciels généralistes, à l'instar de Sonar ou Cubase, travaillent eux aussi désormais avec boucles et patterns, disons que la différence se situe dans l'offre logicielle et les fonctions : là où le séquenceur généraliste est plutôt dédié à la production de tous types de morceaux avec les outils de prod et de post-prod nécessaire à un travail orienté studio, les séquenceurs électro sont eux plutôt fournis du côté synthèse, instruments virtuels et effets spéciaux.

Même si avec l'accroissement considérable des fonctions des logiciels, les différentes familles ont de plus en plus tendance à fusionner, on est encore loin de l'uniformité. Outre la question de ce que vous avez comme outils "livrés" par rapport à une somme donnée, il y a derrière ces différentes familles une logique, une philosophie de travail qui les rend encore bien différents. Un peu comme les différences que l'on pourrait faire entre une berline, un fourgon ou un coupé sport : tous servent à se déplacer, mais ne répondent pas aux mêmes besoins de déplacement.

Leader du marché des séquenceurs aux Etats-Unis avec Sonar, Cakewalk a longtemps été dans l'incapacité de contester le suprématie de Cubase en Europe. Mais le vent semble tourner et, si Steinberg garde quelques longueurs d'avance, force est de constater que la version 4 de Sonar a poussé plus d'un utilisateur à migrer vers ce logiciel.

En ce qui concerne les "séquenceurs électro", les choses sont toutefois moins réjouissantes : Cakewalk n'a jamais réussi à se faire une véritable place face aux ténors du marché que sont Storm, Reason et FruityLoops, sans parler du trop peu connu Orion ou de l'énorme Live, maintenant entré dans la famille des séquenceurs audionumériques généralistes.

Les faiblesses de Project5 face à ses concurrents et son arrivée tardive sur ce marché n'ont à ce jour pas convaincu les utilisateurs exigeants ou attachés à leurs habitudes.

Voyons donc si cette deuxième a de quoi secouer le cocotier comme l'a fait Sonar 4 pour les séquenceurs généralistes.

Logo de Cakewalk Project5 2




Si vous avez manqué le début…

Petit rappel pour ceux qui auraient raté le premier épisode, Project5 est donc un séquenceur électro capable de travailler sur le MIDI et l'audio, gérant les boucles grooves (fichiers wav "ACIDifiés" ) et des instruments ou effets VST / DX. Il peut s'utiliser de façon autonome en "studio", en ReWire (hôte ou client) ou en live, comme un instrument à part entière.

 

Boucles ACIDifiées

Le nom vient du logiciel ACID édité initialement par SonicFoundry puis racheté par Sony. Ce sont des fichiers WAV contenant des informations de tempo et de hauteur et un marquage des slices, ce qui permet de les caler automatiquement au tempo du logiciel dans lequel on les utilise et de leur faire suivre la ou les tonalités du morceau.

Comme tout séquenceur qui se respecte, il est bien entendu fourni avec un certain nombre d'instruments virtuels et d'effets, parmi lesquels des sampleurs, des synthétiseurs, des filtres et plus de 3 Go de banques de sons, de patterns et de boucles...

Il comporte encore un arpégiateur et un module nommé GrooveMatrix, qui permet de déclencher via MIDI des évènements de types boucles audio ou patterns. En sus, on dispose d'une matrice MIDI évoluée permettant, par exemple, le Split de claviers externes et l'affectation d'instrument différents à différentes parties du clavier.

Bien sûr, Project5 offre aussi des capacités audio permettant d'ajouter des pistes de guitares, voix, etc. A noter que la pub du logiciel l'annonce comme un "excellent complément à Reason" à qui il apporte ses capacités audio. Tiens, tiens… On décide de ne pas se placer en concurrent direct ?

Cakewalk Project5 2

Enfin, côté formats, le logiciel se montre compatible avec les plug-ins Direct-X, DXi, MFX, VST et VSTi, et il supporte les formats audio ACID, WAV, AIF, Akai S5000/6000 , Kurzweil, LM4, Ogg Vorbis, Sound Fonts 2 et SFZ. Côté pilotes, l'ouverture est large avec la gestion de drivers WDM, ASIO et DirectSound. De quoi tourner sur n'importe quel PC suffisamment musclé, aucun portage n'ayant été effectué sur Mac.

La configuration minimale est en effet un Pentium ou un Athlon à 1.2 GHz avec 512 Mo de RAM, tandis que l'éditeur recommande un processeur à 2 GHz avec 1024 Mo de RAM. J'ai pu constater qu'une config musclée est effectivement nécessaire si on veut gérer de gros projets et utiliser des échantillons lourds. Enfin, seuls Windows 2000 et XP semblent acceptés.

Passé ce petit aperçu des caractéristiques du logiciel, il est temps d'ouvrir la boîte et de procéder à l'installation.

Première impression

Cakewalk Project5 2

La boîte est modeste, mais de présentation propre. Comme le reste de la gamme Cakewalk actuelle, elle comporte un volet ouvrable résumant les fonctions principales et affichant la liste des principaux instruments virtuels livrés. Ceci est plutôt une bonne chose pour débuter avec ce logiciel. En plaçant sur son bureau la boîte avec le volet ouvert, on dispose d'un petit aide mémoire plus que bienvenu, même si ce document semble avant tout commercial pour informer le client potentiel en magasin.

A l'intérieur, on trouve un DVD proprement emballé dans un boîtier format DVD et un modeste manuel... en anglais. Au moins, on ne va pas avoir à se plaindre de la qualité de la traduction !

Ce manuel appelé "Fast Track guide" est un livret 1/2 A4 de 90 pages qui passe en revue les manipulations de base du logiciel et détaille les nouveautés. Comme souvent, c'est un peu léger et il faut aller voir l'aide en ligne pour trouver une littérature un peu plus consistante. Dommage que Cakewalk suive ainsi ses concurrents dans le mauvais alors que Sonar est, pour sa part, livré avec un véritable manuel papier et bien traduit en français. Mais il est vrai que les logiciels ne sont pas au même prix…

 

Installation

Passons sur ce point pour installer le logiciel. Un petit tour sur le site de Cakewalk permet de récupérer un patch "maintenance release". Pas de renseignements sur les bugs qu'il corrige ou les améliorations qu'il apporte, mais on ne s'en étonne guère vu que c'est devenu une habitude chez les éditeurs de sortir un patch sitôt le logiciel sorti pour compenser un beta test un peu superficiel. Misère en tous cas à ceux qui n'ont pas le net pour récupérer la mise à jour, même si ce problème concerne quand même de moins en moins de gens.

L'installation se fait sans soucis. De même pour le patch qui s'installe automatiquement. Comme toujours chez Cakewalk, l'enregistrement en ligne du logiciel n'est pas obligatoire, ce qui est parfait pour ceux qui, comme moi, ont un ordinateur de studio coupé du net. Notons aussi que, pendant que tourne l'autorun du DVD, on a droit à une belle musique. Si celle-ci a été réalisée avec Project5, ça promet.

Au passage, allons comme nous l'invite de DVD jeter un coup d'œil sur le site dédié de Project5. Quelle bonne idée ! On y trouve entre autres en téléchargement gratuit (si on est enregistré) :

  • Un DXi gérant le MIDI OUT (oubli impardonnable de Cakewalk dans les fonctions du logiciel)
  • Le DXi "Triangle II" (qui est de toutes façons un freeware de rgc:audio récemment racheté par Cakewalk).

On trouve aussi en téléchargement des sons et des patterns, de toute évidence fournis par les utilisateurs (on peut uploader ses propres créations) et surtout, des tutoriels très complets, des vidéos aidant à la prise en main du logiciel, ou encore de nombreuses astuces pour l'utilisation des instruments virtuels (certaines rédigées par les auteurs des logiciels eux-même) et des tutoriels pour l'utilisation en ReWire d'autres logiciels : la classe !

Certains tutos concernent d'ailleurs la version 1, mais les fonctions restent les mêmes et cela permet de constater l'évolution (énorme) de l'interface.

Belle gueule

Une interface parfaitement réalisée (Cakewalk Project5 2)

L'interface, puisqu'on en parle est une vraie réussite. L'environnement visuel est sobre, fonctionnel et lisible, plus encore que dans Sonar. Les icônes sont petites (ce qui fait gagner de la place), mais parfaitement claires et compréhensibles.

Les faders sont représentés par des barres plus ou moins pleines selon le niveau, système que j'adore personnellement car il offre une grande visibilité dans peu d'espace. De ce fait, la manipulation est aussi aisée qu'une représentation d'un fader de console tout en étant bien plus lisible. On notera aussi que Cakewalk a peu recouru à la 3D, ce qui allège beaucoup l'interface et limite la consommation de ressources.

Les amateurs de logiciels graphiquement chargés, remplis d'effets de volumes et de dégradés en seront pour leurs frais, même si certains plug-ins ont une approche visuelle plus photoréaliste. Ici, on fait dans le sobre et l'efficace et c'est tant mieux : la clarté de l'interface et sa lisibilité la rendent très reposante. De quoi garder toute sa concentration sur la musique elle-même.

Entre parenthèse, le visuel jouant sur la perception des sons et de la musique (ne ferme t-on pas les yeux pour mieux écouter ?), il serait amusant que des chercheurs se penchent un jour sur l'influence des interfaces graphiques des logiciels sur le résultat musical.

 

Ça sonne ?

Jetons un oeil et une oreille sur les morceaux de démo. Il y en a pour un peu tous les goûts et les titres oscillent entre le " plutôt bon " à l'excellent (question goût aussi). En tous cas, ils sont parfaitement cohérents d'un point de vue sonore, qu'ils donnent dans l'acid jazz, le hip hop, ou l'électro...

Non seulement ils ont un grain réussi, mais aucun ne sonne vraiment pareil, ce qui montre la grande étendue des possibilités sonores de Project5, la variété des sons des instruments inclus et la qualité des samples reproduisant des instruments "naturels". Voilà qui laisse augurer du meilleur concernant les différents composants du logiciel, composants que nous allons à présent détailler.

Les instruments

Evidemment, les fonctions de séquençage et l'ergonomie sont des éléments déterminants pour le choix d'un logiciel mais, comme on a pu le voir avec Reason, ce sont aussi les instruments inclus qui garantissent sa versatilité et la qualité des morceaux qu'il produit. Voyons rapidement de quoi il retourne avec quelques exemples.

 

Dimension

Dimension dans Cakewalk Project5 2

C'est certainement la base de Project5 côté instruments. Il s'agit d'un sampleur/synthétiseur conçu par rgc:audio et qui comporte 3 Go de sons de très bonne qualité.

Bien sûr, certains instruments acoustiques comme les pianos (large choix d'échantillons de 15 à 270 Mo) ne peuvent faire totalement illusion seuls : on n'est évidemment pas au niveau des banques dédiées qui, pour certaines, font plusieurs Go, comme le montre quelques tests réalisés avec des fichiers MIDI de pièces signées Mozart. Dans un mix, en revanche, les programmes fournis sonnent parfaitement et avec réalisme.

Mais Dimension ne se limite ni aux instruments acoustiques, ni à la lecture d'échantillons. Il dispose entre autres d'un EQ 3 bandes paramétrique, d'effets lo-fi, de filtres (avec réglage du cut off et de la résonance), de drives, d'une section FX et d'une matrice de modulation évoluée. A la faveur de cette dernière, on peut d'ailleurs empiler jusqu'à 4 échantillons en gérant leur dynamique. Bref, un outil vraiment complet qui laisse entrevoir d'énormes possibilités en terme de synthèse.

 

Vector Mixer

Autre petite merveille : vector mixer. Il s'agit d'un petit écran partagé en 4 parties, chaque partie représentant un samples. A la souris ou par contrôle MIDI, on balade la croix dans l'écran, réglant ainsi le mixage entre les 4 échantillons simultanément (en plus de leur réglage individuel de volume dans la fenêtre personnalisable). Non seulement cela permet rapidement et instinctivement un réglage parfait des équilibre, mais c'est un outil fantastique pour jouer en temps réel avec des échantillons très différents. Et bien évidemment, tout ceci est automatisable.

 

PSYN II dans Cakewalk Project5 2

Psyn II

Derrière ce nom à la prononciation obscure (si quelqu'un a une suggestion...) se cache une merveille de chez Merveille. Orienté vers les sonorités de type "analog vintage", ce synthé soustractif offre en effet d'excellents sons dans différents styles.

Qu'on cherche une basse bien grasse, des nappes délicieusement grondantes façon Oberheim ou un simple orgue de bonne qualité, Psyn répond présent. Doté d'une banque de presets bien fournie (à vue de nez, dans les 300 sons) et dont la qualité ravira ceux qui ne veulent pas trop se fouler, la bête offre en outre de multiple paramètres : des heures de bidouilles en perspective, permettant des expérimentations sonores savoureuses.

Bien sûr, on n'a pas là le grain d'un vrai analo vintage. Mais ça sonne vraiment et le synthé n'a pas à rougir de la concurrence, capable qu'il est de fournir des sons actuels et comme des sons du passé.

 

Roland Groovesynth

Roland Groovesynth dans Cakewalk Project5 2

Qui mieux que Roland peut réussir l'émulation ou l'échantillonnage de ses propres machines de légende, comme la fameuse TB 303 ou les boîtes à rythmes TR ? Bonne question à laquelle on ne répondra pas ici. Ce qui est certain, c'est que ce module sonne franchement bien et qu'il ne se limite pas aux sons de TB ou TR puisqu'il explore un peu toute la palette des instruments (avec plus ou moins de bonheur selon les catégories).

On trouvera cependant avec surprise des sons inattendus assez réussis comme les sax ou flûtes. Pas de quoi faire un solo de jazz réaliste, mais largement de quoi placer un petit gimick qui sonne au sein d'un morceau.


Cyclone

Gérant les samples "one shot" ou les boucles, ce sampleur dédié aux batteries et percussions concilie une grande simplicité d'utilisation et des outils créatifs tout à fait intéressants. Beaucoup d'utilisateurs de produits Cakewalk seront content de le retrouver ici. Les autres feraient bien de ne pas se laisser abuser pas son apparente simplicité et son interface un peu vieillie, pour explorer les possibilités qu'il offre en matière de construction de rythmiques.

Enfin, d'autres instruments sont fournis que nous ne détaillerons pas ici. Sachez simplement qu'ils sont tous de bonne, voire d'excellente qualité.

nPulse dans Cakewalk Project5 2

Pas de remplissage dans ce bundle, histoire de faire nombre. Chaque instrument mérite sa place dans l'offre logicielle, même s'ils apparaîtront plus ou mains pertinents selon les goûts de chacun. Ainsi, je n'ai pas été très enthousiasmé par le nPulse, orienté TR 808, parce qu'il ne correspond pas à mon goût et à mon environnement sonore. Mais en comparaison avec d'autre produits similaires, il a tout de même l'air de bien tenir la route.

Le moteur

Le principe est aussi simple que classique : une fenêtre de pistes (midi et audio) dans laquelle on place les patterns, on les étire, on les copie, coupe, colle.

Tout aussi classique, l'éditeur de pattern offre un double mode d'utilisation : un mode piano roll très connu des utilisateurs de séquenceurs audio numérique (et d'orgues de barbarie) et un mode step séquenceur très connu des utilisateurs de groovebox et de boîtes à rythmes. L'édition est simple, les raccourcis bien pensés. Tout ça fonctionne parfaitement et permet de travailler vite et bien.

Gestion des boucles dans Cakewalk Project5 2

Côté audio, on dispose d'un éditeur de boucles avec gestion des transitoires et édition directe de la hauteur de chaque tranche (voir cet exemple audio, et cet autre), mais aussi d'autres nombreux paramètres dont le volume, la pan, l'envoi aux auxiliaires, le filtre résonnant, l'EQ, la modulation, etc. Et tout ça sous forme de "courbe" tracée directement sur le pattern. Un régal de simplicité qui permet de bricoler, en un rien de temps, un truc qui sonne de la mort !

Par contre, dans mon exploration de ces fonctions et le joujou avec les transitoires, je suis arrivé à un résultat inattendu... sur lequel je n'ai pas réussi à revenir ! Embêtant... Faute de manipulation ou bug du logiciel ? Impossible à dire pour l'instant.

De même, certaines choses que j'arrivais à faire facilement, sur la boucle utilisée dans le projet exemple d'origine, devenaient inaccessibles une fois celle-ci reprise à part. Il faut en conclure que malgré sa remarquable ergonomie et sa grande simplicité d'emploi, Project5 n'a rien d'un "petit logiciel facile" et qu'il nécessite une exploration approfondie et une lecture attentive de la doc pour être pleinement exploité… Mais c'est là un point commun à tous les logiciels d'envergure du marché!

Puisqu'on cause ergonomie, il convient de s'arrêter sur la fonction zoom, tout simplement géniale. Au milieu des ascenseurs verticaux et horizontaux, on dispose d'une petite flèche double. Si on clique dessus, non seulement on contrôle l'ascenseur (dans son sens), mais on peut aussi zoomer et dézoomer en bougeant la souris perpendiculairement. Absolument génial !

Parmi les choses moins enthousiasmantes, on évoquera la gestion des fichiers et presets. Certes on dispose d'un explorateur bien pratique, certes on dispose d'une liste des boucles et de patterns chargés dans le projet avec distinction de ceux qui sont utilisés, mais on ne peut pas, en revanche paramétrer les chemins d'accès par défaut du logiciel. Mieux vaut donc avoir un disque dur drôlement bien organisé !

Bienvenue dans la matrice

Project5 dispose aussi d'un arpégiateur puissant permettant de générer une grande variété de motifs. Ce dernier comporte toutes les caractéristiques usuelles d'un arpégiateur, auxquelles s'ajoutent des fonctions moins classiques comme un mixage arpège/accord qui permet, par rapport à un accord plaqué, d'entendre plus ou moins l'arpège, l'accord ou les deux.
Un excellent outil dont les paramètres peuvent être enregistrés en automation au niveau du pattern.

Groove Matrix dans Cakewalk Project5 2

Mais plus que tout autre composant de Project5, c'est la matrice groove (Groove Matrix) qui se révèle être l'outil génial par excellence. Elle se présente sous la forme d'un tableau de 64 colonnes et d'autant de lignes qu'il y a de pistes. Chaque case du tableau peut recevoir un pattern ou une boucle, et, comme pratiquement tout contrôle du logiciel, elle peut être pilotée à distance (super facile avec le mode apprentissage). Un appui sur une touche du clavier et la boucle est lue : de quoi jouer en live par dessus un morceau, ou en live tout court !

De plus, les entêtes de colonnes sont elles même commandables à distance, permettant de jouer, d'un coup d'un seul, tous les patterns et toutes les boucles figurant dans la colonne concernée. Cet outil est donc proprement hallucinant. Que vous aimiez jouer "live" par dessus votre morceau ou que vous prépariez simplement une matrice pour faire un morceau complet en live. Je passe sur tous les détails de paramétrages possibles, de synchro, etc. mais sachez qu'ils offrent une grande souplesse pour les bouclages, délais de déclenchements, etc.

C'est cependant là qu'on se prend à regretter une importante carence de Project5 : s'il peut parfaitement se synchroniser en MIDI en tant que maître, il ne peut le faire en esclave autrement qu'en mode ReWire. La chose est vraiment dommage, notamment pour ceux qui utilisent des séquenceurs hardware ou des groovebox sur scène et qui ne pourront pas assurer la synchro à partir de leurs machines, mais uniquement à partir de l'ordi.

Bien sûr, rien n'empêche de mettre les deux (machines et ordi) au tempo et de jouer ainsi : des AFiens ont fait un méga boeuf de plusieurs heures avec des machines très différentes sans aucune synchro entre elles. D'ailleurs, la précision extrême est plutôt nécessaire en studio où il devient beaucoup plus simple de synchroniser les machines hard sur l'ordi. Mais il est quand même dommage que Cakewalk ait fait l'impasse sur cette solution. On a beau pouvoir utiliser Project5 en ReWire avec un hôte acceptant la synchro externe, encore faut-il disposer d'un tel logiciel…

Conclusion

Dans sa version 2, Project5 frappe vraiment très fort. Que ce soit du point de vue de l'ergonomie, de l'étendue des possibilités, de la qualité et de la diversité sonore ou encore de la stabilité, tout les aspects du logiciel semblent avoir progressé... Fini donc le temps de la queue de peloton : en atteignant cette maturité, le logiciel entre dans la cours des grands, et comme son prix reste relativement démocratique, il devrait logiquement se tailler une part honorable du marché des séquenceurs électro.

La qualité des instruments et des effets fournis justifierait à elle seule l'investissement, mais les nombreuses possibilités et fonctionnalités du soft ouvrent bien des horizons en terme de créativité et de performance. Quant aux quelques petites points noirs aperçus ça et là (comme la synchro MIDI), il ne devraient rebuter personne. Bref, Project5 est, dans sa version 2, une vraie réussite que je suis ravi d'avoir désormais dans mon set.

Points forts

  • Stabilité
  • Ergonomie
  • Clarté de l'interface
  • Qualité des instruments et des effets
  • Diversité sonore

Points faibles

  • Pas synchronisable en MIDI comme esclave
  • Pas de choix de paramétrage des dossiers de données.