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Roland Jupiter-8

Clavier synthétiseur analogique appartenant à la série Roland Jupiter

Images Jupiter-8

Vidéos Roland Jupiter-8

Fichiers audio Jupiter-8

Intermodulation
20FinMars
19Voice
18Organs

Manuels et autres fichiers Jupiter-8

Test Jupiter-8

4,5/5

Les classiques : Roland Jupiter-8

Au tout début des années 80, Roland présente le Jupiter-8, son plus gros synthé analogique polyphonique à mémoires, qui deviendra très vite une légende. Voyons en détail les ingrédients de ce succès… lire la suite…

Avis utilisateurs

Un instrument profondément efficace, cohérent et attachant : ensorcelant !

Par Lleomax le 03/11/2019
Pourquoi écrire un avis de plus sur le Roland Jupiter 8, une des machines mythiques parmi les plus commentées au monde certainement et sur laquelle tout fan de synthétiseurs analogiques sait déjà tout, ou presque ?

Pour donner un peu de contexte, les synthés analogiques ne m’ont pas quitté depuis plus de 30 ans. Je suis tombé dans la marmite dans fin des années 70 et jamais vraiment ressorti depuis ! Du coup, j’ai eu la chance de faire le voyage complet avec ces machines depuis les émotions incroyables de leur première apparition, leur apogée au début 80, leur relégation durant 25 ans derrière les machines à jouer des échantillons, puis maintenant le revival et l’envolée des prix. J’ai donc un peu de recul, et ai également, à mon corps défendant, participé à ces vagues successives d’amour et de désamour.

Le Jupiter 8 est dans mon panthéon depuis très longtemps. Mais je ne vais certainement pas refaire un énième avis technique sur son architecture ou certaines limitations bien réelles mais pas si graves dans mon contexte d'usage. Sur tous ces aspects détaillés, je vous invite, si ce n’est déjà fait, à voir les excellents avis sur AF de Coyote14 par exemple, ou le superbe test de Synthwalker.

En fait, j’ai réalisé que si j’avais cette envie d’écrire un avis depuis longtemps sur le Jupiter 8, c’est parce que je n’arrive pas à me résoudre à le vendre. “Ce serait pourtant plus ou moins 9-10K€ faciles”, me dis-je à peu près tous les 12 mois depuis 7 ou 8 ans quand je bave devant Dieu sait quelle autre rareté vintage croisée sur AF ou ailleurs. Et puis finalement, non, je n'arrive pas à m’y résoudre alors que tant d’autres synthés célèbres sont passés - et repartis - au fil des ans dans mon studio. Cet avis, ce sera donc un peu ma psychothérapie personnelle avec ce synthé merveilleux car si je n’arrive pas à tuer le Père (façon de parler ;=) ), c’est donc qu’il y a bien des raisons profondes de le garder, alors autant les comprendre et les partager avec ceux que cela intéressera, soit qu’ils hésitent à investir, soit qu’ils se reconnaîtront peut-être ici ou là travers un vécu partiellement identique.

La première de mes raisons, que je trouve rarement développée dans les autres avis par rapport à mon vécu avec le JP-8, c’est évidemment le plaisir de son esthétique. Avec les pléthores de VST, on a tendance à l’oublier parfois, mais un synthé, c’est comme une guitare : le look et le feeling font beaucoup dans le plaisir pris avec et devant un instrument. Et avec le JP8, on est vraiment bien servi !

C'est déjà du plaisir quand on le regarde : son design n’a pas pris une ride et c’est incroyable comme il est resté séduisant et beau malgré ses 40 ans ; c’est un peu comme la Porsche 911 dans les sportives, un coup de crayon de génie et un design sur qui le temps n’a quasiment pas de prise. Même ces contacteurs multicolores, qui auraient pu choquer, mais sont finalement devenus une signature visuelle attachante, rappelant également quelques autres productions de l’époque, comme la TR-808. Assis devant le Jupiter 8 ou le contemplant dans son rack, croyez-moi, l’œil se réjouit autant que les oreilles ou les doigts.

C'est du plaisir quand on le manipule aussi : son châssis est lourd, en métal, sentant l’objet pro, rassurant, fait pour durer. Idem pour la sensation fraiche et robuste des flancs chromés en métal épais, qui contrastent avec le noir du dissipateur, ou encore la sensation de solidité de cette face avant, bien rigide, dont la sérigraphie a encaissé quarante années sans broncher. Idem avec les nombreux potards à course plutôt assez courte, mais suffisante, qui s’avèrent efficaces, solides, sans jeu et qui ne bougent pas d’une décennie sur l’autre. Même sensation avec les switches en métal chromé qui basculent d’une manière bien franche, cet écran à segments bien lisible, lui-même couvert de ce sur-écran génial en plexiglas, épais vissé par quatre petits contre-écrous chromés.

C’est du plaisir enfin de jouer sur ce clavier franc, agréable sous les doigts, pas dynamique pour un sou bien sûr, mais qui du coup pousse à redécouvrir les nombreux autres dispositifs pour moduler les sons, comme le bonheur de jouer avec plusieurs pédales d’expression par exemple !

La deuxième des raisons qui expliquent sans doute mon addiction, c’est la lumineuse efficacité de la création sonore. Sur le Jupiter 8, tout est simple, direct, limpide, logique … et sans doute de manière encore plus importante, prévisible. Une des merveilles de cette machine, c’est que l’on sait intuitivement comment obtenir le son que l’on veut, et cela littéralement en 30 secondes au grand maximum. A la base, il faut dire qu’un Jupiter 8, ce n’est pas très compliqué : 2 oscillos, 2 filtres, 2 enveloppes ADSR, un LFO … presque rien de plus simple, (encore que, en mode dual on peut commencer à faire dans le sophistiqué avec 2 patchs superposés et 4 oscillateurs par note ;=) ).

Mais c’est surtout un de ces synthétiseurs qui fait exactement ce qu’on attend de lui quand on manipule l’une des commandes. Impossible d’être surpris tant le Jupiter est franc. Du coup, le geste est sûr, les doigts savent d’instinct quoi faire, le trio ouïe-vue-mains fonctionne de manière fluide, le processus d’élaboration du son n’est jamais arrêté par le comportement inattendu d’une commande … Cela tient évidemment à l’incroyable efficacité et qualité des composants et des commandes : chaque mouvement, même infime d’un quelconque potard à un effet immédiat cohérent sur la texture et la dynamique du son en cours de création. Il y a bien sûr aussi les différents modes de jeu simples et efficaces qui permettent d’empiler, de splitter, de jouer à l’unison, d'activer le portamento, d’arpéggier, … tout est direct et sous la main, et comme tout le reste, c’est simple, ça marche et c’est pour cela que l’on s’en sert !

La troisième raison est évidemment la signature sonore elle-même, indépendamment de la facilité de création. Elle est somptueuse et incarne une forme de quintessence de l’analogique pour l’orchestration et la composition rock, EDM, electro, ambient même … : des basses parfaites, des leads clairs et vibrants, des strings et des pads envoutants et dont la richesse harmonique est parfaitement équilibrée sans effort. Les oscillos ont une présence réelle et chaque forme d’onde a une signature bien à elle, et le PWM est juste une tuerie ; les filtres HPF, LP 12 ou 24 db font leur job à la perfection avec une progressivité idéale tout en ayant une coloration sublime, les enveloppes sculptent la texture avec une gamme énorme entre des attaques ou des decays qui peuvent être hyper-courts, nerveux et claquants jusqu’à des amplitudes de 15 secondes pour un decay-release au maximum … de quoi faire !

Certes, le JP8 n’est pas une machine qui se suffit à elle-même pour aller explorer des textures planantes, multi-séquencées ou hyper-évolutives. Ses capacités de modulation ne lui permettent absolument pas d’aller sur ces terrains-là. Mais sa place est partout ailleurs: il excelle à apporter, sans l’imposer, sa formidable signature analogique en solo et au sein de n'importe quel mix. L’immédiateté avec laquelle il rentre au milieu d’une orchestration est difficile à décrire tant il faut avoir comparé des machines variées pour ressentir ce sentiment de facilité avec le Jupiter 8.
De ce point de vue, c’est le contraire d’un Memory Moog ou d’un OBX, par exemple, qui ne savent pas vraiment se faire oublier et qui hurlent “vous avez bien noté que je suis un Moog ou un Oberheim ” au milieu de tout le reste. C’est sans doute pourquoi certains, semble-t-il, trouvent que le Jupiter 8 manquerait un peu de personnalité. On lui reprocherait presque d’être trop “japonais” (au sens d’une mécanique ultra-précise, hyper-fiable, qui ne surprend jamais) par rapport aux grands monstres américains de la même époque (Prophet, OB, …), beaucoup plus instables et artisanaux.


Mais finalement, au moment de conclure cet avis, je dois dire que je sais désormais pourquoi je ne le vendrai sans doute jamais, quel que soit l’avenir de sa côte. C’est parce que c’est une machine fondamentalement cohérente, attachante et musicale. Pour un vieil analo de 1980, ce que fait le Jupiter 8, il le fait avec une perfection difficilement égalée encore aujourd'hui. Cela en fait un instrument de musique prodigieusement efficace, fiable, qui n’a pas besoin de chauffer pendant 30 minutes pour être accordé avec le reste du set, et qui vous rend au décuple le temps que vous lui donnez par une simplicité confondante dans la création d’un son authentiquement analogique dans la moindre de ses fréquences et qui, en même temps, n’a plus à démontrer l'aisance de son positionnement au sein d’une composition. Du coup, c’est la machine devant laquelle je souhaite m’asseoir le plus souvent, celle qui m’ensorcelle le plus avec son dépouillement apparent très ‘low-tech’, mais finalement, celle devant laquelle j’ai passé mes meilleurs moments de musicien et de fan de synthèse sonore et dont je ne me lasse finalement pas. Ce n’est donc pas encore demain que je libèrerai donc sa place dans mon stand … et c’est tant mieux.
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JUPITER 8 ROLAND

Par Abby9 le 31/08/2018
Je viens acquérir mon 2eme ROLAND Jupiter 8. Juste une vraie merveille. L'âme des sons analog et quel look. Juste du bonheur à l'état brut. C'est une machine hors du temps et beaucoup plus fiable qu'une MOOG MEMORYMOOG de la même époque. Même si le MOOG reste un clavier hors normes.
Les prix deviennent exorbitants dû à la demande et la rareté du clavier à la vente.
Aujourd'hui il faut compter entre 9000 euros et 16.000 euros pour s'offrir ce clavier rare et hors normes. (prix selon l'état et l'options Midi).
Quand j'ai vu et entendu pour la première fois ce clavier analogique, je me suis dit en regardant cette jolie bête... Je t'aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ..
La passion fait souvent perdre la tête ;)
Nous musiciens, nous sommes tous un peu fou! a différents degrés et de différentes manières mais chacun cultive sa folie avec soin.
Aujourd'hui je n'ai aucun regret de cet investissement.
En 2009 j'avais déboursé 6000 euros pour l'achat de ce clavier en midi et aujourd'hui j'ai déboursé 9000 euros 11 ans après pour le 2eme. Çà côte continuera à monter car malheureusement nous sommes pas prêts de voir un nouveau clavier analogique de ce type sur le marché. Il reste MOOG et DaveSmith. Je pense que de nombreux musiciens aimeraient que ROLAND ressorte un vrai clavier analogique JUPITER 2 (je ne parle pas du Jupiter 80 qui est une blague à mon sens même si ça reste un bon Synthé, mais rien à voir avec la lignée de la gamme JUPITER). Un rêve pour moi n'a pas de prix tant qu'il m'apporte du bonheur.
Tout cela pour vous dire que c'est une très belle machine. Un peu comme une vieille voiture de collection avec ayant des sons magiques. Roland tu nous as fait rêver dans les années 80, alors nous attendons une suite aussi magique dans le futur.;) Abby
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Maître étalon

Par coyote14 le 02/04/2017
J'écris cet avis le jour de la disparition de Ikutaro Kakehashi, le fondateur de Roland, à qui je rends ici un hommage très affectueux!

Le modèle que j'ai la chance de posséder est un Jupiter 8 non midifié, sans port DCB, comme la grande majorité des 2000 exemplaires produits

Pour évaluer un synthétiseur aussi mythique, il faut arriver à discerner justement ce qui relève du mythe (la rareté, la notoriété, les tubes légendaires qu'il a façonnés) et la qualité intrinsèque du synthétiseur en lui-même: que vaut-il par rapport aux autres? C'est sous cet angle que cet avis doit être pris.

Commençons par la fabrication. A l'époque de sa sortie (1981), le Jupiter 8 doit faire face à de très beaux synthés américains, encore leaders sur le marché: l'OB-Xa et le Prophet 5, premiers polyphoniques à mémoire. Après le coup d'essai du Jupiter 4, bon synthé mais pas encore abouti, et qui n'a pas réussi à s'imposer, Roland n'a pas le choix: il faut une fabrication exemplaire, et surtout, de la modernité pour trancher avec la concurrence. Le choix du tout métal est donc de mise, avec des flancs en alu, un clavier d'excellente qualité, des boutons/sliders très bien dimensionnés et avec une bonne résistance sous la main. Enfin, la sérigraphie multicolore tranche avec la production de l'époque, du moins dans cette gamme. Un gros dissipateur vient un peu gâcher l'affaire à l'arrière de l'appareil, mais on comprend vite son utilité: l'appareil est un vrai radiateur! Il est presque impossible à toucher passé 20 minutes sous tension. La connectique est top au niveau audio (sorties Jack et XLR, énorme dynamique en sortie), mais il n'y a hélas pas d'entrée CV/Gate, juste une sortie, une prise casque avec un gain réglable sur 3 niveaux. On peut contrôler le VCA, le VCF et le portamento avec des entrées pédales dédiées. Enfin, une sauvegarde par cassette (qui fonctionne toujours très bien aujourd'hui, quand on met un enregistreur audio à la place d'un lecteur de cassettes, permettant d'enregistrer ses banques de sons). Précieux: une entrée Trig qui permet de caler les pas de l'arpégiateur sur un signal de ce type (ça marche nickel avec mon analog rytm).

Toujours pour se démarquer de la concurrence, Roland a l'idée (et la technologie) pour proposer une fonctionnalité que ne proposaient pas encore ses concurrents de l'époque: la possibilité de jouer 2 sons différents simultanément, en split ou en layer. C'est une caractéristique majeure qui en fait un formidable outil de scène (fonction split, surtout, avec point de partage réglable) et de sound design: la possibilité d'empiler 2 sons totalement différents préfigure ce que sera l'architecture des synthés Roland qui suivront, du V-synth jusqu'au récent System8, en passant par le Jupiter 80.

Au niveau contrôle du son, le Jupiter 8 dispose du mode le plus simple: solo (une seule voix), Poly (1 ou 2, selon qu'on souhaite une permutation circulaire dans l'ordre de déclenchement des oscillateurs, ou bien un redéclenchement en partant de l'oscillo 1), et Unison (toutes les voies sont réparties sur le nombre de touches déclenchées, malheureusement sans possibilité de detuning, contrairement au MKS80 qui est monstrueux de ce point de vue. Par contre, le mode Unison répartit les voix Left et Right pour un rendu dans l'espace prodigieux! Ajouté à un multi effet stéréo, ça fait merveille...). Le mode Poly 1 ou 2 trouve surtout une utilité avec l'utilisation du portamento, dont le comportement diffère totalement selon lequel on choisit.

L'architecture d'une voix est simple, et on ne peut plus classique: on peut le regretter, mais c'est en même temps peu original à cause justement du côté précurseur des instruments de cette époque: ils ont inventé le concept des 2 oscillateurs avec l'unique filtre passe bas, tellement copié depuis, et ce jusqu'à aujourd'hui.

Commençons justement par les oscillateurs: ce sont des VCO discrets. ils ne proposent pas exactement les mêmes formes d'onde: le triangle de l'un est remplacé par une sinusoide sur l'autre; le carré de l'un est remplacé par un bruit blanc sur l'autre. Astuce, ou plutôt fonction cachée: un bruit rose est disponible également sur le même oscillateur (voir la rubrique astuces sur cette page).

La cross modulation permet de moduler la fréquence d'un oscillateur par l'autre; l'oscillateur 2 étant débrayable en mode "low", on peut moduler la fréquence du l'oscillateur 1 avec l'oscillateur 2 devenu LFO. Dans les fréquences audio, cela permet toutes sortes de bruits, des fréquences secondaires inharmoniques les plus subtiles jusqu'aux FX les plus destructeurs. Ces oscillateurs, à la base, ne sonnent pas "gros" comme sur le anciens Roland (SH, JP4), mais justement: ils n'en sont que plus malléables et faciles à travailler, toujours avec une réponse très subtile, très chaleureuse et avec une coloration très vintage; sur les nappes, sur les FX avec Cross Modulation, ils sont justes merveilleux. C'est avec le Jupiter 8 que je fais les plus belles textures et nappes, et très facilement. Cela sonne toujours formidablement bien, la PWM est superbe, et il y a ce côté si difficile à reproduire dans les VCO de continuité dans le signal et la phase, même quand on joue des notes différentes: beaucoup de détails se nichent dans leur réponse.

La PWM peut être modulée soit pas l'enveloppe 1, soit par le LFO.

Ce LFO, lui, est avant tout dédié à la modulation du pitch (sur l'un ou l'autre des oscillos, ou les 2), mais aussi du cutoff du filtre. Doté d'un retard, il peut aller assez haut dans les fréquences audio, mais pas autant que le Jupiter 4 qui est, lui, totalement monstrueux dans le registre.

La Synchronisation des oscillateurs est, comme tout ce qui gravite autour des oscillateurs, une merveille totale. Son aiguisé comme une lame de rasoir, son massif (en mode unison, on arrive à des choses dangereuses).

Il y a 2 filtres, au choix: un 12dB/octave à la réponse très musicale et douce, qui fera merveille sur les nappes et les brass, certains leads: et un 24dB/octave qui ne va pas tout à fait jusqu'à auto-osciller: on n'aurait pas été contrarié que ce soit le cas. Ces 2 filtres donnent déjà une réponse très variée à la machine, car ils sont tous deux très différents! Certes, le HPF est statique (et pas très extrême, comme toujours chez Roland qui a repris le concept sur les MKS80), et on n'a pas droit au joli filtre multimode du Jupiter 6, mais c'est déjà pas mal avec ces 2 filtres-là. Des subtilités de réglages permettent de faire des sons assez snappy et sonnant presque comme un HPF, quand on sait s'y prendre.

On peut moduler ces filtres avec le LFO et l'enveloppe 1, qui est inversable (in-dis-pen-sa-ble!)

Les 2 enveloppes sont des ADSR classique bien punchy, ça peut cogner sévèrement! Dommage que l'idée des SH consistant à pouvoir redéclencher les enveloppes avec le LFO a été abandonnée. On a tout de même gardé le suivi du clavier pour chacune d'elles.

Le Jupiter 8 propose enfin des modulations en temps réel, avec 2 sources seulement (le clavier ne disposant ni d'aftertouch, ni de vélocité): un pitch bend, et un gros bouton activant le LFO en tout ou rien, et non par pression comme sur l'ARP Odyssey. L'un comme l'autre peuvent agir sur le pitch et le filtre, directement pour le pitch bend, et via le LFO pour le second bouton. Tout cela est dosable finement grâce à 4 sliders, mais malheureusement global et non mémorisable. Le portamento peut lui être enclenché pour 2 parts, ou 1 seule (la part supérieure, dite upper), avec un temps réglable. Arrêtons nous sur la façon dont il fonctionne: je ne saurais dire pourquoi, mais voici le portamento polyphonique le plus réjouissant qu'il m'ait été donné de croiser sur un synthé polyphonique: le son est comme aspiré, les oscillateurs partent tous de points inconnus, pour converger simultanément vers une seule note. Changer d'accord avant que le portamento ait fini sa course produit des effets vertigineux.

Au chapitre des lacunes, signalons qu'il n'y a aucun effet, les chorus des Jupiter 4 ou Juno étant avant tout destinés à masquer des lacunes comme un unique oscillateur, il a été jugé dispensable sur le Jupiter 8, à l'époque. Tout bien réfléchi, ils auraient été les bienvenus.

L'arpégiateur dispose de 4 motifs simples, avec une amplitude allant de 1 à 4 octaves. Le tempo est fixé en local, ou bien en externe via l'entrée Trig. Dommage que cet arpégiateur ne puissent être utilisé simultanément avec l'unison. En mode Split, seule la part Lower en bénéficie.

Enfin la machine dispose de 64 mémoires, l'utilisation est hyper simple: on tape un chiffre pour les dizaines, et le suivant pour l'unité. Un mode patch permet de mémoriser 8 combinaisons de 2 tones, en split ou layer. Il ne s'agit que de mémoriser des raccourcis vers les tones: si on modifie le tone, le patch le sera donc aussi (autrement dit: les tones ne sont pas mémorisés dans les patchs).

Bien, bien: et donc, comment sonne cet engin? Au premier abord, le son est agréable, musical, très varié, mais rien n'indique qu'on a affaire à une machine d'exception. Puis, comme l'appareil est simple, on commence à modifier, programmer ses propres sons, et là, c'est une explosion des sens: grosses nappes analogiques, lead ravageurs, gros stabs, brass, basses rondelettes ou ciselés, sons funky ou plus vintage, modernes façon 80's, FX qui sont des invitations au sampling...Le Jupiter 8 est selon moi le modèle à suivre: il fait tout, il le fait bien (à part les grosses basses à la Moog, mais il sait faire plein d'autres types de basses, par contre), il est facile à programmer, c'est un synthé vraiment fait pour cela, simple, accessible, archi-logique. Le son au chaud, évolutif, vivant. Le mode Layer, l'Unison permettent des choses très vastes pour un synthé analogique. S'il devait se distinguer de mes autres synthés, je dirais qu'il a un côté violent et sans concession: les sons sont des uppercuts. Quand on est aux commandes, on a une impression de puissance, un peu comme le pilote d'un avion de combat! C'est vraiment un instrument qui procure un plaisir inoui et donne confiance au musicien!

Enfin, il est fiable, n'a pas besoin d'être mis en chauffe pendant 20 minutes pour sonner juste (malgré l'important dégagement de chaleur du gros dissipateur à l'arrière).

Tout le monde n'aime pas le Jupiter 8. Certains lui reprochent de sonner un peu droit comme un "i", d'être certes polyvalent sans être le meilleur sur un type de sons en particulier. Ce sont des critiques compréhensibles, qu'il faut entendre. J'ai des visiteurs qui ont été déçus en l'essayant. Donc mon avis ne vaut sûrement pas parole d'évangile. Mais je ne peux pas dire autre chose à propos de ce synthé que la chose suivante: je suis totalement conquis pas le son, la philosophie, le look, la subtilité beaucoup plus grande qu'il n'y paraît, en particulier dans la section oscillateurs, les possibilités étendues. Si je ne devais garder qu'un synthétiseur parmi tous ceux que j'ai, celui-ci serait probablement le vainqueur de cette chaise musicale impitoyable.

Reste le prix à payer pour cela. C'est un sacrifice important. Cela le vaut-il? J'ai répondu à la question en acquérant ce synthé il y a plus d'un an maintenant. Je ne le regrette pas, car il y a encore un bon cran qualitatif entre les superbes DSI Prophet 6 (dont le JP8 serait le plus proche), OB6 que je possède également et ce vaisseau amiral: le Jupiter 8 est encore, en particulier pour sa section oscillateurs, son portamento polyphonique et son mode dual (split/layer), un bon cran au-dessus aussi bien en termes de fonctionnalités que de qualité sonore. L'avenir nous dira si des marques parviendront à produire des analogiques d'exception comme celui-ci: jusqu'ici, on n'y est pas encore tout à fait, même si on s'en rapproche un peu plus chaque année.



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Une machine inspirante

Par Castelli29 le 29/02/2016
-Pour quels styles de musique et dans quel contexte (studio, concert, etc.) utilisez-vous ce synthétiseur ?
Uniquement pour du studio, ... Vu son âge, je ne me risquerais pas à le sortir en concert.
-Vous semble-t-il solide et bien fini ? Sa prise en main et son ergonomie sont-elles simples ?
La qualité Roland des années 80, rien à dire. Un bouton = une fonction.
-Quel est votre avis sur le son de manière globale ?
Le son du JP8 passe très bien dans un mix ; il est beaucoup moins 'invasif' qu'un Prophet 5 par exemple (je ne peux pas le comparer à un Memy ou CS80, je n'ai pas eu l'occasion d'en essayer). La palette sonore est assez vaste : basses, surtout avec l'arpégiateur (mais je préfère son frère le JP4 dans ce domaine, il descend un plus dans les basses), nappes/pads, noise et effets spéciaux, ....
-Que pensez-vous des possibilités d’édition et de traitement ?
Ce synthé est très bien pensé, très complet avec ses 2 VCO, filtre 24 et 12 dB, 2 enveloppes, cross modulation, arpégiateur ...
-Quelles sont les choses que vous appréciez le plus et le moins ?
Les plus : la possibilité d'empiler 2 programmes (on perd en polyphonie mais ce mode permet d'avoir des sons très riches), ou de spliter le clavier. L'arpégiateur est très créatif.
Les moins : dommage que le LFO ne puisse pas monter plus haut en fréquence, et qu'il n'y ait pas de chorus (à l'inverse du JP4)
Le Hold sur l'arpégiateur qui laisse une sorte de release sur la note (ça non plus le JP4 ne le faisait pas) - obligé de corriger ça en modifiant les enveloppes
Le fait que l'arpégiateur et le LFO ne soit pas synchronisable ...
Le mien n'est pas DCB, donc pas de midification simple de la machine ...
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Fiche technique Roland Jupiter-8

  • Fabricant : Roland
  • Modèle : Jupiter-8
  • Série : Jupiter
  • Catégorie : Claviers synthétiseurs analogiques
  • Fiche créée le : 08/04/2004

Le Jupiter-8 est un synthétiseur de type analogique polyphonique 8 voies conçu par la société Roland.

 

Origines

Après une première tentative de mettre au point un synthétiseur polyphonique (le Jupiter 4 de 1978, au succès mitigé) Roland lance en 1981 un appareil très haut-de-gamme, le Jupiter 8 (JP-8) avec comme complément une série de claviers plus économiques logiquement appelée Juno. La concurrence est alors essentiellement américaine, le très novateur Prophet 5 de Sequential Circuits domine le marché, et Oberheim propose des claviers robustes, adaptés à la scène, comme l'OB-Xa. Le JP-8 est donc directement conçu pour offrir les mêmes prestations que ces prestigieux synthétiseurs.

Taillé pour la scène

Equipé d'un processeur Z80, le JP-8 a une mémoire 64 sons et 8 mémoires de "scènes", c'est-à-dire le découpage du clavier en 2 zones pour 2 sons simultanés. Plusieurs modes de jeux sont disponibles, monophonique, polyphoniques. En complément il est intégré un arpégiateur ainsi qu'une mémoire d'accords.

Evolutions

Il existe deux versions du JP-8. La Seconde version datant de 1982 appelée JP-8A apporte des améliorations au niveau de l'accordage, et surtout un port DCB, précurseur de la norme MIDI. Le DCB permettait de connecter des séquenceurs comme les JSQ, Roland distribua le MD8, convertisseur DCB vers MIDI, qui transforme le JP-8 en un des premiers analogiques "Midifiés".

Seuls 2000 exemplaires ont été commercialisés, ce qui explique sa rareté et l'inflation de sa côte d'occasion. ( 1300 euro encore en 2002, puis 4000 euro environ en 2011 ), son prix était quand même de 39000 francs environ à sa sortie en 1981.

La réputation du Jupiter 8

Le Jupiter 8 est un succès, car contrairement à ses homologues américains il sait très bien s'intégrer dans un groupe d'instruments grâce à un filtrage efficace. Il est également très fiable et solide. Son aspect moderne tranche pour l'époque, coque aluminium, couleurs vives, LEDs, afficheur numérique.

Capable d'un grande palette sonore, le JP-8 tire avantage de la grande rapidité de ses enveloppes pour exceller dans les sons percussifs.

Les successeurs

Le Jupiter 8 existe également sous forme de rack, il s'agit du Roland MKS-80 Super Jupiter ( avec sa "télécommande" MPG-80 ) sorti en 1984.

Son successeur, le Jupiter 6 (1983), offre des possibilités (1er synthé Roland avec le JX-3P à disposer de l'interface MIDI ) et des sonorités légèrement différentes.

En 1997, Roland sort le JP 8000, un synthétiseur numérique à modélisation analogique, capable d'imiter dans une certaine mesure le Jupiter.

En 2011 sort le Jupiter 80. Un synthétiseur super naturaliste capable d'imiter de manière réaliste le son de tout type d'instruments acoustiques et de synthèse numérique ou analogique, proposant entre autres les sons des Jupiter 8, D50, jx8p ou JD800.  

Caractéristiques techniques

  • Polyphonie : 8 voies
  • Multitimbralité : 2 parties ("split" possible du clavier)
  • Oscillateurs : 2 VCO par voie, soit 16 oscillateurs au total, avec pour les VCO1 : triangle, dent-de-scie, impulsion avec PWM, carré, réglage de hauteur sur 4 octaves, et pour le VCO2 : dent-de-scie, impulsion avec PWM, et un générateur de bruit. Réglage de volume pour chaque VCO.
  • Filtres : passe-bas commutable en 12 dB ou 24 dB, et passe-haut à 6 dB par octave avec leur propre enveloppe ADSR.
  • Amplitude : enveloppe ADSR avec possibilités de mixer le niveau de chaque oscillateur.
  • LFO : 1 seul avec 4 formes d'ondes : sinus, triangle, rampe et aléatoire
  • Mémoires : 64 + 8 presets1
  • Contrôles externes : DCB sur la révision A
  • Tarif d'origine : environ 6000 Euros (39000 Francs )

Distribué par rolandcentraleurope

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