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Avis utilisateur

Un classique du début des années 80 - Avis Roland JUNO-60

Rapport qualité/prix : Excellent Cible : Tout public
Déjà plus de 10 ans que le Roland Juno 60 fait partie de mon set-up. J'ai eu la chance de pouvoir l'acheter avant que les prix partent en flèche vers des sommets parfois ridicules.

Lors de sa sortie en septembre 1982, le Juno 60 a été présenté comme l'alternative aux grands frères, les Jupiter 8 et Jupiter 6, des instruments dotés d'un tarif bien plus élevé. Le Juno 60 a suivi le Juno 6, une version sans mémoire, mais présentant les mêmes caractéristiques.

Le Juno 60 est un synthé analogique polyphonique doté d'un clavier 5 octaves de qualité, sans dynamique ni aftertouch, d'une polyphonie de 6 voix basée sur 6 DCO et sub-oscillateurs. Il y a un VCF qui entre en résonnance d'une manière très musicale, des enveloppes bien rapides, un HPF très utile pour parfois afiner le son global où une orgie de fréquences basses n'est pas désirée. Il y a également un arpégiateur très simple d'utilisation et très efficace. Mais il y a surtout le fameux chorus stéréo du Juno 60 qui ont fait de lui un classique, un chorus qui n'est pas exempt de défauts, il souffle un peu et colore le son d'une manière très caractéristique.

Le Juno 60 est typiquement l'instrument que l'on aime ou que l'on aime pas. Pas forcément en raison des possibilités de l'instrument, mais plutôt du grain sonore. Il est vrai que l'on entend du Juno 60/6/106 dans des milliers de productions, dont une quantité importante sont devenus des hits. Pour certaines personnes, le simple fait d'avoir une machine avec un son si "classique" et connu leur pose un problème. Pour d'autres, c'est plus une machine qui rappelle des souvenirs. Je suis plutôt dans la deuxième catégorie. J'aime les machines qui me transportent quelques années en arrière, rien qu'à l'aide de leur couleur sonore, de leur grain. Et le Juno 60 fait partie de ces instruments là. Comme toujours, il ne faut pas en abuser, sinon cela devient vite lassant.

J'ai remplacé tous les presets d'usine par mes presets personnels. La création sonore est tellement aisée et facile sur ce synthé que l'on a vit fait de remplir toutes les mémoires à disposition. Près d'un tiers de mes presets n'utilisent PAS le chorus stéréo. Il y a de nombreux sons où j'ai préféré partir sur une forme d'onde PWM et je me suis amusé avec le LFO pour y apporter un peu de vie. D'autres presets s'orientent plus sur l'arpégiateur intégré: j'ai donc plus misé sur des sons percussifs, courts (merci les enveloppes snappy), avec du HPF qui affine le son. Ou des nappes légères uniquement avec une PWM et un filtre fermé. Bien sûr j'ai également de belles nappes si typiques de Roland, des nappes dont j'aime contrôler le VCF à l'aide d'une pédale externe, afin de les rendre plus expressives, plus dynamiques. Comme le synthé n'est pas le plus polyvalent (pas de portamento, donc on oublie un peu les beaux sons de lead...), il faut s'avoir s'aider d'outils externes.

Le Juno arrive quand même à sortir de belles basses, quelques effets basiques (merci le VCF qui entre en résonnance), ou encore des brass légèrement sombres, parfaits pour se remettre dans des musiques de films datant d'il y a plus de 35 ans en arrière.

Je n'ai rien contre le fait qu'il ne possède "que" des DCO et non des VCO comme la série Jupiter. J'ai un Jupiter 4 depuis quelques années et la comparaison est sans appel. En son pur/nu, un DCO de Juno 60 semble bien maigrichon mis à côté du son massif d'un seul VCO légèrement instable du Jupiter 4. Le Jupiter 4 sonne nettement plus vintage, plus 70's, plus organique. Il n'est parfois pas si évident à placer dans un mix, tellement il prend de la place. Dans ce domaine, le Juno 60, sans le chorus, permet d'obtenir des sons plus fins, moins intenses, mais pas forcément moins intéressants. Cela dépend fortement du contexte musical.

Au niveau de la fiabilité, mise à part la batterie qui a rendu l'âme au bout de 25 ans environ, je n'ai encore jamais eu un problème avec mon Juno 60. C'est solide, fiable et fonctionnel.

Ce que je reproche au Juno 60: le manque de dynamique et d'aftertouch, une polyphonie qui peut s'avérer limitée, le manque de portamento et un mode unisono afin de pouvoir y faire des leads. Il y a 20 ans, l'absence de midi était également un défaut majeur. De nos jours, il existe de nombreux kits midi (de pas cher du tout à relativement cher) qui permettent d'intégrer le Juno 60 dans un environnement midi.

Bref, j'ai un attachement particulier avec cette machine, peut-être en raison de ses limites, ou encore de son côté déjà entendu des milliers de fois, et qui obligent à être un peu créatif pour en tirer le maximum. Un instrument qui me suit depuis plus de 10 ans et dont je ne suis pas prêt de me séparer.