Les déclinaisons de votre mix - 2e partie

Le guide du mixage — 134e partie

La semaine dernière, nous avons abordé la notion d’export de mixages alternatifs en commençant par les versions essentielles, à savoir les mix « Vocal Up », « Vocal Down », « Instrumental » et « A Cappella ». Aujourd’hui, je vous propose d’aller encore plus loin avec des déclinaisons adaptées à certaines situations spécifiques.

Vers l’infini et au-delà

Commençons par la version « Playback ». Cette dernière est souvent confondue avec l’export « Instrumental » alors qu’il y a pourtant une différence de taille : si le « Playback » n’intègre pas le chant principal, il comprend en revanche les pistes de chœurs. Mais quel est l’intérêt de ce mix ? Eh bien comme son nom l’indique, cette version pourra servir de playback lors d’une performance semi-live en radio, télé, podcast, festival, etc. Je sais bien que ce genre d’occasions n’arrive pas tous les jours, mais c’est une possibilité à ne pas négliger à mon humble avis. Donc si d’aventure vous aviez une proposition du style, et c’est là tout le mal que je vous souhaite, vous serez bien content d’avoir prévu le coup à l’avance, croyez-moi sur parole.

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Autre déclinaison possible, la version que j’appelle « Tout Public ». Le but de la manœuvre est ici d’expurger le chant des passages pouvant être considérés comme « choquants » par certains auditeurs… Mais surtout par certains diffuseurs. Certes, ce cas de figure est très spécifique, il concerne plus particulièrement certains genres musicaux (le rap en tête, mais pas que) et les médias sensibles sur le sujet ne sont pas forcément les premiers vers qui vous vous tournerez lors de la promo de vos œuvres. Cependant, qui peut le plus peut le moins et je préfère vous en parler au cas où vous seriez concernés. Cette déclinaison est un poil plus barbante à faire que les autres puisqu’elle nécessite une bonne dose d’édition audio. Afin de masquer les parties problématiques, plusieurs options s’offrent à vous. Il y a le classique remplacement par des bips sonores, l’effacement pur et simple des mots incriminés, ou bien encore le changement de sens de lecture de ces fâcheuses ignominies.

Pour finir, je vous invite également à systématiquement clôturer votre session d’export final avec un rendu par stems audio, c’est à dire un export séparé pour chaque groupe d’instruments - batterie, basse, synthés, guitares, voix, chœurs, etc. - avec et sans effets. Pourquoi donc ? Il y a en fait plusieurs raisons à cela.

Tout d’abord, les stems peuvent être utiles en cas de remix de votre titre par un autre ingénieur du son, mais également par un autre artiste. Offrir cette possibilité est loin d’être inintéressante car c’est d’une certaine façon un moyen détourné de faire connaître votre travail à un tout autre public que le vôtre.

Ensuite, il faut bien garder à l’esprit que le monde de la M.A.O. est un cas d’école en matière d’obsolescence programmée. Moralité, il y a de fortes chances pour qu’un jour ou l’autre, à la faveur d’un changement de station de travail, d’une mise à jour d’OS, de plug-ins ou de STAN, la session de votre mixage ne soit tout simplement plus du tout utilisable dans son état actuel. Partant du principe qu’il vaut mieux prévenir que guérir, ces exports en stems audio vous permettront de limiter la casse le cas échéant. Certes, vous aurez perdu la main sur les réglages de vos plugs, l’automation et compagnie, mais ce sera toujours mieux que rien. Bien entendu, je vous rappelle encore une fois que tout cela ne fonctionnera qu’à condition d’avoir bien pris soin d’effectuer ces différents exports avec des bornes de début et de fin rigoureusement identiques.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. D’ailleurs, il semble même que ce soit tout pour cette série d’articles… Ou pas… Mais de quoi diable le prochain épisode pourra-t-il parler ? Suspense…