Comment apprendre à mixer ? (1re partie)

Le guide du mixage — 140e partie

Dans l’épisode précédent, nous avons vu comment apprendre à connaitre sur le bout des doigts les outils nécessaires à tout bon mixage. Mais savoir comment fonctionne des traitements audio ne veut absolument pas dire que l’on sait mixer ! Certes, cela fera bientôt trois ans que nous explorons l’ensemble des techniques de base semaine après semaine. Cependant, il me semble ne jamais avoir clairement exposé une méthode d’apprentissage simple de cet art ô combien complexe… Vieux motard que j’aimais !

Rappelez-vous lorsque vous usiez vos fonds de culotte sur les bancs de l’école. Votre professeur vous faisait-il apprendre en commençant directement par une interrogation ? Bien sûr que non, le schéma classique se décompose plutôt comme suit : leçon, puis exercices, et enfin interro.

Pour prendre une analogie un peu plus « joviale », transposons cela au domaine musical avec l’apprentissage d’un instrument de musique. Une fois encore, personne ne commence par jouer sur scène et/ou par composer « Ze Tube ». Il faut à nouveau en passer par des leçons, puis il y a les exercices (gammes, techniques de jeu, reprises, etc.), tout ça pour arriver au Graal de la scène ou de la compo qui décoiffe mamie.

Numerique la fin du tableau noir a l ecole

Eh bien comme vous vous en doutez, le propos de cet épisode est de vous expliquer qu’en matière de mixage, c’est exactement la même tisane. Si nous considérons cette série d’articles comme l’équivalent des leçons et le mixage de l’un de vos morceaux comme une sorte de passage sur les planches, vous noterez qu’il nous reste à aborder le chapitre concernant les exercices. Aussi vaste soit-il, le sujet peut se décomposer en trois actes selon moi.

Il y a tout d’abord les exos de base qui correspondent à l’assimilation des gammes et autres techniques de jeu. D’une certaine façon, ce travail a déjà été entamé lors de l’apprentissage de vos outils. Cependant, il convient ici de plus vous focaliser sur le but sonore à atteindre plutôt que sur l’outil en soi. Pour ce faire, rien de plus simple !

Choisissez en premier lieu une seule piste audio et essayez de lui appliquer une à une toutes les techniques vues lors des chapitres consacrés à l’égalisation, le traitement de la dynamique, etc. Pour être plus clair, prenez par exemple une ligne de basse et faites en sorte de lui donner du punch ou au contraire de la rondeur à l’aide de votre compresseur de prédilection. Une fois cela fait, recommencez la manœuvre avec une piste audio d’un autre type (caisse claire, chant, etc.), d’un autre genre musical et/ou à différents tempi.

Rien qu’avec ça, il y a de quoi s’occuper un bon moment… Et ce n’est que le début ! L’étape suivante consiste a travailler cette fois-ci sur deux pistes en simultané : basse/grosse caisse, chant/guitare, etc. Cette fois-ci, le but de la manœuvre est de vous exercer au maniement de la notion de contraste dont je vous ai maintes fois parlé. Par exemple, vous pouvez développer votre sens du contraste spatial en essayant de placer l’un des deux éléments au loin. Cela se traduira forcément par une proximité accrue de l’autre élément. Tentez d’abord de travailler cela uniquement au moyen du volume, de la panoramique, de l’égalisation et de la compression. Puis, intégrez alors des réverbérations et/ou des delays afin de peaufiner le tout. Bien sûr, il est encore une fois nécessaire de s’exercer avec différents couples d’instruments, dans différents genres et à différents tempi.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. La semaine prochaine, nous verrons les deux prochaines étapes de cette campagne d’exercices. D’ici là, il me semble que vous avez du pain sur la planche !