Pourquoi utiliser un délai ?

Le guide du mixage — 86e partie

Après le chapitre consacré à l’usage des réverbérations en situation de mixage, nous allons attaquer sans tarder un nouveau sujet relativement semblable : le délai.

Prérequis

Histoire de ne pas réinventer la roue, je vous conseille de lire au préalable cet article paru en 2005 sur votre site préféré. Les lecteurs qui ne sauraient absolument pas de quoi il retourne pourront alors suivre cet épisode ainsi que les suivants sans aucun problème ; quant aux autres, cela leur fera une petite révision, ce qui ne mange pas de pain !

Bien, voilà une bonne chose de faite. Maintenant, un petit mot concernant l’utilisation des plug-ins de délai. Ils peuvent s’utiliser en effet d’insert ou à l’aide d’un bus auxiliaire. Nous avons déjà discuté des avantages et des inconvénients de chacune de ces façons de faire lors d’un chapitre précédent concernant la réverbération, inutile donc de trop s’appesantir sur le sujet. Sachez juste qu’à titre personnel, j’utilise volontiers le délai en insert de piste lorsque celui-ci fait partie intégrante du son de l’instrument au sein de la composition, par exemple sur une guitare qui sera jouée avec exactement le même délai en concert, sinon, dans tous les autres cas, j’utilise un bus auxiliaire, car cela offre plus de flexibilité en termes de traitement en amont ou en aval du délai. À ce propos, je tiens à souligner deux choses. Tout d’abord, n’oubliez pas que lors d’une utilisation en auxiliaire, le délai doit être réglé 100 % Wet afin de ne pas laisser passer la moindre portion de signal source. D’autre part, toujours dans le cas du bus auxiliaire, les possibilités de traitement sont peu ou prou les mêmes que pour la réverbération à ceci près : l’ajout éventuel d’un plug-in de saturation pour donner un peu plus de caractère au signal retardé, à moins que votre délai n’intègre déjà une fonction équivalente.

Pour quoi faire ?

À présent, nous allons brièvement discuter des utilisations du délai dont nous parlerons dans les semaines qui suivent. En premier lieu, nous aborderons brièvement le délai en tant qu’effet de style pur et dur. Je précise que cela sera bref, car il ne s’agit pas là d’un usage réservé au mixage à proprement parler. Cependant, il me semble tout de même opportun d’évoquer certaines techniques vieilles comme le monde telles que le Slap Back ou le doublage.

Echo Boy

Ensuite, nous nous attarderons plus longuement sur des méthodes propres à l’usage du délai en situation de mixage. Nous verrons tout d’abord comment apporter une certaine notion de cohésion sonore à votre mix avec un délai en lieu et place d’une réverbération. Puis, nous étudierons le travail de la largeur de l’espace sonore au moyen de plusieurs délais. Nous verrons ainsi qu’il est préférable de sculpter cet aspect du mixage en appliquant ici ou là des lignes de retard plutôt qu’en se contentant de nos vulgaires potentiomètres de panoramique.

Pour finir, je souhaite évacuer dès aujourd’hui la question du choix des plug-ins de délai. Dans la majorité des cas, pour les applications de mixage pur, j’utilise fréquemment le délai de base livré avec ma STAN auquel j’ajoute en amont ou en aval d’autres plug-ins (EQ, compresseur ou saturation) si le besoin s’en fait sentir. En revanche, pour une utilisation créative, je passe par des plug-ins spécialisés autrement plus complexes. Or, il se trouve qu’Audiofanzine a déjà réalisé un top des plug-ins du genre que je vous invite donc à consulter ici.

Sur ce, rendez-vous demain pour la suite de nos aventures !