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Avis utilisateur

Le triomphe du son avec quelques concessions - Avis Dave Smith Instruments OB-6

Rapport qualité/prix : Correct Cible : Tout public
Futurs acquéreurs qui se demandent si l‘investissement en vaut la peine, ce long avis est pour vous!

Synthétiseur analogique 6 voix, reprenant l'architecture électronique des synthétiseurs Oberheim de la série OB, à laquelle il ajoute un certain nombre de fonctionnalités, à commencer par un clavier 4 octaves (seulement...) muni d‘un aftertouch (sensibilité à la pression) et la vélocité (force de frappe sur le clavier), une connectique MIDI et USB, des effets et des modulations supplémentaires, un séquenceur (certains OB ayant déjà un arpégiateur), une implémentation MIDI exemplaire.

L‘appareil est coûteux: près de 3000 euros à sa sortie, désormais 2700 (prix de décembre 2016), et rien ne dit qu‘il restera à ce prix, le billet vert étant très fluctuant actuellement…Curieusement, et contrairement à son proche cousin le prophet 6, l'écart de prix entre la version desktop et la version clavier est totalement insignifiante (et incompréhensible…): j‘avais prévu d'acheter la version desktop, passablement agacé par le fait que le clavier ne comporte que 4 octaves, mais j‘ai finalement décidé de rajouter la centaine d‘euros supplémentaire pour avoir la version clavier.

Pour ce prix-là, on s'attend donc à l'excellence sur 6 voix de polyphonie seulement. Car l'offre est pléthorique entre 1200 et 3000 euros dans les analogiques (polyphoniques, pas tant que ça, mais ça arrive...) et surtout dans les Virtual Analog de haut de gamme. On a beau vénérer le son mythique des OB, il vaudrait mieux que ce clavier mette tout le monde d'accord sur la qualité de construction, la qualité sonore et les possibilités. Alors qu'en est-il?

Pour répondre à la question, il faut bien savoir ce qu'on recherche, car la réponse sera différente selon les cas: est-on en quête du son Oberheim si particulier: la finesse des oscillateurs/filtres, la présence dans les aigus, un son chaleureux et vibrant, la couleur vintage des sons de Queen, Prince, Toto,...ou bien cherche-t-on un clavier polyvalent, capable de rivaliser dans presque tous les domaines avec la crème des synthés VA/Neo Analog du moment? A la façon dont je pose la question, vous avez deviné que je répondrais "oui sans hésiter" à la première question et "non, mais..." à la seconde. Voilà qui mérite des justifications!

Je vous invite à relire le test de SynthWalker, et je vais essayer de ne pas tomber dans les redites. Côté construction, je n'ai pas de reproche particulier: le poids de l'appareil surprend, il est bien lourd par rapport à sa taille (c'est un petit objet). L'espacement des boutons sur le panneau est tout à fait suffisant, pas de problème de ce côté-ci, même si c'est moins spacieux que sur les monstres originaux (tant mieux pour notre dos). Le repérage des boutons ne se fait que par un petit point au sommet de ceux-ci: exit les "potentiomètres à jupe" au pied desquels trônait une flèche bien visible. Le clavier est agréable à jouer, mais si la réponse à la vélocité ne souffre d‘aucun reproche particulier à mon sens (7 courbes de réponse sont dispos dans les réglages globaux), la réponse à la pression manque singulièrement de progressivité dans sa réponse! Si l'aftertouch n‘est pas "dur" à enclencher, on aurait aimé une réponse plus facile à doser! L‘ajout de plusieurs courbes de réponses sur les derniers OS n‘a répondu que partiellement à la problématique, l'origine de ce phénomène étant plus à rechercher du côté de la mécanique que de l'OS. N‘espérez pas avoir une réponse du type Prophet T8 ou CS80 ici (toutes proportions gardées), mais une qualité équivalent à celle d‘un Virus, d‘un Nord Modular, ...nous aurait tout à fait suffit. Les inévitables flancs en bois sont chouettes et épais, ainsi que le chassis en tôle épaisse de l‘appareil. Les potentiomètres en plastique n‘ont pas l'aspect qualitatif de ceux du Prophet 6, mais n'inspirent aucune crainte, solidement ancrés qu'ils sont. Les petits switches à diode ont un contact franc très agréable, pas d‘impair. Enfin, les molettes n‘appellent pas de commentaire, elles sont en plastique, rétroéclairées, et font le job. Je vous épargne le chapitre connectique bien détaillé dans le test, et j'appuie les regrets sur l'absence d‘entrée audio (d'autant qu'on a un mode "hold" qui aurait permis de traiter une entrée audio sans avoir à utiliser le clavier). Je souligne toutefois l‘initiative bienvenue de l'entrée sequence, qui permet d‘accueillir au choix une pédale pour déclencher le séquenceur, ou bien un signal trig pour faire avancer séquenceur ou arpégiateur d'un pas: ça pourrait être plus qu'utile en live. J'ai testé avec une des sorties de mon Analog Rytm, ça fonctionne mais il faut un son percussif très bref type impulsion, faute de quoi, il y a des loupés. Sinon, n'importe quelle sortie Trig de boite à rythme devrait faire l'affaire.

Les différences/ajouts de fonctionnalité avec les anciens Oberheim sont évoqués dans le test. La caractéristique principale du synthé est que le génération audio est entièrement analogique de A à Z tant qu'on n‘utilise pas les effets, qui sont, eux, des émulations numériques. On apprécie le petit switch "on/off" qui permet de désactiver le processeur d'effet en true bypass (c‘est à dire: quand les effets sont désactivés, le signal audio contourne complètement le processeur d‘effet, ce n'est pas comme si le paramètre "mix" de l‘effet était à zéro, entraînant alors une conversion à la résolution du processeur d‘effet 24 bits/48 kHz: là, le signal reste purement analogique jusqu'aux sorties audio). L‘action de ce switch est mémorisable par program et non global: bon point. A l'inverse, tout ce qui est contrôle/modulations sur les voix est numérique: Arp/séq, LFO, enveloppes et commandes des potentiomètres, permettant au passage la mémorisation de tous les paramètres pour garnir la très généreuse mémoire de l'appareil (500 users, 500 presets usine). Et la qualité des modulations, c'est la principale chose qui s'est améliorée sur les synthétiseurs récents: là où les premiers VA faisaient face à des limites très palpables (effets d‘escaliers, aliasing des modulations quand elles étaient capables d'aller dans les fréquences audio), les synthés de 2016 ont des processeurs véloces permettant offrir des résolutions numériques suffisamment fines pour ne pas abîmer le son: je trouve que cet OB6 bénéficie de ces progrès, et n'ai pas retrouvé les effets de pas/escalier dont parle SynthWalker dans son test (je suis à l‘OS 1.1.4.1, une amélioration aurait-elle été apportée? Les notes de mises à jour n‘indiquent rien là-dessus). Et cela permet des choses qui n‘étaient pas accessible aux OB: les enveloppes sont plutôt très punchy, ce qui ouvre beaucoup de nouvelles possibilités sur les sons percussifs, les basses, les attaques de lead, les sons d'oscillateurs synchronisés...Voilà un exemple où l'élève dépasse les maîtres, et où le numérique apporte une réelle valeur ajoutée.

A contrario, un domaine où l'OB6 est une régression est la non-possibilité de cumuler 2 sons différents en split et en layer, comme le permettait l‘OB8 ou le Jupiter 8. Cette possibilité aurait offert un territoire sonore encore bien plus vaste, permettant par exemple de cumuler un son d‘attaque percussif et une nappe très douce en arrière plan. Je pense que la raison est plus à chercher du côté de la polyphonie limitée que de raisons techniques: empiler 2 sons sur 6 voix de polyphonie eut été vite limitatif, et cette absence est regrettable même si elle s'explique.

Le mode Unison est malin comme tout, car outre la possibilité d‘empiler autant de voix que souhaité (de 2 à 6, donc), il permet d'enregistrer des mémoires d‘accord, et ce, de façon extrêmement simple: on plaque un accord et, simultanément, on appuie sur le bouton "Unison", et le tour est joué! A partir de là, tout appui sur une touche du clavier déclenche l'accord (c'est ce que le manuel nomme "mode Chord"). Si on se contente d'appuyer sur Unison, on empile tous les oscillateur sur la même note, et on peut choisir le nombre de voix à empiler via les boutons bank/tens (qui font office de touche +/-). Le bouton Detune permet de désaccorder les voix les unes par rapport aux autres, épaississant d'autant le son, ce qui sera précieux en techno/trance/EDM, où ces sons massifs sont très prisés (des styles où ce synthé excellera, contrairement aux idées reçues qui le cantonnent au registre Pop/Ambient/Rock Prog). Un regret: dès qu'on est en mode Unison, on ne peut plus jouer qu'une seule note: normal, direz-vous, puisque le mode Unison s‘appelle ainsi. C‘est aussi vrai que fidèle à l'esprit des anciens OB, mais je lui préfère largement l'Unison des Jupiter qui, au lieu de concentrer toutes les voix sur une seule note, les répartit sur le nombre de note jouées: par exemple, on aurait pu imaginer qu'un Unison à 3 voix permette de jouer 2 notes, et non simplement 1: ce n'est pas le cas. A noter que le mode Unison ne donne pas fatalement les résultats les meilleurs sur 6 voix: sachez vous restreindre à 2 ou 3, j‘ai observé plus d‘une fois que le résultat pouvait être meilleur, plus subtil à 2 ou 3 voix alors que le son peut sembler "pateux ou effondré" à 6 voix. Mais ceci n‘est pas une généralité, et quelques programmes bombesques sur 6 voix et 12 VCO détunés vous soulèveront les tripes comme il se doit!

Le mode Detune est utilisable également quand on n'est pas en mode Unison. Il fait dévier le pitch des oscillateurs d'une façon aléatoire, pour reproduire le comportement parfois erratique des synthés vintage à VCO, dont la boucle de régulation du pitch était sujette à l'imprécision des composants ou la température de ceux-ci. Cette déviation fait partie des caractéristiques essentielles des OB, et qui permettent de l'éloigner des sons trop "droits", les VCO de l'OB6 étant par construction très stables. Le mode Stereo Spread fait la même chose sur la répartition stéréo des voix, mais pas de façon aléatoire (aucune chance de se retrouver avec toutes les voix d'un côté), puisqu'il répartit de façon régulière dans le panoramique toutes les voix, le potentiomètre servant à doser cette répartition: ce paramètre, ainsi que les effets (qui fonctionnent en vraie stéréo, c'est à dire traitant les canaux Left/Right de façon indépendante) rendent l'OB6 réellement stéréo: voilà un point fort de ce clavier, avec des sons réellement spatialisés, spectaculairement beaux tout en restant simple dans leur conception. Malheureusement, c'est la seule façon de moduler le panoramique des sons, mais c'est déjà pas si mal.

Le Portamento est dosable par potentiomètre avec une réponse qui semble exponentielle, doté d'une belle plage de réglages. 4 modes sont présents: fixed rate, qui offre un vitesse de transition identique entre notes quelque soit l'écart de hauteur à combler, fixed time (remplacer "vitesse" par "temps" dans la phrase précédente. Dit autrement: en fixed time, toutes les notes décollent et arrivent simultanément). En fixed rate, celle qui ont un plus long chemin à parcourir mettent plus de temps. Ces 2 modes principaux sont déclinés avec un suffixe "A" qui restreint l‘effet aux notes liées uniquement. ("A" comme Legato, logique...bref). Une curiosité: ces 2 derniers modes ne fonctionnent sur mon appareil et dans l‘OS actuel (1.1.4.1) qu'en mode Unison. Je soupçonne un bug, car je ne vois pas l‘intérêt de le restreindre au mode Unison? Passons maintenant à la gestion du mode Unison/Portamento au regard de la polyphonie. Quelle note transite vers quelle note? Simplement: chaque voix se déclenche toujours dans le même ordre (1,2,3,4,5,6). Le portamento transite au sein de chaque voix. Prenons un exemple simple, mais essentiel pour comprendre: quand on active le portamento et qu'on joue alternativement 2 notes "do" à l‘octave, on entend le portamento les 5 premières notes. A la 6ème, le pitch de la voix étant déjà celui joué précédemment, on n'entend plus d'action du portamento. Ce côté "non systématique" et dépendant du nombre de notes jouées et de leur positionnement sur le clavier procure un côté mystique et un peu imprévisible du portamento. On n'a pas le choix entre 2 modes de portamento comme sur le JP8 (qui joue, au choix, alternativement ses 8 voix ou bien toujours la même en 1er, en 2ème, etc), mais on garde le meilleur des 2 modes en l’occurrence: une réussite pour des transitions spectaculaires qui donne de la profondeur à un synthé doté de 6 voix seulement.

La tessiture du clavier n'est donc que de 4 octaves, mais on bénéficie d'une fonction transpose en façade, bien pratique. Malheureusement, son réglage est global, et n'est donc pas sauvegardé avec chaque program. Il faudra prendre soin, lors de la programmation de nouveaux sons, de la centrer sur 0 afin de ne pas avoir la mauvaise surprise de découvrir que le fabuleux son de basse programmé avec soin se transforme en lead quand on change de program! Pour le changement de pitch par demi-ton, cela se passe dans le menu global, de façon moins directe mais toute aussi simple.

La fonction Hold permet un maintien des notes jouée en l'absence de tout jeu au clavier; c‘est particulièrement utile quand l'arpégiateur est en fonctionnement, où il fait office de mode "latch". C‘est un mode que j'utilise souvent pour programmer des sons: je laisse l'arpégiateur jouer pendant que je programme le son.

J'apprécie la fonction key mode, qui offre un luxe appréciable sur la façon dont répond le clavier: il y a 3 modes: Low (priorité à la note la plus basse), Hi (la plus haute) et Last (la dernière). Chacun de ces 3 modes est décliné avec un suffixe "r" qui signifie retrigger: les enveloppes sont alors redéclenchées même quand les notes sont liées, alors qu'elles ne le sont que lorsque les notes sont jouées détachées dans le cas contraire. Cette partie est très flexible (et sauvegardable par programme), même si la plupart des utilisateurs sélectionnera son mode préféré pour n'en changer que rarement.

La sélection des sons n'est pas ce qui se fait de mieux. On peut donc sélectionner 1000 sons (de 0 à 999), et pour cela, on a un pavé numérique juste au-dessus du clavier, donc on se dit que ça part bien. Mais si on veut le son 547, il faut appuyer du "bank" et appuyer sur le bouton 5, puis "tens" et appuyer sur le bouton 4, et enfin appuyer sur 7. On compte? 5 appuis de touches pour appeler n‘importe quel programme. Voilà bien un domaine où l'OB6 aurait du (et pu!) se détacher de ses ancêtres. Heureusement, on peut naviguer entre les programmes voisins en numérotation en appuyant simultanément sur bank/tens. Mais je ne peux m'empêcher de penser que pour sélectionner mon programme 547, appuyer sur 5, 4 et 7 successivement aurait été plus malin, non? La sauvegarde "write", le mode compare (write + global) sont présents et simples à utiliser.

Le bouton "Manual" à droite permet d'envoyer dans la mémoire tampon d'édition le réglage actuel des commandes de la façade, très utile. Un appui sur "Manual" et "Write" permet de faire un init de chaque son pour partir de zéro. Un appui 3 fois successivement sur "Global" permet de choisir le son qui est chargé à l‘allumage de la machine. Le mode Global, justement, permet 3 modes de réponse pour les potentiomètres: saut, relatif ou seuil, encore un choix très pertinent selon qu'on sera sur scène ou en studio.

L'OB6 a donc un arpégiateur et un séquenceur. Ce sont en fait 2 fonctionnalités qui font appel aux même ressources hardware, ils ne sont donc pas utilisables simultanément. L'un comme l'autre sont synchronisables en MIDI. L'arpégiateur est très basique, il n‘a que 5 motifs. Le dernier, "Assign", est le plus souple puisqu'il rejoue le motif dans l'ordre où vous avez joué les notes au clavier. Comme déjà dit, le mode Hold permet de maintenir le motif en jeu sans plus avoir à jouer au clavier: bon point, par contre, je ne retrouve pas la fonctionnalité décrite par SynthWalker permettant d'enrichir le motif arpégé d'une note quand on rajoute une note par dessus un arpège déjà constitué en mode Hold? Chez moi, l'appui d'une nouvelle note par dessus un arpège en cours de jeu fait repartir l‘arpège de zéro, avec un motif à une seule note...Alors que lorsqu'on désactive le mode Hold et qu'on saisit les notes progressivement en laissant les anciennes appuyées sur le clavier, là, ça marche bien. J'en suis bien désolé, tant cette fonctionnalité eut été utile d‘un point de vue mode de jeu en live! Etait-elle présente sur les OS précédents et serait-elle passée à la trappe? Un petit mail à Dave pourrait faire jaillir la lumière, je vais le tenter. Un sélecteur permet de choisir sur combien d‘octaves agit le motif arpégé. Une très bonne chose également: l'arpégiateur reconnait la vélocité: si vous avez programmé un son dont les diodes "Vel" des enveloppes sont activées, votre arpège jouera vos notes avec la vélocité que vous avez entrées. Exemple: un accord à 3 notes dont la première serait jouée fort alors que les autres sont faibles verra l'arpégiateur jouer un motif avec une note renforcée toutes les 3 notes. A noter que cette fonctionnalité est également présente sur le séquenceur. Bien vu également: l'arpégiateur s'accomode très bien du mode Unison & Chord, ainsi que du Portamento: les séquences délirantes à base d‘accords sont bien au rendez-vous: l'OB6 ne loupe pas cette marche-là, bien vu Dave!

Le séquenceur, quant à lui, doit être bien compris pour ce qu'il est: ce n'est PAS un séquenceur où on peut enregistrer en temps réel un riff, avec métronome, quantization et tout le toutim. C‘est un séquenceur pas à pas, qui permet de saisir pour chaque pas une note (avec sa vélocité, donc) ou...un accord! Chaque pression successive remplit le pas, qui peut être rempli également par un silence (rest) ou une note liée (tie). On peut revenir sur chaque pas en arrière pour réenregistrement (mais avec un seul niveau d'undo: impossible de ré-enregistrer la note n°4 si on en est à la 8 sans effacer les notes 8, 7, 6 et 5…). La bénédiction est que chaque séquence est stockée avec chaque program, dont elle est partie intégrante. Les sons d'usine regorgent donc d'exemples convaincants et parfois célèbres de séquences permettant d‘offrir un bon aperçu de chaque son. Hélas, il n'est pas possible d'importer une séquence MIDI, cela aurait été salutaire, car entrer des mélodies complexes via un séquenceur pas à pas relève du sacerdoce! J'apprécie le fait que le "run" du séquenceur est global, c‘est à dire que parcourir les programmes n‘interrompt par le séquenceur, mais déclenche la séquence du son suivant (de zéro, malheureusement, donc pas de mode "chain" pour le live en perspective). Le séquenceur offre une mémoire généreuse de 64 pas, ce qui est confortable, mais est vite englouti quand une séquence offre des longueurs de notes très différentes (un grand nombre de pas étant alors engloutie par les "rest" et les "tie" du séquenceur).

Arpégiateur comme séquenceur sont mis en mouvement par une horloge interne, synchronisable en MIDI, ou bien à faire varier via le potard muni d‘un LCD "tempo" en façade (bien vu) ou même d'un Tap Tempo (re-bien vu). La division temporelle permet de fragmenter le tempo de base en notes pointées, triolets...Le clavier, qui n'émet pas en MIDI out avec son arpégiateur ni son séquenceur (rhaaaaaaa….) peut toute fois envoyer un signal d'horloge MIDI. Mes tests ont montré un comportement exemplaire de la machine à ce titre, aussi bien en maître qu'en esclave.

Nous voici arrivés sur la partie génération sonore à proprement parler. Les 6 voix ont chacune 2 oscillateurs, un suboscillateur et un bruit (dont on ne sait pas s‘il est blanc ou pas: il est plutôt médium/aigu). Les oscillateurs, comme sur les anciens modules SEM, ne sont pas identiques: alors que chacun offre dent de scie et square avec PWM, l'oscillateur 2 offre en plus une forme d'onde triangle. La géniale invention de Tom Oberheim à l'époque fut de permettre une transition progressive entre chaque forme d‘onde: la section oscillateur permet, déjà à cet étage d‘entrée, de sculpter très finement le son. A l'écoute, filtre ouvert, les oscillateurs sonnent bien analogique et Oberheim, le contrat est déjà rempli, avec une présence affirmée dans les aigus, beaucoup de contenu harmonique qu‘il sera d'autant plus aisé de façonner ultérieurement avec les filtres. La PWM permet bien un balayage complet allant du square pur jusqu'au rectangle étroit qui disparaît peu à peu: chic alors! Ici, les oscillateurs ne sonnent pas "massifs" à la Moog et leur son très gros, ils sont légers mais chaleureux en même temps. Et donc, fidèle à l'esprit des anciens Oberheim. Le réglage de hauteur des oscillateurs est l'un des rares paramètres qui affiche une info sur l'afficheur (qui renvoie donc la note de chaque oscillo). La synchronisation entre oscillateur est présente et redéclenche bien l'oscillateur 1 par l'oscillateur 2: le résultat est au rendez vous dans les aigus, mais moins dans les graves: on n'est pas chez Pro One ou MKS80/Jupiter ici. L‘oscillateur 2 a un mode "low Frequency" qui en fait un LFO, et le suivi du pitch par le clavier peut être débrayé: ainsi, en mode Low Frequency comme dans les fréquences audio, quelque soit la note jouée sur le clavier, la vitesse de l‘oscillateur 2 sera identique. A noter qu'en mode Low Frequency, l'oscillateur 2 n‘est toutefois pas synchronisable à l'horloge MIDI, contrairement au LFO principal. Ce n'est pas un problème, même si on aurait apprécié de pouvoir synchroniser les 2 LFO ensemble pour produire des formes d‘onde plus complexes.

La partie Mixer permet de doser indépendamment les oscillateurs, le suboscillateur et le bruit blanc: il ne faut pas systématiquement envoyer le niveau maximum dans la section suivante, qui est le filtre, car celui-ci répond de façon légèrement non-linéaire: un signal à mi chemin permet de ne pas le saturer, alors qu‘un signal fort écrase subtilement sa réponse. C‘est hyper subtil à l‘écoute, mais faites le test, et vous devriez discerner une légère différence de couleur sonore.

Le bijou de ce synthé est sans conteste le filtre. Il est superbe! Et tellement musical. Il procure beaucoup d'émotion, et il est très bien pensé. Là, on retrouve bien le son Oberheim, sans réserve, sans bémol. C'est un filtre LPF, notch et HPF, et la transition entre ces 3 modes est elle aussi progressive. On peut donc avoir des combinaisons de filtre (un peu de LPF et de notch, un peu de notch et de HPF). Le notch sculpte le son des oscillateurs en creux, en creusant (et bien plus musicalement que n‘importe quel EQ) une fréquence qu'on ajuste avec le paramètre de Cutoff. Contrairement aux modes LPF et HPF, dont l'action est renforcée par la résonance, le filtre notch dont la résonance est poussée se réduit la largeur, jusqu'à estomper quasiment complètement son action. On peut donc redonner du corps au son en augmentant la résonance pour rendre l'action du notch moins drastique. Un switch à diode "BPF" permet de basculer en band pass, et on a toujours accès au Cutoff et à la Résonance (contrairement au potentiomètre progressif entre filtres qui n'a alors plus de raison d'agir). 2 switches permettent de régler le suivi du clavier sur le cutoff: à zéro (quelque soit la note jouée, le filtre se comporte pareil), à 100% (les notes graves sont filtrées fortement, les aigus sont préservés), ou à mi-chemin. Sur le LPF et le HPF, qui sont des filtres à 12 dB, l‘inconscient collectif veut qu‘on le considère comme étant moins radical/efficace qu'un 24 db/oct à la Roland/Moog: attention à ce genre de raccourci, voir les choses ainsi, c'est passer à côté de ce qui fait l'âme des Oberheim ! Ils font juste des choses différentes: le filtre Oberheim n'écrase pas le son comme le ferait un 24dB un peu bourrin: sur un Moog, avec le cutoff en bas et une résonance élevée, on peut mettre à peu près n‘importe quoi en entrée comme forme d‘onde d'oscillateur, ça sonne à peu près pareil. Sur un OB6, une fois qu‘on a réglé son filtre, on peut retourner dans la section oscillateur pour modifier sa forme d‘onde, sa PWM...le son continue d'évoluer, de se mouvoir et d'offrir de nouvelles couleurs, perpétuellement. Cela démultiplie les capacités de synthèse de ce clavier. Il est par exemple très ardu, en partant d'un son usine, de le recréer "en aveugle". Vous aurez un résultat approchant, mais jamais tout à fait identique si on ne vous dévoile par le réglage de chaque paramètre. Le filtre laisse respirer les aigus, les mouvements d'enveloppes et de sweep offrent une jolie réponse sur tout le spectre. Les réglages de résonance élevés n‘effondrent pas le niveau audio, les attaques peuvent être très punchy ou moelleuses, les nappes sont profondes et vibrantes, les leads super réactifs, juicy, les basses ne sont pas en reste (ce registre fut plutôt une bonne surprise pour moi qui ne l‘avait pas acheté pour cela)...Voilà pourquoi le son Oberheim est bien là, n'en déplaise aux puristes! N'importe quel son, même simple, sonne juste comme il faut, et le plaisir du jeu est instantané. Au prix bien sûr d‘un filtre moins radical et plus subtil à doser, qui ne part pas en sucette et encore moins en auto-oscillation.

On a ensuite 2 enveloppes ADSR sans surprise: l'une est dévolue au filtre, l'autre au VCA. La bonne surprise provient du fait que leur niveau d'action peut être modulé par la vélocité. Ensuite, ces enveloppes sont inversables, et ça, c'était une fonction essentielle que n'ont pas loupé d'implanter nos 2 vétérans de la synthèse. Cela permet, typiquement, de faire remonter le cutoff du filtre vers le haut quand on relâche le clavier, pour produire des sons "qui s'évaporent" vers les aigus.

Avant d'attaquer les effets, je salue haut et fort le potentiomètre "prog volume": il permet de stocker le volume de chaque programme indépendamment. Cela évite les sautes de volumes d'un programme à l'autre. Le bouton Master Volume se charge, lui, du volume global de l'appareil. Notons l'absence quasi-complète de souffle sur les sorties audio: malgré le bloc d'alimentation interne, le nombre de composants, le son est de très grande qualité en sortie.

Les effets: arf, je suis partagé. Bon: il valait mieux qu'il y en ait. Secundo, ils ne sont pas mauvais, et il n'y a pas 1, mais 2 processeurs d‘effets (en série uniquement). Mais alors: à utiliser avec parcimonie. 3 phaser, 2 flangers, 1 chorus, un ring Mod, 2 delays (tous 2 numériques, l'un simulant un delay analogique Bucket-Brigade, les connaisseurs apprécieront). Le processeur d‘effet possède en plus 4 algorithmes de réverbs (Room, plate, hall, spring). Je lis un peu partout que la qualité de ces effets est prodigieuse. N’exagérons rien: c'est pas mal, mais on ne peut pas dire que ça transcende la machine. Ça peut même franchement gâcher l'affaire, si on dose mal. Cela vient du fait que seulement 2 paramètres sont réglables par effet, ce qui est assez limitatif, mais qui permet de garder tous les réglages en façade. J'aime bien la réverb room, qui est la seule qui respecte un peu l'attaque du son. Le delay BBD est précieux et travaille en vrai stéréo (mode ping-pong). Le Chorus est juste bon. Les phasers sont bons également, et ce qui est cool, c‘est qu'ils sonnent tous 3 bien différemment. Le Ring Mod est la recréation des Ring Mod Oberheim, avec un suivi du clavier débrayable, je l‘utilise assez souvent sur les sons barrés. Les Flangers sont assez envahissants (bon, ce sont des flangers, quoi…), et il faut aussi les doser avec beaucoup de doigté. Une très bonne chose, les delays et les effets de modulation sont tous synchronisable au tempo et à l'horloge MIDI: la vie est belle! Alors d‘où viennent mes réserves? C‘est sur le fait que les effets (le choix des algorithmes, leur couleur sonore) a vite fait de manger et gâcher le son finement élaboré auparavant. Au départ, je me suis bien fait avoir à fabriquer un paquet de sons dont j'étais content, avant de m‘apercevoir que j'avais regagné 50% de leur qualité en coupant les effets! Au moins, on peut dire qu‘ils ne passent pas inaperçus, mais gare à l'indigestion! Et ne vous sentez surtout pas obligé d‘en coller systématiquement 2 fortement dosés! Enfin, une distortion analogique et stéréo; c'est une des fonctions cachées de l'OB6: en appuyant sur "effect" de façon maintenue, on voit apparaît "dist", et on peut doser cette distortion avec le bouton Mix. Le résultat est une distortion qui apporte beaucoup pour certain sons saturés ou lo-fi, mais qui mange aussi une bonne partie des basses et des aigus. Son réglage est ardu, on a vite fait de faire partir le son en sucette (même si on aime bien ça !), je retrouve un peu ici la disto de mon vieil Evolver qui ne faisait pas dans la demie-mesure. J'aurais trouvé plus utile d‘avoir un fuzz ou un overdrive dosable plus subtilement. La raison pour laquelle cette distortion est une fonction cachée est un souhait de Tom Oberheim qui n'en voulait pas forcément au départ, ses OB originels n'en disposant pas.

Les modulations sont assez nombreuses pour rendre le son expressif, et l'OB6 fait un choix radical: tout doit être en façade. Donc, les musiciens de live et tous ceux qui n‘aiment pas se prendre la tête seront comblés. Je suis sérieux: c‘est un vrai choix que de restreindre les menus aux paramètres globaux. Le revers de la médaille ne se fait pas attendre: les modulations vont à l'essentiel et se révèlent assez simplistes à l'usage. Quelles sont les sources de modulations?
- l‘aftertouch
- la section Cross Modulation, avec comme source l'oscillateur 2 et l'enveloppe du filtre.
- l'unique LFO (avec 5 formes d‘onde, et même 6: un bruit blanc apparaît quand la vitesse du Sample&Hold est poussé à fond, c‘est une fonction cachée). Ce LFO est bien sûr synchronisable au tempo/horloge MIDI. Quand il n'est pas synchro en MIDI, il fonctionne en free run (son cycle n‘est pas commandé par le jeu au clavier), alors que lorsqu'il est en synchro MIDI, son départ de cycle est toujours le même quand on appuie sur une note détachée. Finalement, bien vu pour permettre une maîtrise des effets quand la synchro MIDI est enclenchée. Dommage: le LFO est global, et non par voix, son effet est quoiqu‘il arrive toujours synchrone pour les 6 voix, et non indépendant par voix.
- la molette de modulation (qui n'est qu'un dosage de l'action du LFO: très, très limitatif!)
- la vélocité, qui ne peut que doser la réponse des 2 enveloppes (voir plus haut).
- la molette de pitch bend, qui ne peut agir que sur le pitch des oscillateurs et rien d'autre, mais dont l'étendue est définie par un paramètre Wheel Range (réglable par demi-ton jusqu'à 1 octave de part et d'autre du point central).

C‘est pas mal, tout cela! D‘autant que les destination de modulation sont nombreuses et toutes activables en façade. Pour savoir ce que chaque section module (notamment les 3 principales: aftertouch, cross-modulation et LFO) le mieux est d'observer la façade du synthé, c'est la meilleure façon de comprendre!

Plusieurs choses très appréciables dans cette section: le fait que les modulations soient positives comme négatives, déjà. Ensuite, avoir comme source de modulation l'oscillateur 2 offre beaucoup de possibilités dans les domaines audio, que ce soit la FM avec l'oscillateur 1 ou les modulations audio des filtres. Enfin, le LFO synchronisable au tempo et qui montent bien haut en fréquence permettent d‘accéder sans aliasing notable à une gamme de sons de cloche, métalliques...qui font sortir le synthé des sentiers battus et rebattus de la synthèse analogique soustractive. J'apprécie notamment que le type de filtre soit une destination de modulation (on peut "morpher les type de filtre" avec le LFO, par exemple, ou l'enveloppe 1...), ainsi que la forme d'onde de l'oscillateur 1.

Mais, car il y a un mais: il est impossible de doser séparément la modulation d'une source vers plusieurs destinations. Un exemple? Vous voulez avoir un vibrato et un effet Whawha sur un son. Vous activez le LFO à la vitesse choisie, et vous allumez les diodes des VCO1&2 (vibrato) ainsi que la diode du Cutoff du filtre (wha-wha). Ensuite, vous dosez le LFO. Eh bien si vous voulez un fort vibrato et un whawha subtil, c'est...impossible. Ce sera fort pour les 2 ou subtil pour les 2. J‘ai l'air de faire la fine bouche sur l'affaire, mais ça limite beaucoup l‘utilisation de la section modulation. Elle est, j'imagine, fidèle aux anciens OB, mais justement: puisque les modulations sont numériques et de qualité, pourquoi ne pas rendre possible un dosage différent? On pourrait imaginer le faire ainsi: par appui continu sur le switch de destination (par exemple, le cutoff), on pourrait doser individuellement la force de chaque destination avec les touches Bank/tens, ce qui ne nécessiterait aucun bouton supplémentaire? Cela décuplerait les possibilités de la machine, quel dommage de s'arrêter en si bon chemin! Je sais: ceux qui veulent des modulations plus poussées devront se tourner vers le Prophet-12 incomparablement meilleur dans le domaine, mais avouons qu'on peut ressentir une forme de frustration face à une limite qui semble facile à surmonter. Dernier exemple: impossible d'ouvrir le cutoff du filtre avec la molette de modulation, celle-ci ne servant qu'à doser l‘action du LFO: si c'est pas du gâchis, ça...

Il y a sans doute moyen de contourner cela quand l‘OB6 s'insère dans une configuration MAO: par l'automation des paramètres MIDI. Car voici encore un point fort de la machine: la quasi totalité des paramètres de synthèse ont un Control Change MIDI associé ou peuvent l'être au moyen de NRPN (paramètre MIDI non répertorié). Votre DAW (Logic, DP, Cubase,…) peut alors enregistrer des mouvements de potentiomètres, et on peut ciseler des courbes d'automation au scalpel, pour se substituer à la matrice de modulation de l'OB6 dont j'ai exposé les limites. Ça ne répond pas au problème sur scène, mais en studio, tout redevient possible.

Je ne détaille pas le mode Global qui permet de paramétrer le fonctionnement MIDI global de l'appareil, que ce soit via les prises MIDI ou via l'USB, qui remplissent les mêmes fonctions. Il faut noter qu‘en USB, il n'y a pas besoin de pilote à installer. Du coup, les fonctions restent assez basiques, mais l'essentiel est là. Il est notamment possible de dumper un fichier Sysex pour importer/exporter ses programs par 10, 100, 500 ou même la totalité du contenu de la machine: bravo pour cette souplesse dans l'export. La mise à jour des OS se fait "à l‘ancienne" via un fichier Sysex. Cela prend un petit temps, mais c'est fiable et on ne rencontre pas de difficulté particulière. Enfin, des gammes tonales très diverses sont sélectionnables dans ce mode Global: les amateurs de musique concrète ou orientales apprécieront.

Le tour de la machine est accompli, et l'heure du bilan a sonné. L'Award "valeur sûre" a été décernée à l‘OB6, comme il l'avait été au Prophet 6, et je me joins bien volontiers à cet avis: cette machine est sans hésitation une valeur sûre. Au musicien qui recherche la couleur si particulière des synthétiseurs Oberheim, à part la fraction d'irréductible intégristes qui ne jurent que par le vintage, je conseille sans aucune hésitation l'OB6. On n‘a pas en face de soi un Matrix 12 au niveau des possibilités, encore moins en multitimbralité, mais le son est bien là et le jeu procure un plaisir immédiat, en retrouvant tout de suite les sons qu'on a aimé dans notre jeunesse (je parle pour les quadras, là…). Il manquera peut être le côté "gros coffre" que procure un OB_Xa, pour le reste, tout est là. Pour l'anecdote, il y a un vieux morceau planqué au fond d'un album de Daniel Balavoine auquel ce synthé me fait immédiatement penser par sa couleur sonore, c‘est "je veux de l‘or". Tout l'album "vivre ou survivre" est rempli de sons Oberheim et c'est très exactement cette palette sonore qu'offre l'OB6, car c'était bien un OB8 qui était de la partie à cette époque sur cet album. Un son vibrant, chaud, vivant. Un son qui laisse transparaître l'âme de ses concepteurs. Ce fameux son vintage si prisé et qu'ont tant de mal à imiter nos numériques et VST. L'ajout d'effets synchronisables en MIDI, d'une distortion stéréo et une remarquable implémentation MIDI procurent encore plus d'intérêt à ce clavier.

Comme l'investissement à consentir est de taille, et comme les concessions ne sont pas sur le son, elles sont forcément ailleurs. Mais plutôt que parler de "concession", je parlerais plutôt de choix de conception: Dave Smith a dû tirer les leçons des Pro-2 et Prophet 12, excellents synthés sans concession au niveau des possibilités, pour se dire que les musiciens voulaient un retour à l'essentiel, au son, à la simplicité, à la jouabilité. Les Sound Designers les plus chevronnés en sont pour leurs frais et peuvent se sentir rapidement à l'étroit d'un synthétiseur qui renoue avec une philosophie "à l‘ancienne". Car, sur certains points, il ne manque vraiment pas grand chose pour débrider l‘expressivité de ce synthé. Mais les joueurs de clavier, notamment les musiciens live, s'y retrouveront largement. Justement: sachons le prendre pour ce qu'il est, jouons sur l'éventail infini de subtilités rendues possibles par les transitions continues des sections oscillateurs et filtrage. Et saluons l‘horizon qui s'est débouché pour les sons nerveux, métalliques, saturés, qui peuvent partir un peu en sucette, ne collant pas à l'image d’Épinal des synthétiseurs Oberheim, et qui pourraient sans problème trouver leur place dans les courants musicaux les plus nerveux et actuels.

Merci Dave, merci Tom...