Ave César

Test de la pédale d’overdrive Analog Man King of Tone

Award Valeur sûre 2016
La King of Tone d’Analogman, c’est un peu le Graal actuel de la pédale d’overdrive. Les rares élues à avoir mis la main dessus ne tarissent pas d’éloge sur cet effet produit en petite quantité. Il faut même prévoir une attente de près d’un an et demi après l’achat pour enfin recevoir la machine tant convoitée. Cet engouement est-il mérité ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la « KoT » ne paie pas de mine visuellement. C’est un boitier relativement imposant à l’aspect granuleux, dont la couleur et les inscriptions minimalistes sont d’assez mauvais goût. Cela ajoute néanmoins un petit charme « boutique », et le tout paraît très solide.

Le boîtier est certes imposant, mais la pédale d’Analogman embarque deux canaux. Il faut donc relativiser sa taille, qui s’avère finalement réduite au vu des possibilités. Chaque canal possède son propre footswitch, des contrôles de volume, de gain, et de tonalité, et peut être réglé de trois manières différentes par l’intermédiaire de sélecteurs internes. Les trois modes disponibles sont Clean, Overdrive, et Distorsion, et il est possible de cumuler les deux canaux. Les configurations sont donc nombreuses.

How does it sound?

Globalement, le son de la King of Tone est plutôt centré sur les bas médiums. C’est un son chaud, qui rappelle très clairement celui de la BB-2 Bluesbreaker de Marshall. Rien d’étonnant à cela quand on sait que Mike, l’homme derrière Analogman, est partie d’une Bluesbreaker première du nom pour élaborer son effet. Les sonorités sont toutefois légèrement différentes. La BB-2 a plus de bas, mais est moins claire et précise, surtout lorsqu’on augmente le gain. À l’inverse, la KoT reste d’une précision diabolique, quels que soient les réglages. De plus, la résonance est particulière, et très harmonieuse.

Le canal Clean est idéal comme clean boost. Il ne fonctionne pas à base de clipping, et ne compresse que très peu. La dynamique est donc parfaitement respectée. En poussant le potard de gain, un léger crunch se fait ressentir.

Le canal overdrive fait des merveilles avec une Strat. A contrario, il convainc moins dans un premier temps avec une Les Paul. Les potards de tonalités permettent toutefois d’équilibrer le tout. Pour autant, l’on obtient jamais des sons très perçants hormis en poussant la tonalité à fond, et ce n’est pas très agréable. Le gain, lui, n’est pas très progressif, puisqu’il ajoute très peu de saturation sur les 2 premiers tiers, puis en gagne bien plus sur le dernier tiers. Il agit aussi énormément sur le volume. Toujours à propos du gain, le mode OD n’en possède pas une grande réserve, mais l’ajout d’un deuxième canal permet d’atteindre des sons évoquant des grosses distorsions ou des fuzzs.

Le canal Distorsion, quant à lui, équivaut à peu près aux canaux Overdrive et Clean cumulés. Le son est puissant, mais toujours aussi précis.

Attention, il y a une grosse différence de volume entre les modes. Heureusement, chaque canal possède son propre réglage de niveau de sortie.  Notons d’ailleurs qu’il est difficile de trouver le bon son immédiatement. Il faut vraiment adapter la pédale à l’instrument et à l’ampli en trifouillant les réglages. Une fois la pédale maîtrisée, la polyvalence est énorme, et l’interaction entre chaque contrôle donne des résultats étonnants. Cela pousse à l’expérimentation,  et c’est un vrai plaisir de découvrir les possibilités de la pédale.

Conclusion

La King of Tone d’Analogman n’est pas une pédale parfaite, mais elle s’en rapproche. C’est certainement la machine que nous avons testée dans le cadre de notre comparatif rassemblant le plus de qualités. C’est cher (245 $ plus 22,50 $ de frais de port) et il faut attendre plus d’un an avant de la recevoir, mais l’on en a pour son argent. Elle permet beaucoup de choses différentes grâce à ses trois modes, et ses deux canaux cumulables. De plus, elle est d’une précision redoutable, toujours harmonieuse et très équilibrée.

Rayon défauts, l’on pointera surtout le manque de progressivité du potard de gain, et les différences de volume observées. Elle exige aussi un temps d’apprentissage pour réellement l’exploiter au mieux. Au final, ces petits problèmes pèsent peu dans la balance, et nous sommes conquis par cet excellent effet. Pour les moins fortunés souhaitant s’approcher du son de la KoT, une bonne BB-2 vous en donnera un avant-goût. La pédale d’Analogman est toutefois dans une autre dimension, notamment grâce à sa précision à toute épreuve et sa polyvalence. On frôle le 5/5.

Award Valeur sûre 2016

Notre avis :

Points forts

  • Deux canaux avec réglages indépendants
  • Trois modes par canal
  • Sonorités chaudes, équilibrées, et harmonieuses
  • Du caractère, mais polyvalente
  • Précise
  • Respect de la dynamique

Points faibles

  • Manque de progressivité du potard de gain
  • Augmentation du volume en parallèle de la saturation
  • Demande un temps d’apprentissage