close
subdirectory_arrow_left subdirectory_arrow_left Claviers synthétiseurs analogiques
Matériel Claviers synthétiseurs analogiques {{currentManName}}swap_horiz Rolandswap_horiz Rechercher une marquekeyboard_arrow_down
Avis utilisateur

Quel ennui! - Avis Roland JUNO-60

Rapport qualité/prix : Mauvais Cible : Tout public
Synthé typiquement dans l'esprit de ce qui se faisait à cette époque. Lourd, résistant, large (5 octaves), 6 voies de polyphonie et tout sous les yeux donc pas de sous menus. Là dessus hyper didactique, simple d'utilisation et surtout très beau esthétiquement.
En revanche pas de midi mais du DCB (norme Roland complètement dépassée visant à concurrencer le MIDI) donc méfiance pour les curieux, il est 'midifiable' via le kit KentonDCB et là c'est + 200€.

UTILISATION

Evidemment en utilisation c'est très simple et on navigue aisément sur les différents éléments de contrôle. L'édition des sons est très facile et se fait via un bouton d'activation derrière le clavier. Le manuel est clair et sans grand intérêt sauf pour éditer ou utiliser le JSQ60 (qui demande un manuel aussi de son côté et demeure un séquenceur franchement pénible).
Donc sur ce point le Juno 60 est un exemple de convivialité qui, il est vrai, manque un peu sur les machines modernes. C'est probablement, à mes yeux, son seul véritable atout.
Le maigre avantage du Juno 60 est son arpégiateur qui permet la création de petites mélodies assez rapidement mais on tourne vite, très vite en rond.

SONORITÉS

Eh bien il faut être honnête pour reconnaître que le Juno 60 est une vielle bécane à l'intérêt très relatif. Aucun sons de transcendant, un seul OSC (le Arp Axxe en a un seul aussi donc pas handicapant) et deux types de Chorus (empilable) que je n'ai pas trouvé très pertinent (ça alourdi le son et le densifie mais j'aime pas le rendu du tout).
Ok si on se replace dans le contexte de l'époque il a eu sa place, indiscutablement et c'est pour cela qu'il n'apporte rien de nouveau ou d'intéressant. Le son qu'il a, son identité à part entière, a été entendu des milliers de fois et dans tous les genres possibles (Enya, The Cure, Vince Clark, Section 25 et toute une flopée de groupes Dance ou Techno). Impossible de ne pas l'avoir entendu au moins une fois même involontairement. Donc oui il a une vraie signature mais quel fardeau! Tout sonne toujours de la même façon et le synthé reste finalement confiné à son simple rôle de 'machine 80's Pad/Warm/Bass sur-entendu et lassante au possible.
Sa présence au niveau d'un mix est réel mais à côté d'e certains analo je le trouve ingérable, il se mixe mal, le son passe difficilement et cela, en grande partie, lié à l'utilisation de son chorus (qui souffle et colore le son curieusement). On peut l'enlever bien sûr mais ce qui fait la présence du son d'un Juno c'est justement son Chorus. Maintenant il faut être honnête le son est là et bien là. Large, lourd, chaleureux et organique mais avec toujours ce goût de 'déjà entendu 1000 fois' qui ne lâche pas.
Donc... Dommage sur ce point très important (le plus) le Juno 60 est passé avec moi complètement à côté de la plaque.

AVIS GLOBAL

Eu 2 mois (j'en avais fait le tour en 1 journée), acheté 600 (comme neuf) et revendu le même prix et je trouve cela extrêmement cher pour un synthé aussi limité et offrant si peu de caractéristiques. J'ai eu des dizaines de claviers, analogique et numérique et le Juno 60 fut l'un des plus ennuyeux (même le Moog Prodigy, pourtant très limité, a trouvé nettement plus de grâce à mes yeux). Comment ce 'tank' fera t'il pour rester dans la course avec un prix d'occasion aussi rédhibitoire? Quand on voit la diversité des machines modernes de chez DSI, Moog, Korg, sans parler des modulaires et certains vieux analos aux caractères bien trempés ont est stupéfait par une telle inflation sur ce genre d'engin (ok il est polyphonique, et alors?). Là je penses que c'est une question de mode ''retour aux 80's et la porte ouverte aux arnaques et donc loin de mes critères perso.
Pourtant je connaissais déjà la bécane avant son acquisition (pour l'avoir testé en magasin rapidement) mais j'avais oublié à quel point le JUNO 60 peut se révéler très ennuyeux. Pour celui qui veut se faire un retour vers une autre époque et qui aura la chance mais surtout l'intelligence de ne surtout pas débourser plus de 400/500€ alors oui le JUNO 60 peut faire l'objet de 'second couteau', limitée certes mais à peu près cohérent.

La note est sévère, mais il faut arrêter de se leurrer. Même s'il est construit comme un tank, reste très désirable sous ses allures métallique noir à flancs de bois, à fait parti d'une époque aujourd'hui révolue, le JUNO 60 est un synthé complètement sur-coté, loin de s'affirmer comme une machine autonome. Donc rien à voir avec un Mini/Micro/Moog, un Prophet One ou 600, un Arp Axxe ou Odyssey,un Roland System 100/101 ou dans la même catégorie polyphonique un Korg Poly61/Polysix, Roland Jupiter 6.
Verdict: un synthétiseur franchement inintéressant dans le registre 'vieux analos' que la mode idiote d'aujourd'hui nous vend comme le Saint Graal. Si on ne le connaît pas il faut impérativement l'essayer avant de l'acquérir sinon gros risque de se retrouver devant une belle machine a ennui.
Mais je reste persuadé que certains musiciens en ont fait leur machine favorite pour les mêmes raisons que je l'ai détesté (son monotone, mille fois entendu et rébarbatif mais polyphonie analogique et très facile à prendre en main) et je peux l'admettre, difficilement quand même.
On se dira que tout cela n'est qu'une question de point de vue au final.
A bon entendeur...