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< Tous les avis Behringer DeepMind 12
Sylvain Courtoux Sylvain Courtoux

« J'ai succombé à la Hype - mal m'en a pris »

Publié le 19/02/22 à 19:32
Rapport qualité/prix : Mauvais
Cible : Tout public
Depuis 2017 et le moment où ma crise de la quarantaine m’a fait racheter des claviers, le Behringer Deep Mind 12 me faisait de l’œil. Sur le test de Synthwalker, j’avais adoré l’extrait 3 et 4 (qui rejouait True de Spandau Ballet) et je voyais bien également sur beaucoup de sites et sur énormément de vidéos de Youtubers à quel point ce synthé était aimé, défendu, etc. Il y avait des vidéos où on le voyait sur le podium des synthés pour débutants, et/ou sur le podium des synthés à moins de mille dollars, et/ou sur le podium des synthés analogiques polyphoniques. Bref…
Dire qu’il y avait (et qu’il y a toujours !) une énorme hype n’est pas galvaudé.

Il y avait bien ici ou là, mais en trop petites quantités, des avis plus mitigés voire négatifs (ici Synthwalker décrivant la « finesse » des oscillateurs ; là, Nostromoripley sur AF reprochant une nouvelle fois au synthé la « finesse » de son son), mais l’immense majorité des avis était, restait (et reste toujours), en français ou non, franchement et outrageusement positifs, laudatifs.
Moi-même, dans les premiers jours où j’ai reçu le synthé, j’étais content, très heureux de mon choix.
Premier synthé « original » de Behringer (même si largement copié sur le Roland Juno 106 – et je comprends très bien cette hype – tout le monde, y compris moi bien sûr, rêve un jour d’avoir dans son set un Roland Juno 106 !), jeune marque allemande de synthé hardware au futur alléchant et prometteur (UBX-A, Pro-800, etc). Et rêvant un jour d’avoir un Juno 106, je me disais qu’en fait maintenant c’est comme si j’en avais un !
Peu de temps après, j’ai acquis un Behringer Pro-1, que j’ai trouvé excellent – & que je trouve encore aujourd’hui excellent (malgré un gros défaut, Cf. ma chronique sur AF).

Et puis les mois et les semaines sont passés et je voyais bien, pardon, j’entendais bien, surtout en comparaison de mes autres synthés polyphoniques (Korg Prologue 8, Prophet 8 Rev 2, Novation Summit) que le son était vraiment très peu ample, large et que le Deep Mind 12 sonnait, en fait, comme l’avait dit Synthwalker (ce qui me fait véritablement prendre aujourd’hui ses tests et ses notations comme étant sans doute – parmi – les meilleurs et les mieux informés au monde !) véritablement « fin », mince, falot, palot, gracile, chiche, bref, inconsistant. Re-bref, en reprenant ce qu’a dit Nostromoripley : un son comme « voilé ».

Bien sûr, cet avis, comme tous les autres, n’est que le mien, subjectif et relativiste.
Je ne prétends pas dire le vrai.
Mais si on estime que le son (plus que l’ergonomie, plus que l’esthétique de l’objet) est ce qu’il y a de plus important dans un synthé : ce synthé ne sonne pas gras et chaud, il sonne froid et fin.

Après, comme je l’ai dit plus haut, je comprends la hype :
- Super slot d’effets (4 effets par son, comme le dit synthwalker c’est un « modèle du genre », avec pleins d’algorithmes modifiables – c’est la GRANDE force du synthé (car tous les effets, notamment les Reverbs sont de très très bonnes qualités – mais quid de superbes effets pour un son qui, in fine, sera peu consistant).
- Un très bon arpégiateur avec gate-sequenceur dédié.
- Matrice de modulation correcte (moins bonne qu’un Prophet 8 Rev 2 ou qu’un Novation Summit / meilleur qu’un Prologue 8/16 ou qu’un Sequential Prophet 6)
- Oscillateurs qui sonnent, filtre ouvert, très proche du Roland Juno 106 (c’est « filtre fermé » que ça se gâte d’après moi et que le son perd l’ampleur des oscillos « filtre ouvert »).
- Les différents modes d’unisson polyphonique qui, certes, redonnent de la patate, mais sans jamais changer la donne (le son sonnera « fin » quoi qu’il arrive). Idem pour le « Boost ».
Faire, par exemple, une basse analo typique avec le Behringer Deep Mind 12, même en mode unisson mono, est véritablement mission impossible. Ça ne sonnera jamais comme une vraie basse analogique.

Après, pour être sincère, il n’y a qu’une seule fonction que j’aime faire faire à ce synthé : ce sont des Plucks graciles, arpégés, ou des pianos (avec peu de "decay" et beaucoup de "release") réverbéré,
passés, là aussi, à l’arpégiateur.
Pour les Pads et les Basses, il faudra passer votre chemin (ou, pour les basses, prendre un Behringer Pro-1, et pour les pads, prendre un Behringer VC340).

Je ne serai pas plus dissert sur ce synthé. Il y a énormément d’avis qui disent qu’il est « génial », etc., et je pense vraiment qu’il vous faudra l’essayer en chair et en os pour savoir s’il vous conviendra.
Je vous ai quand même dit ci-dessus ce que j’aimais.
Et j’espère vous avoir bien fait comprendre (après tout, nous sommes très minoritaires à penser cela) ce que je n’aime pas : le son ! Le son ! Le son !
Ce qui est le principal pour moi.